Bakhita de Véronique Olmi

BAKHITA

Destin d’une fillette, arrachée à sa famille à l’âge  de 7 ans par des négriers au Darfour à

 

la fin du 19ème siècle,  cette famille qu’elle ne reverra jamais mais qu’elle n’oubliera jamais, jusqu’à ses derniers jours……. Elle traversera avec courage et force pays et épreuves mais oubliera comment elle s’appelait.

L’auteure, de sa belle écriture et avec une foule de détails qui nous permettent de voyager avec Bakhita « La chanceuse…. », de vivre son calvaire, ses souffrances, les tragédies dont elle est le témoin. Elle devra toujours s’arracher à des lieux et des personnes auxquels elle s’attache, toujours repartir, toujours souffrir jusqu’à la révélation qu’il existe peut être un lieu de repos, de protection, loin du monde et de la folie des hommes.

Et soudain cela arrive. Une lumière très fine, une main posée à l’intérieur d’elle, qui prend sa douleur, celle de son âme, et celle de son corps, l’enveloppe sans la bousculer, comme un voile qui se repose. Elle respire sans que ça fasse mal. Elle vit sans que ce soit terrifiant. Elle attend un peu, surprise, elle se demande si cela va durer, cela dure, alors elle s’assied, et elle regarde la nuit. Elle est claire et tremble d’une chaleur qui passe sur elle, et à cette chaleur elle s’abandonne.

Je me pose la question à la fin de la lecture si cette femme était totalement croyante où si la religion n’a pas été une protection, un asile mais même là, où elle pensait pouvoir enfin souffler, reprendre force, elle sera à nouveau séparer des êtres qu’elle aime ou envoyer sillonner le pays pour promouvoir le récit de son histoire. C’était une façon pour celle d’échapper à l’esclavage, à la maltraitance, aux humiliations. Elle, elle ne demandait qu’à vivre simplement, entourée d’enfants qu’elle comprenait si bien, d’instinct.

L’amour, elle savait ce que c’était, elle l’avait reçu de ses parents, c’était une reconnaissance, un partage et une force.

Il y a des scènes à la limite du soutenable, et ses drames, l’esclavage et sa couleur de peau, ont été pour elle, jusqu’à son dernier jour, sources d’interrogations, de curiosité des autres, de remarques et de violence mais qu’elle ne comprend pas toujours, dans sa logique.

On lui demande si sa mère lui manque, si son père lui manque et ses soeurs, son village et elle a envie de leur dire : comme vous. Oui comme vous, parce que tout le monde aime quelqu’un qui lui manque. Mais ce n’est pas ce qu’ils veulent entendre. Ils veulent entendre la différence, ils veulent aimer avec effort, aller vers elle comme on découvre un paysage dangereux, l’Afrique archaïque.

Le récit retrace l’histoire d’une partie de l’Afrique, de ses négriers, du colonialisme, mais aussi de l’église à cette époque.

Elle n’est pas une voyante, comme ils le croient. Elle connaît simplement un peu le monde.  Elle sait que ce qui va nous arriver est marqué en nous. Et ce qui va arriver au monde est inscrit

J’ai trouvé l’écriture agréable, les narrations un peu longues parfois, répétitives, cela ralentit peut être la lecture. J’ai aimé suivre le destin de cette enfant, déracinée, qui toute sa vie a porté les stigmates de celle-ci, dans sa chair mais aussi dans ses pensées, dans un récit plein d’émotions mais aussi de dépaysement.

J’ai moins aimé la narration par une personne extérieure, témoin et le récit à la première personne aurait été peut être plus intime.

Ma note : ♥♥♥

Ciao

 

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