Miss Charity de Marie-Aude Murail

MISS CHARITYQuatrième de couverture

 Charity est une fille. Une petite fille. Elle est comme tous les enfants : débordante de curiosité, assoiffée de contacts humains de paroles et d’échanges, impatiente de créer et de participer à la vie du monde. Mais voilà, une petite fille de la bonne société anglaise des années 1880, ça doit se taire et ne pas trop se montrer, sauf à l’église, à la rigueur. Les adultes qui l’entourent ne font pas attention à elle, ses petites sœurs sont mortes. Alors Charity se réfugie au troisième étage de sa maison en compagnie de Tabitha, sa bonne. Pou ne pas devenir folle d’ennui, ou folle tout court, elle élève des souris dans la nursery, dresse un lapin, étudie des champignons au microscope, apprend Shakespeare par cœur et dessine inlassablement des corbeaux par temps de neige, avec l’espoir qu’un jour quelque chose va lui arriver…..

Ma lecture

Angleterre du 19ème siècle. La maison est triste, imprégnée  du décès des deux sœurs aînées de Charity Tiddler, se décrivant elle-même comme pas très jolie, solitaire, timide, fragile, souffreteuse, mais volontaire et déterminée, apprenant de ses échecs ou déconvenues. celle-ci se tourne vers les animaux et leur observation pour se créer un monde à elle, y trouver du réconfort et comprendre à travers eux un peu la vie.

En s’inspirant de la vie de Beatrix Potter, de son univers illustré, Marie-Aude Murail a parfaitement réussi à restituer le style et l’univers de la littérature anglaise de l’époque, avec ce petit côté désuet mais si touchant, abordant les grands thèmes de nombre d’auteur(e)s anglais concernant les us et coutumes de l’époque, de la place de la femme et surtout de la jeune fille au 19ème siècle, le mariage de celle-ci étant le but essentiel de toute famille bien née ou fortunée.

L’auteure s’attache d’ailleurs a montré la confrontation de Charity à ses parents concernant son avenir,  leur refus de la voir travailler, gagner de l’argent, avoir une position sociale uniquement due à son talent et à son travail. Un fossé se creuse entre eux, même si le père, comme bien souvent dans la littérature anglaise, conserve avec sa fille une tendre relation.

N’ayant pas toutes les clés ou le goût pour se mêler au monde, elle s’isole au troisième étage de la maison de ses parents, où elle recueille et abrite ceux qui vont devenir ses plus fidèles amis comme le lapin, la souris, l’hérisson, le corbeau et bien d’autres au fil des années. Ayant très tôt une aptitude au dessin animalier, à force de patience et de travail, elle va inventer des histoires où les bêtes vivront mille aventures qui rencontreront très vite le succès auprès du jeune public.

Elle affronte et subit très souvent les remarques, assez violentes parfois, de sa mère, celle-ci ne rêvant que de la marier, Charity évoquant souvent une sorte de jalousie de la part de sa mère ou une rivalité. Peut-être enviait-elle inconsciemment la liberté de sa fille….Elle est parfois naïve comme peut l’être une jeune fille élevée dans une famille bourgeoise, protégée du monde extérieur et se retrouvera parfois confronter à certaines attitudes et manipulations. Mais elle apprend vite Charity et sera retournée les situations à son avantage.

Marie-Aude Murail aborde également d’autres thèmes : comme la mort qui rôde et frappe souvent à cette époque où la mortalité infantile était importante. Charity y sera confrontée à plusieurs reprises et y fera face. Elle tente de garder le sourire, d’être optimiste, elle est confiante dans la vie et surtout elle trouve grâce à son imaginaire un refuge dans les moments difficiles.

La folie est également évoquée avec l’internement d’une domestique dans des conditions misérables, mettant Charity face à une réalité qu’elle était loin de soupçonner et l’obligeant à sortir de sa réserve pour améliorer son quotidien, comme elle devra également le faire quand il s’agira d’éditer ses romans, de discuter contrat et droits d’auteure, de parler d’égal à égal avec son éditeur.

C’est délicieux, savoureux, tendre, romantique à souhait, il y a tous les ingrédients pour en faire une petite parenthèse enchantée, il y a tous les ressorts de la littérature anglaise (argent, condition féminine etc…) et permet aux jeunes lecteurs d’approcher ce style d’univers.

Il ne faut pas s’effrayer du  nombre de pages de ce roman car les dialogues sont présentés à la manière « pièce de théâtre » rendant la lecture très vivante et aérée et les illustrations de Philippe Dumas à la manière « Beatrix Potter » permettent de visualiser tout cet univers.

C’est un bonbon délicieusement doux, jamais amer, une petite friandise qui allie une écriture délicate à des illustrations légères grâce à la technique du pastel qui s’adresse certes à la jeunesse, mais que j’ai pris beaucoup de plaisir à découvrir.

Quelques illustrations pour découvrir l’univers de Beatrix Potter

📕📕📕📕

Editions l’Ecole des Loisirs – Novembre 2008 – 563 pages

Ciao

4 réflexions sur “Miss Charity de Marie-Aude Murail

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