Le dieu des petits riens de Arundhati Roy

LE DIEU DES PETITS RIENS

Deux enfants indiens Rahel, la fille et Estha, le garçon, jumeaux dizygotes (faux jumeaux), élevés par une grand-mère Mammachi joueuse de violon, par une grand-tante Baby Kochamma restée dans le souvenir d’un amour pour un prêtre irlandais, un oncle Chacko, coureur de tout ce qui porte jupons, gérant de la conserverie familiale et leur mère Ammu.

Lorsque Chacko voit revenir en Inde son ex-femme anglaise et sa fille Sophie et qu’Ammu la mère des faux-jumeaux, va s’éprendre de Velutha, un intouchable, tous les ingrédients sont réunis pour transformer la douceur de l’enfance en drame.

Il y a des mois (voir des années) que ce roman prenait la poussière sur mes étagères et comme je me suis fixée en 2018 de lire au moins un « classique » ou un « oublié sur l’étagère » par mois, j’ai choisi celui pour l’exotisme et la découverte d’une auteure que je ne connaissais que de nom (et qui a récemment sorti un autre roman, 20 ans après celui-ci : Le Ministère du bonheur suprême).

J’ai eu un peu de mal dans ma lecture : les unités de temps sont bouleversés : on passe du passé au présent et voir quelques allusions au futur dans le sens où l’évocation du drame est très vite annoncée. Les personnages sont décrits par petites touches en fonction de l’évolution du récit et l’on s’y perd un peu. Rajoutez à cela une part d’environnement, de mysticisme et vous comprenez que vous vous êtes lancée dans un roman foisonnant, dépaysant, certes mais où l’on se dit à plusieurs reprises : allez vas-y rentre dans le vrai sujet du livre. Mais le thème principal du livre est l’Inde.

Arundhati Roy nous fait surtout partager son pays : les coutumes, les usages, les castes, les syndicats et une touche de politique. Tout y est bien décrit : les tissus, les couleurs, les parfums, les odeurs, la saleté, le climat, l’univers de ces deux enfants plongés dans un monde d’adultes dont ils n’ont pas toutes les règles et inventent les leurs.

Ils vont se créer un monde à eux, fait de petits riens, inventer un langage parfois, une lecture à l’envers, des signes (Estha perdra l’usage de la parole). Confrontés brutalement à plusieurs événements ils se verront arrachés à leurs vies, devront répondre aux questions des adultes, influencés par d’autres adultes et quittés le monde de l’enfance.

Après tout ils ne luttaient pas contre une épidémie déjà déclarée. Ils se contentaient de vacciner une communauté pour prévenir une éventuelle éruption. (p402)

Pour moi le récit a pris vraiment toute son ampleur dans le dernier tiers du livre : auparavant on se perd un peu, j’ai dû plusieurs fois lutter contre la tentation soit de sauter quelques pages car j’avais l’impression de tourner en rond (promesse de révélations, effets de doublons etc…) soit de l’abandonner  mais sa réputation m’a convaincue malgré tout d’aller jusqu’au bout.

Je ne le regrette pas mais j’ai été malgré tout un peu déçue par rapport à toutes les éloges que j’avais entendues.

Mon avis : ❤❤❤

Livre lu dans le cadre de l’Objectif PAL d’Antigone pour le mois de Juillet OBJECTIF PAL

Editions Folio – Février 2004 – 439 pages.

Ciao

 

5 réflexions sur “Le dieu des petits riens de Arundhati Roy

  1. Je l’ai lu il y a très longtemps, et j’en garde un souvenir assez confus, je m’y suis souvent perdue, et je pense que je n’avais pas résisté à la tentation de sauter quelques pages …. Du coup, je n’ai jamais lu d’autres titres de cette auteure, malgré sa réputation, effectivement.

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