L’Etranger de Albert Camus

L'ETRANGER

Ayant pris à la bibliothèque Meursault, contre-enquête de Kamel Daoud dont vous trouverez la critique après celle-ci et comme je suis consciencieuse, j’ai relu auparavant l’Etranger que j’avais lui il y a quelques années.

Meursault, le narrateur, est un homme étrange : sans émotion, sans ressenti mais lors du décès de sa mère. Elle est morte….. point : c’est un constat froid. Et pour tous les évènements de sa vie c’est le même ressenti : il n’explique pas vraiment ses sentiments, sauf peut être dans la deuxième partie du livre, lorsqu’il se retrouve en prison après le meurtre d’un arabe et pour lequel il est condamné à mort.

Oui il a tué froidement, sans raison, sans préméditation, sans haine :

J’ai compris que j’avais détruit l’équilibre du jour, le silence exceptionnel d’une plaque où j’avais été heureux. Alors j’ai tiré encore quatre fois sur un corps inerte où les balles s’enfonçaient sans qu’il y parût. Et c’était comme quatre coups brefs que je frappais sur la porte du malheur

Même dans les derniers instants de sa vie la religion voudra le soulager mais lui ne lui demande rien, n’en attend rien et refusera son aide.

Dieu vous aiderait alors, a–il remarqué. Tous ceux que j’ai connus dans votre cas se retournaient vers lui. J’ai reconnu que c’était leur droit. Cela prouvait aussi qu’ils en avaient le temps. Quant à moi, je ne voulais pas qu’on m’aidât et justement le temps me manquait pour m’intéresser à ce qui ne m’intéressait pas.

Même sa condamnation ne le surprend pas, ne l’effraie pas : c’est ainsi, il accepte, il ne demandera pas le pourvoi. Car est-il condamné pour le meurtre qu’il a commis ou pour n’avoir pas pleuré à la mort de sa mère, pour avoir dans ses relations un souteneur pour lequel il a écrit une lettre, parce que tous ses faits et gestes sont interprétés à charge.

Sur fond de meurtre l’auteur traite du jugement, de la relation aux autres, dans un pays colonialisé, où chacun est l’étranger de l’autre.

Ecriture fluide, précise et engagée : on passe du constat, de la narration, à la condamnation, au questionnement sur le sens d’une vie, de la différence, d’une mort, de la solitude des êtres, de la religion et de la peine de mort, …. Un magnifique roman, court mais est-il besoin d’en rajouter pour frapper les esprits et le coeur ?

Ma note : ♥♥♥♥♥

Ciao

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