John, le dernier des Kennedy de Olivier Royant

JOHN LE DERNIER DES KENNEDY

On a tous en tête l’image de ce petit garçon de 3 ans faisant le salut militaire devant la tombe de son père John Fitzgerald Kennedy : JFK pour beaucoup d’entre nous. Ce petit garçon fut élevé par sa mère Jackie (Bouvier) avec sa sœur Caroline à New York après l’assassinat de son père à Dallas en 1963  dans le respect et le souvenir d’un homme, son père,  du nom qu’il porte, de son destin, mais sans grand succès car toute sa vie fut marquée par la présence des médias autour de lui, même s’il avait appris à vivre avec.

Destin tragique d’un homme adulé, porteur des espoirs d’une famille qui voyait en lui un futur président mais qui n’échappera pas à une sorte de « malédiction » familiale.

Comme beaucoup de personnes, j’ai été fortement marquée par ce destin familial mais aussi par la personnalité de cet homme et je voulais en savoir plus et cette biographie tombait à point.

Olivier Royant, directeur de la rédaction à Paris Match et correspondant à New York en 1984 cotoya ce descendant de la famille Kennedy dont la vie fut irrémédiablement marquée par la mort de son père dont il garda que peu de souvenirs mais dont l’empreinte fut omniprésente au quotidien.

Nous n’aurions jamais dû donner à John le nom de son père. (p90)

Oui non seulement il reçut le nom de son père mais on l’affubla du double John-John dont il s’empressait de rectifier : non John. John Junior était l’enfant chéri de l’Amérique.

Ce fut un de ses combats : trouver sa propre identité, vivre intensément, follement, allant au bout de ses limites, exister mais comment réussir cela quand vous êtes poursuivi à longueur de temps par les photographes mais aussi par les gens dans la rue. Sa beauté ne passait pas inaperçue, l’identifiait immédiatement, il était le fils rêvé de tous les Américains, un symbole.

Sa préoccupation principale n’est pas d’être connu mais de se faire oublier. (p125)

Sur un ton journalistique, Olivier Royant a collecté beaucoup d’informations sur la vie de cet homme foudroyé avec sa femme Carolyn et sa belle-sœur à 39 ans (en 1999) dans l’accident de l’avion qu’il pilotait.

En prenant comme point de départ l’assassinat de JFK et en remontant le temps de sa naissance à sa mort, l’auteur nous dresse le portrait d’un homme victime de son nom, d’une famille marquée par les drames mais qui n’était pas le surhomme que l’on imaginait : il a sa part de faiblesses, de doutes, de questionnements sur son père, sur sa mère qui sera son « mentor » comme sa sœur avec qui il était très complice.

J’ai beaucoup aimé ce livre : je l’ai lu avec plaisir car j’ai plongé dans la vie éclair de cet homme, dans l’Amérique d’après Kennedy, on y trouve des anecdotes sur certaines personnalités, l’envers du décor, dans la difficulté à être le fils de…

J’ai trouvé qu’il y avait parfois des redites, des répétitions sur certains personnages : on reprend leurs affiliations, qui ils sont. J’avais l’impression de revenir en arrière (en particulier concernant son cousin et meilleur ami Anthony Radzivill, ses parents, sa femme).

Un encart photos au milieu du livre retrace les principaux moments de sa vie. Certaines photos sont devenues cultes comme l’histoire de cet enfant chéri de l’Amérique.

On ne peut s’empêcher de penser à des vies comme celle de James Dean etc…. pour qui tout souriait, ils étaient beaux, ils avaient du talent mais ils brûlaient la vie.

Quand un être jeune meurt, l’interrogation porte sur la brillante promesse qu’il incarnait : qu’aurait fait John ? Serait-il sorti victorieux de son labyrinthe personnel ? De l’avis de ses amis, son plus grand exploit avait été de survivre. Le mythe écrasait parfois sa personnalité. Il voulait s’extraire de son personnage. « Si au lieu d’être un grand homme, je décidais juste d’être un mec bien ? »(…) Mais il ne pouvait ignorer l’immense espoir irrationnel qu’on lui demandait de porter. Avec ce sens du devoir rivé au corps, John, l’homme traqué, l’être en fuite, ne voulait pas décevoir les espérances qu’on avait tous placées en lui.(p407)

Editions de l’Observatoire – 411 pages – Avril 2018

Merci à Babelio Masse Critique et aux Editions de l’Observatoire pour cette lecture.

Ciao

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