Agnès Grey de Anne Brontë

AGNES GREY

Résumé

Agnès Grey est la fille du pasteur d’un village du nord de l’Angleterre. Ses parents ayant subi un revers de fortune, Agnès décide de les aider financièrement en occupant l’un des rares emplois permis aux femmes respectables au début de l’ère victorienne : gouvernante d’enfants de riches. Elle travaille dans deux familles, les Bloomfield et les Murray, et doit bientôt faire face à l’indiscipline des enfants gâtés. Elle s’aperçoit aussi que, dans cette riche bourgeoisie terrienne, l’argent et le statut détruisent les valeurs sociales et morales.

Ma lecture

Des soeurs Brontë, Anne est la moins connue et celle dont je n’avais rien lu….. Il faut préciser qu’Agnès Grey  (gris en anglais….. bien vu) a été publié en 1847, deux ans avant sa mort à 27 ans de la tuberculose, qui avait fait des ravages dans sa famille. Elle n’a écrit que deux romans : Agnès Grey et la Dame du manoir de Wildfell.

Dans ce récit on retrouve l’ambiance des romans de ses soeurs : la nature très présente, l’austérité de la vie de l’héroïne, sa pauvreté, son obligation de travailler afin de subvenir aux besoins de sa famille, la religion par des personnages (vicaire, recteur, pasteur etc…), les sentiments purs de l’héroïne souvent maltraitée, tombant amoureuse mais qui ne peut avouer ses sentiments car à son avis non partagés, des événements (décès, maladie) qui l’obligent à s’éloigner de celui qu’elle aime etc…

L’écriture est recherchée (emploi régulier de l’imparfait du subjonctif qui peut parfois alourdir le texte ou alors notre manque d’habitude de lire de telles compositions). Comme souvent dans la littérature anglaise, et c’est ce que je trouve de plus intéressant, la psychologie des personnages est fine, les caractères bien décrits, la nature et les éléments jouant un rôle important

L’auteure s’est inspirée de sa courte vie et en particulier de son emploi comme gouvernante dans de riches familles pour traiter de  l’éducation des enfants : les parents veulent que leur progéniture soit parfaite mais n’appliquent pas les règles demandées à la gouvernante. Celle-ci est régulièrement rabaissée, humiliée et par moment j’ai eu envie qu’Agnès Grey se révolte, réagisse. C’est un personnage assez effacé, discret, sans trop de relief. Les pensées décrites font parfois mention de cette envie de révolte, mais ne restent qu’à l’état de pensées, situation sûrement représentative de l’emploi, de la femme à l’époque

Les classes de la société anglaise sont également assez caricaturales : bourgeois : assez désagréables, condescendants, pauvres : humiliés, souffreteux et la middle-class : celle souvent de l’héroïne, famille connaissant un revers de fortune mais aimante.

Dans les familles bourgeoises employant la gouvernante, la mère est représentée comme acariâtre, obnubilée par sa progéniture, le mariage des filles avec de riches partis, le père assez absent soit en raison des affaires, soit parce que bon vivant, chasseur mais assez conciliant et puis les enfants : de véritables tyrans, ignares, sots et prenant un malin plaisir à rendre la vie impossible à l’héroïne.

Le travail de la gouvernante dans ces familles bourgeoises n’était pas enviable

… car se soumettre et obliger était le rôle de la gouvernante ; ne consulter que leurs plaisirs était celui des élèves.(p152)

J’ai été frappé par l’actualité du texte concernant l’éducation : enfants gâtés, enfants rois,  le reproche des parents à l’éducatrice du comportement de leurs enfants alors que ceux-ci n’appliquent aucune des règles exigées….

Bien sûr qui dit littérature anglaise du 19ème siècle dit histoire d’amour et comme dans tous les romans de ce genre, c’est un amour discret, contrarié, hésitant puis révélé….

Le coeur humain est comme le caoutchouc : un faible effort l’allonge, un grand ne le rompt pas. Si un peu plus que rien peut le troubler, il ne faut guère moins que tout pour le briser. Comme les membres extérieurs de notre corps, il a un pouvoir vital inhérent à lui, qui le fortifie contre la violence externe. Chaque coup qui le frappe sert à l’endurcir contre un coup futur.(p156)

Il n’y a pas dans ce roman, je trouve, la même fougue que dans Les Hauts de Hurlevent ou même Jane Eyre, la part de mystère qui donne du « piquant » à la narration. L’auteure romance son expérience de gouvernante, l’a enjolivé avec une histoire d’amour (peut-être inspirée par un sentiment vécu) mais il manque ce petit plus qui a fait le succès de ses soeurs mais c’est un premier roman, écrit à 25 ans, dans un cadre austère, oppressant dans le presbytère paternel, la mort régnait, entouré de soeurs et d’un frère, doués pour l’écriture. Une belle découverte malgré tout.

Mon avis : ❤❤❤❤

Editions Archipoche – 276 pages – 2015

Lecture faite dans le cadre OBJECTIF PAL d’Antigone

Ciao

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3 réflexions sur “Agnès Grey de Anne Brontë

  1. Il me semble avoir lu ce titre plus jeune, adolescente même. Effectivement, moins fort que les autres romans plus connus des soeurs Brontë. Depuis que j’ai lu la biographie d’Emilie mon regard a changé, et j’ai été émue que tu présentes un roman d’Anne, la plus jeune des soeurs, et celle qui était considérée comme la moins talentueuse.

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