Derniers feux sur Sunset de Stewart O’Nan

DERNIERS FEUX SUR SUNSET

Livre lu dans le cadre dans le Prix du Meilleur Roman Points 2018

Il avait oublié combien le coucher de soleil pouvait s’éterniser sur le Pacifique et comment, dès qu’il disparaissait à l’horizon, la nuit tombait d’un coup, tel un rideau de scène

Roman, roman….. je dirais plutôt biographie romancée, oui c’est cela même si la vie de Francis Scott Fitgerald est un roman, passant de la splendeur aux ténèbres.

Il n’y a pas de deuxième acte dans les vies américaines (F.S. Fitzgerald – Epigraphe du livre)

Splendeur et déchéance….. une vie de paillettes, de bulles de champagne, de riviera, d’hôtels de luxe qui se termine en hôpital psychiatrique, en course au cachet, dans l’alcool et la misère à la veille de la deuxième guerrre mondiale.

Rien n’est impossible, tout ne faisait que commencer (F.S. Fitzgerald- Epigraphe du livre)

L’auteur retrace à travers ce récit les trois dernières années de l’écrivain américain, années de galère car criblé de dettes, Zelda, son grand amour est internée en hôpital psychiatrique car toujours très cyclique, très instable et imprévisible, sa fille Scottie pensionnaire dont il faut assurer les études, les vacances et lui, qui ne parvient plus à écrire un roman et qui se voit contraint de travailler comme scénariste pour Hollywood, pour des films le plus souvent de série B, n’ayant même plus un toit, un refuge. Tout a été dilapidé, consommé même leurs vies.

Il avait tellement l’habitude de poser sur elle un diagnostic, chaque manquement considéré comme un symptôme, qu’il ne pouvait plus s’en empêcher (p141)

Apparences trompeuses de ce monde, glamour de façade, mais qui se révèle manipulateur, broyeur et gangrené par l’argent, le pouvoir et l’alcool. On y côtoie Ernest Hemingway, Greta Garbo, Marlène Dietrich, Humphrey Bogart et sa femme Mayo, Vivien Leigh, Boris Selznick, Mankievicz, Clark Gable et bien d’autres. Attention connaître l’envers du décor peut parfois briser son rêve.

Mais Scott lui se perd, malgré sa rencontre avec Sheilah, jeune chroniqueuse, qui tentera de sauver cette âme déjà perdue avec son amour, sa bienveillance mais qui ne veut pas sombrer avec lui.

Trop à assumer dans sa vie présente, usé par sa vie passée il se battra jusqu’au bout pour Zelda, pour Scottie mais refusera de voir que la flamme de sa vie est déjà vacillante.

Récit assez documenté, détaillé, fidèle à la vie de l’écrivain mondain (j’ai vérifié à différentes reprises certains faits) pratiquement une biographie d’une fin de vie avec en toile de fond l’univers des grands studios cinématographiques, les coulisses des films, le travail d’écriture , de ses « nègres » qui doivent sortir des histoires qui correspondent aux intérêts, aux humeurs et aux égos des grands pontes des studios (grand ponte d’un jour mais pas grand ponte toujours car la chute de chacun peut être brutale et violente).

Mais l’ensemble tue et noie le récit même si j’ai malgré tout aimé cette lecture mais comme une page d’histoire. On suit la déchéance de l’homme, il court après l’argent, doit assumer les conséquences de leurs vies passées. On ne lui reconnaît désormais que peu de talent, son travail étant régulièrement remanié lui qui avait écrit Gatsby le Magnifique et Tendre est la nuit.

Ce qui m’a gêné dans la lecture ? Peut-être une certaine « platitude » par rapport à l’homme, aux lieux. Cela manque un peu de relief, c’est un peu lassant même. Le côté biographique m’a plu mais un peu trop présent.  Voilà c’est cela, on a du mal à ressentir de l’émotion, de l’empathie, on suit la lente agonie d’un homme mais aussi peut être d’une époque, un dernier tour de piste avant les ténèbres mais sans que cela me touche.

Une sorte de documentaire sur un écrivain déchu, sur les coulisses de Hollywood de la grande époque, celles des stars et des starlettes, mais avec des longueurs et une langueur qui rendent la lecture assez décevante en fin de compte. Un long chant du cygne, bien documenté mais qui n’apporte rien de plus à ce qui a été déjà écrit…..

Ma note : ♥♥♥

Ciao

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