Casimir mène la grande vie de Jean d’Ormesson

CASIMIR MENE LA GRANDE VIE

Livre lu dans le cadre d’un Club de Lecture

4ème de couverture

Mon grand-père aimait le passé.
Moi, j’étais comme tout le monde: je préférais les filles, et les baiser. Je ne pensais à rien d’autre. Je venais d’avoir seize ans. J’étais en terminale. Je préparais le bac. L’école m’ennuyait à périr. Et la vie encore plus. Je détestais le lycée, les lundis, la roulette russe des examens et, plus tard, des concours, la sombre noria des jours. Je détestais plus encore le monde autour de moi et la vie devant moi.
Le monde me cassait les pieds, la vie me faisait peur.
L’avenir avait l’allure d’un éternel lundi, d’un bac sans cesse recommencé. De temps en temps, à la maison, un imbécile bénévole me demandait ce que je voulais faire lorsque je serais grand. J’étais déjà assez grand: j’avais un mètre quatre-vingt-neuf. Je le regardais avec fureur. Ce que je voulais faire ? Rien du tout, tête de lard. J’avais plutôt envie de mourir.

Mon avis

Je préfère préciser tout de suite que Jean d’Ormesson est un auteur que je ne lis pas ou peu…. Mon dernier essai de lecture était pour « Voyez comme on danse » récit que j’avais abandonné car j’avais trouvé l’écriture pompeuse et puis même si je reconnais beaucoup de qualités à l’auteur, le côté « nombrilisme » m’agace un petit peu.

Comme c’était un livre choisi dans le cadre d’un club de lecture (sûrement en raison du décès de l’auteur) et que je suis contentieuse, j’ai refait l’essai, un peu à reculons, mais j’ai été plutôt surprise et je suis allée jusqu’au bout.

Je pense qu’à travers Casimir et son grand-père, il y a beaucoup de Jean d’O. Ce récit est à classer dans la catégorie fable, un peu philosophique.

Casimir, son grand-père, Charles-Edouard, qui l’élève, l’ami de celui-ci Amédée Barbaste Zillouin (membre de l’académie des belles lettres), Adeline, la cuisinière, Erik et Leïla, les amis de Casimir, décident de devenir des Robins des Bois des temps modernes, de rendre justice . Punir les malfrats, les malhonnêtes, les magouilleurs, les profiteurs et les méchants, les tortionnaires, tous ceux qui passent à travers les mailles des filets de la justice ou qui s’en arrangent, voilà leur mission, artisanale au début mais qui très vite va prendre des proportions qu’eux-mêmes auront du mal à maîtriser.

Sur un ton vif, humoristique, Casimir, le narrateur qui a envoyé son récit à Jean d’Ormesson …….., nous décrit les aventures de ces doux dingues, qui ne cherchent pas dans un premier temps à tirer profit de leurs actes, ne recherchant qu’à appliquer une juste justice, mais très vite ils vont être débordés, le monde regorgeant tellement d’être malfaisants, et devant faire face à des frais ils vont se retrouver à la tête d’une entreprise de grande envergure, comportant soldats mercenaires. Oui car tout est fait en cohérence avec leur idéologie, bien sûr….. Mais à vouloir rendre justice, ils vont être confrontés à des situations clownesques, se retrouvant parfois à aider les tortionnaires d’hier…

Le grand-père est le maître du jeu, sympathique, aux idées très arrêtées, un peu vieille France, descendant d’une longue ligne d’aristocrates et de défenseurs de la femme et de l’orphelin, il a élevé Casimir après le décès de ses parents. Tout ce qui concerne la Querelle de Filioque (religion et mythologie), passion d’Amédée, m’a ennuyée mais elle est le prétexte à leurs réunions.

Pour équilibrer le récit il était nécessaire d’avoir leurs opposés : Erick et Leïla, lui trotskiste, elle kabyle et puis Adeline, la cuisinière, l’intendante, la catégorie bon sens et classe ouvrière, voilà un microcosme sociétal qui va porter l’épée quand la justice fermera les yeux ou que sa balance penchera du mauvais côté.

L’auteur étant très médiatique, on entend presque celui-ci au fil des pages mais on retrouve également ses domaines de prédilection : littérature (Chateaubriand), politique, mythologie, religion avec son oeil qui frise, détournant les faits, parfois tragiques, pour une tirer une fable sur le pouvoir, sur l’engrenage mais aussi sur les petits arrangements avec les évènements et la conscience mais avec l’humour et la dérision qui le caractérisent.

L’ensemble est fluide, il y a une progression et un entraînement à suivre ces galopins, de voir jusqu’où ils vont aller même si la fin est très morale (quoique). C’est une écriture avec de l’humour mais sur un fond réaliste sur notre monde. C’est aussi une belle histoire d’amour filiale, d’amitié entre tous les protagonistes.

J’ai aimé mais sans plus mais au moins je ne garderais pas une impression négative sur cet auteur sans que cela m’est donné l’envie de lire autre chose de lui.

Ma note : ♥♥♥

Ciao

 

 

 

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