No Home de Yaa Gyasi

NO HOME

Il y a certains romans qui, dès leur parution, et quoiqu’on vous en dise, vous attirent et No Home en fait partie et je ne suis pas déçue même si l’attente m’a paru longue…. Je n’étais pas la seule à vouloir le lire dans ma bibliothèque ! Et son succès est justifié.

C’est un magnifique premier roman sur le parcours de deux lignées d’une même famille (à la base deux demi-soeurs) : une au Ghana, l’autre en Amérique, séparées par des trafiquants d’esclaves.  L’une a participé à la vente d’esclaves dont la deuxième a été la victime sans que l’une ou l’autre ne le sache.

Une  aïeule commune, Maame, et ensuite une succession de destinées parallèles toutes imbibées  des racines africaines et ayant pour seule mémoire, leurs parents, parfois grand-parents mais sur des continents différents et en fin de compte si peu différentes. Une douleur profonde , un racisme provenant des blancs mais aussi au sein de la communauté noire (en fonction de la teinte de la peau), une quête de reconnaissance et de justice pour certains.

Une histoire n’est rien de plus qu’un mensonge débité en toute impunité (p134)

Avec cette fresque on s’aperçoit que malgré les siècles, les luttes etc…. , que ce soit en Afrique ou en Amérique, rien ne change vraiment, tous doivent supporter le regard des autres et leur propre regard sur leurs origines : métissage, exclusion, ségrégation,violence, misère, exploitation, différence et indifférence voir mépris des autres.

Quand quelqu’un fait le mal, que ce soit toi ou moi, que ce soit la mère ou le père, que ce soit l’homme de la Côte-de-l’Or ou l’homme blanc, il est comme le pêcheur qui jette son filet dans l’eau. Il ne garde qu’un ou deux poissons dont il a besoin pour se nourrir et rejette les autres à l’eau, pensant que leur vie redeviendra normale. Personne n’oublie qu’il a été autrefois prisonnier, même s’il est à présent libre. Mais malgré tout, Yaw, tu dois accepter d’être libre.(p332)

L’auteure, à chaque chapitre, retrace parallèlement l’histoire des deux branches familiales (je conseille fortement l’arbre généalogique du début du livre à garder sous la main car cela peut être une difficulté surtout au début de la lecture). Que se soit hommes ou femmes, chacun a du lutter pour exister, pour vivre, pour s’accomplir. Et puis ils sont tellement forts (dans tous les sens du terme) tous les membres de cette famille disloquée,  laissant leurs empreintes dans notre esprit après la fermeture du livre.

L’on ne peut être que profondément ému par ces destins broyés, anéantis. Certains passages sont bouleversants. La nature et ses éléments (eau, feu) sont des composants importants du destin des personnages, une empreinte indélébile ainsi que la magie et les symboles. L’on est pas ce que l’on est sans nos racines, sans nos ancêtres et la transmission.

C’est une lecture qui laisse des traces, qui ne peut laisser indifférent, roman historique sur plus de trois siècles,  très structuré de cette auteure à l’écriture forte et qui évite les longueurs et la facilité (même pour le dénouement).

Note : ♥♥♥♥ 

COUP DE COEUR

Ciao

 

3 réflexions sur “No Home de Yaa Gyasi

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