L’homme de la montagne de Joyce Maynard

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Juin 1979, Californie du Nord. Rachel, 13 ans, et sa sœur Patty, 11 ans, sont délaissées par leurs parents : une mère souvent absente et un père volage. Leur quotidien ennuyeux est soudain interrompu par une affaire de meurtre en série que leur père, l’inspecteur Torricelli, est chargé de résoudre. Trente ans plus tard, Rachel, devenue romancière, raconte l’été qui a bouleversé leur vie.

Traduction par Françoise Adelstain

 Editions Philippe Rey – Août 2014 (première parution 2013 chez HarperCollins) – 319 pages

Ce qui m’a fait choisir ce livre (nouvelle rubrique désormais dans mes chroniques)

Je pensais que je n’avais jamais lu cette auteure dont le nom était passé sous mes yeux dans des chroniques (mais j’ai retrouvé dans ma bibliothèque virtuelle (merci Babelio) que j’avais lu en 2014 Les filles de l’Ouragan qui ne m’avait laissé aucun souvenir). A l’époque je ne tenais pas encore ce blog……  La quatrième de couverture m’a interpellée. J’ai trouvé ce livre lors d’un de mes passages à Emmaüs et je n’ai pas hésité…… L’instinct

Ma lecture

Dès le prologue, la narratrice, Rachel, romancière reconnue  âgé de 43 ans, célèbre pour ses romans noirs,  installe ce qui va suivre : une relation très forte la liait à sa sœur, Patty, de deux ans sa cadette et leur goût pour l’étrange, le mystère, la mort sûrement en partie dû à la profession de leur père Anthony Torricelli, inspecteur à la brigade criminelle en Californie du Nord;

L’été 1979 va marquer à jamais son enfance et son passage à l’adolescence. Elle a 13 ans, l’âge de l’éveil aux sens de toutes sortes, aux questionnements sur son corps mais aussi aux garçons, aux adultes qui les entourent.

Un roman d’apprentissage pour ces deux sœurs, très fusionnelles, vivant avec leur mère depuis le divorce de leurs parents, une mère dépressive qui, une fois sortie de son travail passe son temps libre à la bibliothèque ou dans sa chambre au milieu des livres,  laissant ses deux filles livrées à elles-mêmes à la différence de leur père qui restera l’ange protecteur, même loin d’elles.

Ce père, d’origine italienne, qu’elles admirent tant, qui sait faire d’un cheveu une araignée, beau comme Dean Martin, qui aime les femmes mais une en particulier. Il enquête dans la série de meurtres dans les montagnes proches de la Cité de la splendeur matinale (il fallait le trouver) où vivent ses filles, il s’est complètement investi dans son enquête. Relation épisodique, complice mais de belle qualité alors que la relation maternelle, quotidienne est pratiquement inexistante.

Les deux sœurs se sont créé un monde à elles, fait d’excursions, de rêves, d’aventures, de basket, de chien, d’autant qu’elles n’ont pas de télévision ou alors muette, pas d’argent, peu d’ami(e)s, peu de sources d’informations à part ce qu’elles peuvent grappiller à droite ou à gauche,

J’ai trouvé la première partie s’étirant un peu, répétitive par moment et ne comprenant pas où l’auteure voulait m’emmener mais je faisais confiance, les thèmes évoqués m’intéressaient (je suis d’un naturel impatient, je dois l’avouer). Je sentais qu’il allait y avoir bien plus….

Puis tout s’accélère, dans des fausses pistes d’abord puis sur l’évolution des différents personnages (mais chut). Rachel devenue femme reprend l’enquête menée par son père, conciliant son travail d’auteure de romans policiers à l’enquête non résolue,  ne pouvant accepter l’impunité du meurtrier, souhaitant finir ce que son père n’a jamais pu mener à bien, un devoir de mémoire, une responsabilité qu’elle porte sur ses épaules.

On retrouve l’ambiance des années 70, l’attachement qu’elle porte à San Francisco, le Golden Gate, frontière rouge entre leur monde et l’autre monde,  mais aussi à la nature sauvage de la montagne qu’elles parcourent à longueur de journée, inconscientes du danger.

Le climat d’insouciance de l’enfance alterne avec le mal et la peur, les doutes, les suspicions, les interprétations enfantines face à des situations dont elles ne comprennent pas toujours le sens ni l’importance mais aussi les sentiments de la narratrice : culpabilité, responsabilité, remords et regrets vis-à-vis de sa sœur mais aussi de son père.

J’ai passé un agréable moment, une lecture détente mais avec un climat lourd, pesant parfois, sentant que le drame est proche. J’ai pensé à Frankie Addams ou à Le cœur est un chasseur solitaire de Carson Mc Cullers, ou à Ne tirez pas sur l’oiseau solitaire ou Va et poste une sentinelle de Harper Lee (qui restent pour moi des références absolues), romans d’apprentissage également plus anciens mais qui soulèvent tous ce difficile et parfois douloureux passage de l’enfance à l’âge adulte, souvent marqués dans ces romans par des événements qui accentuent le mal-être…..

Comme l’auteure le précise,je vous mets en fond sonore la chanson My Sharona qui a bercé son écriture et rythmé l’été des deux sœurs Toriccelli

📕📕📕📕

Ciao

7 réflexions sur “L’homme de la montagne de Joyce Maynard

  1. J’ai lu « Les règles d’usage » de Joyce Maynard et j’avais également commencé « Les filles de l’ouragan » il y a longtemps.
    Je jette toujours un oeil aux nouveautés de chez Philippe Rey, et merci pour la découverte, car celle-ci m’intéresse beaucoup !

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