Le garçon qui courait de François Guillaume LORRAIN

LE GARCON QUI COURAIT

 Résumé :Août 1936 : un jeune athlète vient de remporter le marathon aux J.O. de Berlin ; et pourtant, il semble bien triste sur le podium. Il cache son maillot japonais. Car Kiteï Son, alias Kee-Chung, vient de Corée, pays annexé par le Japon, et il a du courir sous les couleurs de l’ennemi. D’où vient-il ? Quelle a été son enfance, dans une petite ville près de la frontière chinoise ? Comment est-il devenu le coureur le plus endurant du monde ? Quelles épreuves a-t-il traversées et quel sera son sort lorsqu’il devra rentrer dans une Corée sous le joug qui voudrait le fêter en libérateur ?…Voici le roman d’une obstination, d’un jeu constant avec le danger et l’effort suprême. 

J

L’auteur : François-Guillaume Lorrain, né en 1970, est un journaliste, écrivain et traducteur français.

 Il est l’un des critiques de cinéma de l’herdomadaire Le Point. Auteur de quatre romans et de deux essais, il est également traducteur d’oeuvres italiennes

.Mon avis : Lu dans le cadre d’un comité de lecture pour la jeunesse, j’ai trouvé la lecture très agréable et très instructive. Je connaissais peu de choses sur le conflit Japon/Corée et encore moins sur le marathonien Sohn Kee-Chung et comme je ne suis peut être pas la seule je vous mets ci-dessous un petit résumé du contexte.

Quelle force, quelle volonté de cet homme pauvre né au nord de la Corée du Nord actuelle, fils d’un marchand de fruits et de riz, initié à la course de fond afin d’éviter à son père les réprimandes des soldats japonais qui voulaient manger des melons et des pastèques…..

J’aime que l’on offre aux jeunes (et aux moins jeunes……) une découverte de faits historiques (mais oui) sous une forme distrayante, facile d’accès, et qui peuvent y voir un récit passionnant d’une vie hors du commun, d’un petit homme qui ne pensait pas devenir une icône de résistance pour tout un pays……

Un peu d’histoire et biographie du personnage central : 

SON KEE CHONG

Le vainqueur du marathon des Jeux de Berlin possède la particularité de porter deux noms et de participer à de nouveaux Jeux olympiques douze, puis cinquante-deux années après sa victoire. L’histoire olympique de ce coureur de grand talent est indissociable de celle de l’Asie pendant les années trente. Après la guerre russo-japonaise de 1905, le traité de Portsmouth permet au Japon d’instaurer un protectorat sur la Corée, qui devient annexion en 1910, désignée par les Japonais sous le nom de fusion nippo-coréenne. La politique coloniale conduite est très dure et suscite des résistances. Cependant les Coréens à l’étranger représentent le Japon.

Sohn Kee-Chung est né en août 1914. Étudiant, il conduit en parallèle une carrière exceptionnelle de coureur de fond, vainqueur de neuf marathons sur douze courus avant 1936 et détenteur du meilleur temps jamais réalisé en 1935, en 2 h 26 min 42 s. Il est retenu dans l’équipe du Japon occupant la Corée. Son nom est transcrit en langue nipponne en Kitei Son. Avec l’ensemble de l’équipe du Japon, il a traversé l’Asie puis l’Europe orientale en train. Lors des Jeux, les épreuves n’ont pas toutes la même portée politique ou symbolique. Les marathoniens incarnent des valeurs importantes pour les nazis : volonté, maîtrise de soi, endurance au mal. Le dimanche 9 août, à 15 heures, devant des centaines de milliers de personnes (100 000 dans le stade et peut-être un million sur le parcours). Kitei Son remporte l’épreuve devant l’anglais Harper et son compatriote Nan Shoriu, Nam Seun Yong de son véritable nom, lui aussi Coréen courant pour le Japon.

Sur le podium olympique, les deux Coréens médaillés baissent la tête lors de l’hymne japonais. Le lendemain, le journal coréen Dong-A Ilbo titre « Victoire coréenne à Berlin » avec la photographie du podium, photographie truquée, car les écussons au drapeau japonais ont été effacés. Le journal est suspendu de longs mois, ses responsables sont enfermés. Le coureur refuse ensuite de courir pour le Japon et entre en résistance contre l’occupant.

En 1948, il est porte-drapeau de la Corée aux Jeux de Londres et l’un des porteurs de la flamme olympique entrant dans le stade de Séoul lors des Jeux de 1988, sous les applaudissements interminables de la foule sud-coréenne du stade olympique. 

Kitei Son abandonne le maillot japonais dans la foulée des Jeux, préférant un autre combat, celui de la liberté de son peuple et l’indépendance de son pays, il est décédé le 15 Novembre 2002 avant que le comité olympique restitue à la Corée la victoire du marathon de 1936.

Une citation : « La limite est fragile entre l’obstination et la folie »

Ma note : ***

Ciao

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