Hanna et ses filles de Marianne Fredriksson

HANNAH ET SES FILLES

Résumé

Anna, journaliste, au chevet de sa mère Johanna, égrène leurs souvenirs communs. Ainsi, prend corps la vie de trois générations de femmes, depuis la grand-mère Hanna, et, avec elles, toute l’histoire des terribles contrées nordiques.

Ma lecture

Quand j’ai aperçu ce livre sur les étagères dEmmaüs,  déjà le titre, tout simple, m’attirait, ensuite ces trois femmes côte à côte, regardant la rivière, si proches, en pleine confidences ….. Une auteure nordique ? en principe j’aime bien ….. Alors je prends et je le lis assez rapidement après l’achat (vu la quantité de livres dans ma PAL être lu sous 3 mois est tout à fait remarquable)….

Et je n’ai pas été déçue : c’est une histoire de femmes enfin une histoire je devrais plutôt dire 3 histoires de femmes, sur 3 générations. La  narratrice, Anna, cherche à  découvrir qui est cette mère, enfermée dans son silence, dans sa non-mémoire, dans cette maison médicalisée où elle s’éteint tout doucement, loin des siens, de son mari qui lui rend visite mais lui aussi arrive au bout du chemin. Et pour cela il lui faut remonter à sa grand-mère Hannah, si mystérieuse mais le mystère est souvent révélateur de secrets, de non-dits.

J’ai peur de lui, je ne le supporte pas, je le déteste. Ce qui complique les choses c’est que je l’aime.(p26)

A la recherche de ses origines on découvre leurs vies à Hannah, Johanna et Anna : l’évolution de leurs conditions de vie, de maternité, de croyance, d’émancipation. Il y a les douleurs, les morts, les joies dans cette région au climat rude, à la limite de la Norvège. La vie y est dure, pas toujours confortable mais on ne se pose pas de questions….. Les sentiments sont le plus souvent tus, les bonheurs sont simples et durables, dans des objets, des rencontres. On découvre au fur et à mesure les règles transmises de l’un à l’autre, parfois sèchement, sans explication, on accepte, on se résigne. On n’est pas forcément heureuse mais pas non plus malheureuse. Il y a aussi le rapport aux hommes, les amitiés, les maisons, la nature. Il y a tout ce qui fait une vie.

Heureuse ? (…) Jamais plus le bonheur, pensa-t-elle, non sans irritation. Jamais plus cette chose exquise, fragile et inquiète. Qui se brise toujours en mille morceaux. On se blesse, on pose un sparadrap, on se dit qu’on guérira. (p304)

Le récit est découpé en 2 parties : une par intervenante : Hannah, puis Johanna et Anna se glisse entre ces parties pour nous relater sa propre condition, sa propre vie et l’écriture du roman.

Il y avait un bonheur muet dans le fait d’être seule.(p303)

J’ai particulièrement été touchée par la dernière partie, Anna Epilogue, qui fait la synthèse du récit et sur son impact sur l’état d’esprit d’Anna. Si juste, si vrai, si simple….

Nous ne comprendrons jamais, pensa-t-elle. Mais les détails, les petites choses nous font signe. (p305)

Une écriture limpide, directe mais pudique sur un siècle de vie de femmes, en Suède, où les sentiments ne sont pas dits mais plus ressentis, où l’on comprendre qu’il est souvent intéressant de savoir d’où l’on vient pour savoir où l’on va ou pour comprendre qui l’on est. L’importance de la transmission entre générations pour pouvoir se construire et comprendre.

Mon avis : ♥♥♥♥

Editions J’ai lu – 1999 – 317 pages

Ciao

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