Les enfants frapperont-ils encore ? de Laure Catherine

LES ENFANTS FRAPPERONT ILS ENCORE

Dans une petite ville de l’est de la France, au mois d’août, Emma s’ennuie ferme. Jusqu’au jour où des graffitis fleurissent dans tous les quartiers de la ville. Emma en est convaincue : Bob, le graffeur, a un lien avec les cygnes décapités qu’on découvre bientôt dans le canal. Mais bien sûr, comme d’habitude, les adultes, trop occupés à sauver les apparences au prix de petits arrangements et de grands mensonges, font semblant de rien. Il faut la mort d’une jeune serveuse sans histoire pour qu’enfin policiers, parents, maire, voisins, se mettent à s’intéresser à ces étranges événements.

Ma lecture

Dès les premières pages j’ai eu le sentiment d’avoir déjà lu ce roman….. jeunesse désoeuvrée, sans repères, adolescents des cités ou des beaux quartiers mais tous mal dans leurs peaux, un été caniculaire, le calme avant la tempête. Oui c’est un sujet que l’on retrouve dans d’autres romans, dont certains ont été primés et pour ma part je pense à deux que j’ai lu : Leurs enfants après eux et Fief.

L’auteure y a mêlé une intrigue policière : les décapitations de cygnes, des tags « BOB » un peu partout dans la ville et le meurtre d’une serveuse. Avec ces événements, tous les personnages vont se trouver à un moment ou à un autre mêlés à cette enquête,  en direct ou à travers leur famille, mais celle-ci n’est que le prétexte pour une radioscopie de la jeunesse et du rapport entre enfants et parents, du manque de communications entre eux, de l’ennui de la vie de province, où tout le monde se connaît ou croit se connaître,

J’ai trouvé les personnages assez caricaturaux : l’adolescente qui ne comprend plus ni sa mère, ni sa sœur, celle-ci ayant une imagination débordante,  le fils de bonne famille qui veut comprendre pourquoi sa mère et son oncle ont vu leurs vies basculées après un accident, un jeune adulte souffrant de troubles mentaux depuis un douloureux événement et dont le frère aîné, étudiant, disparaît toutes les nuits, une mère célibataire, caissière qui essaie tant bien que mal de mener vies professionnelle,  familiale et amoureuse et je ne vous parle pas des couples au bord de la rupture,  du père handicapé épris de boisson à longueur de journée, de la copine issue de l’immigration, orpheline vivant avec sa grand-mère, du policier impuissant à aider sa fille droguée…..

Et pourtant à force de lire ce genre de récits on commence à se dire que ce n’est malheureusement que la photographie de notre société, frappée à tous les étages par un mal-être, une souffrance, par les mots qui ne sortent plus, par une certaine misère, un manque de visibilité de l’avenir,  avec souvent la présence de l’alcool et la drogue,  la présence des réseaux sociaux dans le quotidien, l’instantanéité des événements, sans recul, la diffusion des vidéos, des mauvaises interprétations de faits, le désœuvrement. Pas très gai tout cela.

Je souhaite différencier dans mon avis le fait que c’est un sujet comme je l’ai dit plus haut qui a été traité récemment, de façon similaire dans plusieurs romans, du traitement et de l’écriture. Parler de notre société, de sa jeunesse, des parents, des poisons qui gangrènent toute une population, normal puisque cela fait partie de notre environnement, de notre société. Les romans sont là pour relater des époques, des faits, de ce que les auteurs voient, entendent et tentent de comprendre (sans pour cela donner une solution, ce n’est pas le but), oui mais là malheureusement j’ai eu l’impression de déjà lu.

L’écriture est agréable, fluide, ne tombant pas dans l’utilisation du langage des banlieues, verlan etc….., dans des scènes scabreuses,  la construction en utilisant les principaux protagonistes comme narrateurs est habile et ne gêne pas la lecture.  Je suis entrée dans l’histoire rapidement mais les rebondissements étaient assez prévisibles.

Voilà c’est cela ce qui manque à ce récit : de l’originalité dans son traitement….. Mais la vie, la vie de ces jeunes n’est pas originale, c’est d’une banalité à pleurer : des parents qui ne se préoccupent pas de leur progéniture, ou trop, ou mal, ils sont le plus souvent livrés à eux-mêmes sans perspective d’en sortir.

Laure Catherine a introduit comme support aux événements un livre Le massacre de Pangbourne de James Graham Ballard, livre qui a réellement été publié en 1997, que les adolescents pensent être l’inspirateur des crimes, qui raconte le kidnapping d’enfants et le massacre de leurs parents dans un lieu privilégié, sous surveillance vidéo et pour lesquels la police ne possède aucun indice à part une vidéo….. Similitude entre le livre et les événements vécus ? L’assassin s’est-il inspiré de ce roman ? Un livre de science-fiction qui allie société future et cauchemar et qu’ils pensent être la solution aux mystères.

Ce roman est le premier de l’auteure qui a publié auparavant des essais sur le monde de la musique rock et ses idoles. J’ai pensé à plusieurs moments qu’il conviendrait à un public de jeunes adultes. Pour ma part j’ai eu du mal à m’attacher aux personnages, à leur devenir et à la résolution de l’énigme il me manquait un petit « je ne sais quoi » pour avoir un avis plus favorable. Peut-être si je n’avais pas lu plusieurs romans traitant du même sujet, de la même manière.

Merci aux Editions de l’Observatoire pour cette lecture.

Mon avis : 📕📕📕

Editions de l’Observatoire – Juin 2018 – 354 pages

Ciao

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