L’embaumeur ou l’odieuse confession de Victor Renard de Isabelle Duquesnoy

L'EMBAUMEUR

Couverture rouge sang, un titre qui fait un peu froid dans le dos, on hésite car on ne sait pas trop où l’on va avec ce livre. Je voulais une lecture qui sorte de l’ordinaire et bien j’ai été gâtée !

L’embaumeur….. je sais que beaucoup de personnes ne s’aventureront pas dans un tel récit mais je l’ai fait et je ne le regrette pas….. Quel récit, bourré d’informations, d’anecdotes (vraies….. comment s’instruire en lisant sur un sujet un peu scabreux…), la petite histoire dans la grande histoire….. j’adore.

Victor Renard, dit Victordu, nous narre à travers les compte-rendus d’audience de son procès ce qu’a été sa vie et … son oeuvre !

Comment voulez-vous ressortir indemne d’une enfance près d’une mère Pâqueline, marâtre odieuse, incapable de sentiment, veuve après un horrible accident survenu à son mari, joueur de serpent (oui oui de serpent, je vous laisse découvrir). Victor ne recevra aucun amour familial voir plus puisqu’il sera tenu responsable dès sa naissance d’un crime.

Les embrouilles arrivent quand on a de l’audace, pas quand on vit comme un doryphore dans une patate (p41)

Il est destiné à vivre au milieu de la mort. Ce sera son quotidien et il la regarde avec indifférence, la mort c’est son métier et il lui donne un aspect plus digne. Il en fera un art grâce à un maître bon et généreux, Mariel Joulia, qui lui permettra à travers le métier d’embaumeur, de devenir respectable, fortuné. Mais est-ce que Victor ne cherchait-il pas autre chose ?

On entre dans la vie de cet homme par son propre récit, au tribunal, avec sa gouaille, son franc parler. Nous écoutons avec patience comme public, comme juge. Il déroule ses souvenirs avec précision, douleur, humour parfois et décrit son métier avec passion et minutie.

Cela surprend,  mais on savait où on mettait les pieds et puis on s’y fait : on rentre très vite dans cette existence, au moment de la révolution française, période où les morts s’accumulent, la société change, la religion également. Bien sûr la mort est omniprésente avec toutes ses conséquences mais Victor gère, Victor en fait son gagne-pain.

Mais c’est un sentimental cet homme, quand il aime c’est pour toujours et il est prêt à tous les sacrifices. C’est un naïf, toujours en quête d’un amour maternel qui ne viendra jamais. Pire que Folcoche cette Pâqueline !

Une bête mendiant la fierté de son dresseur ne l’eût point regardé plus servilement. Depuis ce jour, je n’ai cessé de chercher mes remontants dans ses yeux. (p171)

Bien sûr il y a beaucoup de termes de l’époque et du métier (mieux vaut avoir un dictionnaire à portée de main) mais c’est enrichissant, surprenant, très bien documenté. Apprendre à travers une histoire, quoi de plus agréable même si le sujet est un peu…… difficile. Ce récit banalise ce moment douloureux, de prendre conscience de certains actes, de mieux connaître les petits détails de la vie de tous les jours du petit peuple de France mais aussi du devenir des têtes couronnées après leur mort.

On sent que l’auteure maîtrise le sujet : histoire, patrimoine, peinture…..

Attention : à la fin de cette lecture, vous ne regarderez pas un tableau de la même façon….

Ma note : ♥♥♥♥

Ciao

5 réflexions sur “L’embaumeur ou l’odieuse confession de Victor Renard de Isabelle Duquesnoy

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