La Joie du matin de Betty Smith

LA JOIE DU MATIN

J’aime beaucoup cette collection Vintage des Editions Belfond : couverture et choix des textes.

1927 – Carl (Carlton) et Annie vont se marier. Ils s’aiment depuis des mois, lui 20 ans suit des études de droit, elle 18 ans, d’origine irlandaise a dû arrêter ses études afin d’aller travailler et ramener un peu d’argent à la maison.

Ils se marient seuls, sans famille, car des deux côtés cette union n’est pas acceptée : trop jeunes mais aussi incompréhension des parents de Carl. L’une pense que le mariage est précipité par l’arrivée d’un enfant, l’autre que leur fils s’est laissé abusé et va sacrifier ses études.

Ils sont amoureux, ils voient la vie en rose mais sans occulter les difficultés qui les attendent et principalement financières. Nous allons les accompagner pendant les premiers mois de leur union : ils vont se découvrir l’un l’autre véritablement, affronter la faim, le manque et bien d’autres petits événements, heureux ou non. Ils vont faire des projets, se soutenir mais c’est surtout Annie qui va être le moteur.

Oh qu’elle est attachante cette Annie : elle est curieuse, observatrice, elle a soif d’apprendre et porte le regret d’études qu’elle n’a pas pu suivre. Elle résout les problèmes avec logique, s’attache aux gens qui l’entourent, essaie de comprendre le pourquoi de leur attitude. C’est une optimiste née, elle exploite tout ce qui s’offre à elle. Elle aime Carl mais s’affirme dans le couple, et c’est très moderne pour l’époque, en cherchant sa place, en refusant de sacrifier sa passion pour la littérature et en trouvant les moyens de l’assouvir.

Une histoire de petites gens, vivant au jour le jour mais ayant de grandes espérances, où chaque dollar est compté, espéré mais en gardant les petits plaisirs de la vie. Leur grande force à ces deux jeunes gens c’est leur amour, qui faillit déraper mais qu’ils ont su faire évoluer au fil du temps et des difficultés, en se parlant, en s’écoutant.

De nombreux thèmes sont abordés : place de la femme, sexualité, grossesse, travail, argent, relations humaines etc… L’écriture est vive, moderne par les thèmes abordés (publication en 1963).

J’avais beaucoup aimé il y a des années Le Lys de Brooklyn du même auteure, roman que je conseille souvent autour de moi : Betty Smith décrit à chaque fois des personnages n tout noirs ni tout blancs, ils sont attachants et pour les deux romans elle évoque la possibilité pour des personnes, même de condition très modeste, de se sortir des difficultés et de s’élever grâce aux livres, à l’écriture. Peut-être une part importante de son propre parcours.

Si je ne l’écris pas, je peux penser que je serai un auteur, un jour. Si je l’écris, je constaterai peut-être que je ne serai jamais un auteur. Alors de quoi pourrai-je rêver. (…) Valait-il mieux rêver qu’on pourrait au lieu d’essayer de prendre l’énorme risque de constater qu’on ne pouvait pas ? Elle conclut que, pour certains, il était préférable de ne pas tenter de réaliser leurs rêves. (p181)

J’ai passé un délicieux moment, dans un univers un peu désuet mais si attachant.

Merci à NetGalley pour cette lecture.

Mon avis : ❤❤❤❤

Editions Belfond Vintage – 275 pages – Juin 2018 – 

Ciao

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