Le livre de Dina – Mon bien aimé est à moi (tome 3) de Herbjorg Wassmo

LE LIVRE DE DINA T3

Les hivers nordiques se se succèdent avec rudesse sur le domaine de Reinsnes. Quand le souffle vengeur de Dina s’élève des profondeurs nocturnes et sévit. S’attachant aux morts pour vaincre leur absence, guettant éperdument le retour de ceux qui la quittent, Dina, fièvre sanglante ne connaît pas le repos…..

Ma lecture

Dernier volet du Livre de Dina : tous les personnages sont en place, chacun observe Dina. Elle n’est plus la même, elle attend, elle guette, pour la première fois elle n’est plus celle qui décide mais celle qui attend le bon vouloir de celui qu’elle aime. Mais Dina sait-elle seulement aimer ?

J’ai ouvert le livre avec avidité pour connaître le dénouement de cette saga (même s’il y a le tome 4 : le testament de Dina qui m’attend, mais qui ne fait pas partie apparemment de la trilogie Le livre de Dina mais qui en est la suite…..). Impatiente de découvrir Dina sous un autre jour : celle de la femme amoureuse et dans l’attente, alors qu’habituellement c’est elle qui dirige et ordonne.

Et bien ce troisième volet est à la hauteur des deux autres et même un peu plus je trouve. Peu à peu tout se met en place, la tension monte, certains événements, à l’image de son héroïne donnent du relief au récit, aucun temps mort. Il faut dire qu’avec une femme au caractère si déterminé, violent, dur il ne peut en être autrement.

– J’aurai dû….. commença-t-il
– Chut ! il aurait dû. Chacun doit prendre la responsabilité de sa propre vie.
Certains doivent se pendre, d’autres doivent d’être durs, répondit-elle en se dégageant de son étreinte. (p30)

Certains ne résisteront pas à sa justice. Quand elle avoue détenir les preuves, et elle n’accuse pas sans preuves, elle est implacable et laisse le choix de l’issue. Quand d’autres sont des obstacles elle s’arrange pour les écarter de son chemin. Car rien ne compte que sa détermination, sa propre vie, même son fils Benjamin, s’éloignera et trouvera de l’affection auprès d’autres membres de Reinsnes.

Même avec les clients du commerce, elle a une position ferme mais juste:

Tant qu’elle les verrait venir faire leurs courses à Reinsnes, elle ferait en sorte qu’ils aient de quoi vivre lorsqu’ils seraient démunis. Mais si on les surprenait à proposer leurs fourrures ou leurs poissons ailleurs, elle n’attendrait pas pour recouvrer ses créances.

Il en est de même avec les femmes, les commérages, la religion

Les femmes déchirent quelqu’fois les gens en p’tits morceaux. Et après elles courent à l’église ! fut le commentaire de Dina. (p33)

Pourtant Reinsmes a également son lot de drames : deuils, suicide, conflits d’intérêt, héritage mais rien ne la fait plier.

Anders était en deuil. Les blessures de Dina ne voulaient pas saigner. Le ciel couvert avait de larges ouvertures, mais il n’y avait pas de soleil. Les pensées tombaient comme de la pluie. (p117)

Les rumeurs sur son compte, le désir de certains qu’elle partage puis ignore, elle en fait fit. Ce n’est que son propre désir qu’elle écoute, ses propres envies et elle peut aller contre vents et marées au bout de sa quête. Dure en affaires, dure en sentiments mais aussi dure dans la douleur, la perte.

Mais avec Léo elle se trouve face à un mur de silence. Dès l’apparition de cet homme on comprenait qu’il allait prendre une place importante dans son existence peut-être parce qu’il lui résistait, justement parce qu’il avait des zones d’ombre. Va-t-elle se transformer en femme douce, aimante ?

Le dénouement est à la hauteur du personnage : riche en rebondissements, en événements parfois violents, inattendus, et bien sûr nous avons les réponses à certaines questions laissées en suspens depuis le début. Seule Dina peut donner les réponses et on le sait Dina n’est pas une femme à s’épancher facilement.

Je suis très partagée sur ce que je ressens vis-à-vis de Dina : parfois je l’admire pour sa détermination, sa volonté mais à d’autres moments elle me glace pour son manque de sentiments, sa violence, la manipulation des gens autour d’elle sans tenir compte de leurs propres ressentis, leurs propres besoins. J

Les dernières scènes laissent une porte ouverte sur diverses pistes car Benjamin a été témoin d’actes qui vont laisser des marques indélébiles. Deviendra-t-il le digne successeur de sa mère ? Je sais qu’une saga existe sur le personnage de Benjamin (Fils de la providence).

Le livre de Dina se différencie des autres sagas que j’ai pu lire par la rigueur et le caractère de l’héroïne, les réponses à certains événements, dont nous avons connaissance dès le début, qui n’arrivent qu’en toute fin, dans un souffle, mais aussi par les différents thèmes abordés : lieu géographique dans le nord de la Norvège, religion, commerce, ethnies (lapon), condition de la femme et même dans ce dernier tome, histoire (guerre de Crimée).

L’ensemble se lit avec plaisir, une écriture directe, franche, sans détour, les introductions de chaque chapitre par des extraits de textes saints résumant ce qui suit.

On revient de sa lecture glacée  par cette femme d’acier, entière, que l’auteure a maintenue jusqu’au bout dans sa logique, au milieu de cette nature rude, hostile en se demandant finalement si on l’aime ou si on la déteste…… ou alors un peu des deux…..

Mon avis  : 📕📕📕📕

Traduit par Luce Hinsch

Editions 1018 – 255 pages – Avril 2012 (Gaïa 1994)

Ciao

 

 

 

 

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