Maria Vittoria de Elise Valmorbida

MARIA VITTORIA

Ma lecture

Quand on est une femme dans un petit village en Italie, près de Venise, être non mariée à 25 ans est impensable pour une famille, surtout quand elle est nombreuse. Maria est belle mais personne ne la courtise. La guerre est passée par là et les hommes ont été décimés. Son père va prendre les choses en mains et lui trouvera un mari : elle n’a rien à dire, elle sera « vendue » à son mari, on en fait l’article….. presque comme une bête.

Une chance Achille lui plaît : il est beau et fort. Le mariage est conclu, tout est prêt même son trousseau qu’elle brode depuis longtemps. Mais la réalité ne sera pas forcément ce qu’elle rêvait : un mari brutal, les grossesses qui s’enchaînent, certains enfants qui ne survivent pas. Pourtant Maria Vittoria grâce à l’acquisition d’une épicerie, trouvera une façon de s’affranchir à la domination masculine.

Une autre guerre s’installe, le fascisme trouve le terreau pour s’installer même dans les coins les plus reculés de l’Italie et il faudra s’adapter : choisir un camp, composer avec mais Maria Vittoria a l’habitude d’obéir et fera en sorte de se plier aux règles, quelque que soit celui qui les dicte : mari, Duce, partisan, cousin etc…..Il y a surtout la religion et la Vierge Marie à qui se confier, son refuge, celle qui la conseille, qui est sa bonne conscience et puis elle a ses enfants et plus tard,son fils Primo, l’aîné, un autre homme, celui qui va imposer sa loi.

En commençant la lecture, je pensais découvrir une histoire de femme et il s’agit bien de cela, à travers une trentaine d’années : depuis son mariage jusqu’à….. mais je vous laisse découvrir. L’intérêt est de suivre la soumission de cette femme, simple, malléable, qui découvre la vie de couple, la guerre, son obéissance aux règles mais aussi son évolution au fil de l’histoire de l’Italie, son rapport à la religion très fort, dans presque chaque acte de sa vie. La religion qui donne un sens et elle s’en arrange, parfois. Les supposées réponses de la Vierge Marie apparaissent en italique : c’est sa conscience, c’est le bon sens, ce sont les réponses qu’elle attend, qu’elle espère, c’est parfois aussi un rappel à l’ordre, au bon ordre….

Mais c’est surtout une femme qui subit la loi de l’homme

Tu peux me croire : je sais ce que les hommes ont dans le crâne et comment ils se comportent, ils te disent ce que tu as envie d’entendre pour parvenir à leurs fins. Si tu crois que c’est de l’amour, tu te trompes : c’est de la bestialité. Ensuite, ils ne te respectent plus, ils te traitent en pays conquis, comme une moins que rien. Pire qu’une esclave. (p259)

comme beaucoup de femmes à l’époque : prises entre la religion, leur père, leur mari puis leurs fils, il ne leur reste que peu d’espace de liberté et d’autonomie. Maria Vittoria prendra des risques, découvrira le plaisir, le désir mais la peur aussi.

Mais une nouvelle génération arrive, une nouvelle vie est peut-être possible.

C’est un roman de femmes, dans un univers masculin, rural, où elles n’ont guère le droit de s’exprimer, elles sont traitées parfois pire que du bétail, elles doivent être « rentables » productrices et surtout ne rien demander. Même le pouvoir en place à travers Mussolini donnera la directives qui doivent régir chaque foyer et qui devront être appliquées à la lettre.

L’écriture est fluide, les personnages sont assez caractéristiques du milieu  : des hommes rudes, des femmes soumises, se réfugiant dans la piété et le renoncement, mais comme souvent, la guerre va leur permettre de s’affirmer, de prendre en mains leur destin, d’avoir leurs secrets, d’avoir un rapport aux autres à travers le travail, les affaires ou le commerce. Mais tout progrès à son revers : il faut prendre des décisions, craindre les représailles, les commérages.

Une lecture agréable d’un milieu peut être méconnu de l’Italie profonde, il y a un peu moins d’un siècle, seulement.

Merci à NetGalley et aux Editions Préludes pour cette découverte de la rentrée littéraire 2018.

Mon avis : ❤❤❤

Editions Préludes – 341 pages – Septembre 2018 – Lu sur liseuse – 

Ciao

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