Orlando de Virginia Woolf

ORLANDO

Résumé

Orlando, ce sont les mille et une vies dont nous disposons, que nous étouffons et qu’Orlando seul libère, car il lui est donné de vivre trois siècles en ayant toujours trente ans.
Jeune lord comblé d’honneurs, il est nommé ambassadeur en Turquie, devient femme et rejoint une tribu de bohémiens puis retourne vivre sous les traits d’une femme de lettres dans l’Angleterre victorienne.
Assoiffé de vie et de poésie, à l’image de Virginia Woolf, Orlando traverse les siècles, accumule les sensations, déploie les multiples facettes qui composent notre être. La nature de l’homme et de la femme, l’amour, la vie en société, la littérature, tout est dénudé avec un prodigieux humour.

Ma lecture

Je suis attirée par cette auteure : la femme, l’écriture, sa personnalité (complexe) c’est un tout et je me suis proposée de lire son oeuvre (ou une bonne partie) sur 2018….. Après Mrs Dalloway  et Un lieu à soi, que j’ai beaucoup aimé me voici plongée dans un récit fantastique….. oui fantastique à plus d’un titre.

D’abord dans la notion de temps : Orlando ne vieillit pas, ne connaît pas les affres du vieillissement, il a une beauté qui le distingue et lui ouvre bien des portes, même celles des cours d’Angleterre au XVIème siècle, puis celles des palais de Constantinople lorsqu’il sera ambassadeur mais aussi les tentes de bohémiens dont il partagera la vie. Le récit se termine en 1928, année d’écriture du roman.

Quand il revient en Europe  la seule transformation qu’Orlando connaît, mais elle est de taille et il fallait oser,  c’est qu’il devient « elle ». Elle est une femme et devra désormais s’accoutumer de l’autre sexe, ayant connu la part masculine de son être, il découvrira les contraintes d’une femme : vestimentaires, coiffure, langage etc… mais ne pourra oublier qu’elle a été homme.

Ce n’est pas une lecture facile : Virginia Woolf est une femme de sensations, de pensées, de nature, je dirais si j’osais une « éponge »….. Tout ce qu’elle sent, vit, voit, pense l’influence dans son écriture et elle note, parfois avec un trait d’humour, toutes ses réflexions sur l’existence, sur son environnement et sur la vie, même sur ses rapports exigeants avec l’écriture.

Quiconque a tâté des rigueurs du style me dispensera ici des détails ; il sait d’avance qu’Orlando écrivait et trouvait tout bon ; lisait et trouvait tout affreux ; corrigeait puis déchirait ; retranchait, ajoutait, touchait à l’extase, puis au désespoir ; connaissait les bons soins et les mauvais matins ; empoignait les idées pour les perdre ; voyait son livre naguère si net devant lui, se dissoudre ; mimait le rôle de ses personnages en mangeant ; déclamait en marchant ; pleurait ; riait ; hésitait entre divers styles ; préférait aujourd’hui l’héroïque et le pompeux, demain le simple et le terre à terre ; tel jour les vallons de Tempé, tel autre les champs du Kent ou de Cornouailles ; sans pouvoir décider, en fin de compte, s’il était le génie le plus divin ou le plus fieffé imbécile de la terre.(p52)

Elle ose, elle défie le temps, les lieux, les personnages, se joue des rapports hommes/femmes, nous balade dans les différentes strates de la société, ayant à travers son personnage qui a tout vu, tout vécu, même la transformation physique, la possibilité de se jouer des relations entre hommes et femmes, ce qui lui permet d’avoir une longue réflexion sur le sens de la vie s’allégeant des contraintes temporelles et sexistes.

Parfois flamboyant comme un récit d’aventures, parfois mélancolique, sombre et profond, elle se révèle elle-même, avec ses doutes, ses faiblesses mais aussi sa grande capacité d’observation, de ressenti, sans toutefois trouver toutes les réponses. S’arrêtant dans de longs moments de contemplations, de réflexion, de tourments mais sans tristesse réelle. Le temps passe mais Orlando ne change pas, il s’adapte, lui.

Je me suis parfois un peu perdue dans son récit car je pense qu’il s’agit en plus d’une oeuvre très personnelle où l’auteure prend  conscience de ses ambiguïtés, ses fragilités mais aussi ses forces, ses capacités à comprendre le monde qui l’entoure, à en avoir peur mais aussi à l’aimer, avec ses faux-semblants, son hypocrisie mais aussi ses bonheurs.

On a le sentiment que Virginia Woolf a laissé la plume aller sur le papier, se laissant guider uniquement par ses pensées, ses émotions mais il y a la recherche du mot juste, du bon sentiment, de la bonne pensée. Rien n’est tout à fait libre, rien n’est tout à fait travaillé, c’est le récit, je pense, d’une « originalité » qui lui a permis d’aborder des pans de sa personnalité sous prétexte d’une sorte de conte fantastique, aventureux dont elle est l’héroïne.

Mon avis : ♥♥/♥

212 Pages – Lu sur liseuse –

Ciao

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