L’eau de Rose de Laurence Martin

L'EAU DE ROSEQuatrième de couverture

la sortie d’un cimetière, une vieille femme meurt dans les bras de Rose et lui confie son carnet…
« Elle me pointe un petit carnet qui gît le long du caniveau et murmure :
– Dites-leur pour moi que je les aime.
Je demande :- À qui ? Elle convulse.
Je pleure.- À qui ? Elle est partie.
La femme qui sortait du cimetière est venue mourir dans mes bras…
Je souffle « Je le leur dirai » comme une promesse indestructible.
Rose ne sait pas que cette promesse va bouleverser son existence.
Au fil des pages de ce carnet, elle remettra en question sa solitude.
Elle ira chercher ses réponses, contestera les lois familiales qui érigent le silence sur sa mère disparue il y a vingt ans.
Elle apprendra combien la vie peut être belle et l’amour un nouveau départ.
Mais, quand l’adversité s’entête, la peur reprend parfois ses droits et la mort ses prérogatives.
Rose trouvera-t-elle sa vérité ?
Osera-t-elle enfin le bonheur ?

Ma lecture

Je suis contactée de temps en temps par des auteur(e)s qui me proposent de découvrir leur roman. C’est le cas pour celui-ci mais comme à chaque fois je précise toujours que ma chronique sera le parfait reflet de ma lecture.

L’eau de Rose : le titre m’a tout de suite fait penser à cette odeur du passé, ce parfum de dame, un peu désuet mais que j’aime pour ma part beaucoup. Mais le parfum de l’eau de Rose n’est pas celui que l’on croit. Il est celui de l’absence, du deuil et de la culpabilité. Mais dans ce roman on pourrait parler de parfum de plusieurs femmes…..

Celui de Rose bien sûr, 22 ans, l’héroïne de ce premier roman de Laurence Martin, mais son parfum est celui du manque d’une mère disparue il y a vingt ans, par sa faute croit-elle, avec une note obsédante de culpabilité. Celui de Lubiana, rencontrée suite à un accident dans lequel Rose va se retrouver, par hasard, porteuse d’un carnet-journal-testament, est celui de la générosité et de la bienveillance. Et puis il y a celui d’Anna, la sœur aînée de Rose, silencieuse, effacée, presque inexistante, un parfum léger, presque évaporé….

Autour d’elles flottent également les fantômes des disparues : Victoire cette inconnue propriétaire du carnet salvateur, mais aussi celui de la mère de Rose, presque effacé dont il ne reste que quelques traces ici ou là. Il y a aussi ceux d’hommes : Georges, le père de Rose, médecin, hermétique, n’arrivant pas à surmonter la perte de son épouse et Darius Adamson, le voisin chantant de l’héroïne.

Rose écrit des livres pour enfants, a créé autour de Lise, son personnage, tout un monde dont elle trouve l’inspiration en observant les inconnus qui l’entourent, lui inventant une vie, des voyages, des marques de tendresse qui lui sont inconnues, qu’elle ne souvient pas avoir reçues. Le bonheur ? Elle ne le connait pas et le refuse même tant le poids de la culpabilité l’oppresse.

Heureusement elle va croiser la route de « faiseurs » de bonheur…..

C’est avant tout une histoire de femmes, de non-dits, de transmission et de partage. Grâce à des rencontres inattendues, Rose va décider de trouver les réponses aux nombreuses questions qui sont restées sans réponses, de s’ouvrir peu à peu, telle une fleur, à la chaleur des personnes bienveillantes que la vie à mis sur son chemin.

Comme il est bon de faire ces rêves qui vous donnent la vie qu’on voudrait, dans lesquels on replonge sans cesse, que l’on aimerait pouvoir poursuivre. (p17)

Avec une écriture vive, faite de courtes phrases, haletantes parfois jusqu’à l’urgence, et des nombreux questionnements de l’héroïne, l’auteure nous entraîne dans une quête de vérité mais aussi de survie car comment se construire quand tout un pan de votre vie reste dans l’ombre, quand les silences se font de plus en plus lourds, comment se construire comme femme quand vous n’avez eu aucun repère, quand vos proches se murent dans le silence. Le voile doit se lever afin de permettre d’accepter, de comprendre et d’avancer même si cela remet à vif une blessure jamais guérie.

C’est dans cette quête que Laurence Martin nous entraîne en abordant les thèmes du deuil, des non-dits et de l’absence maternelle avec une Rose qui porte en elle tant d’épines au cœur qu’on ne peut qu’être touchée par sa détresse et la bulle dans laquelle elle s’enferme, même si elle cherche par tous les moyens de s’affranchir de cet état.

Utilisant les ressors des rencontres opportunes qui sauvent, des personnages assez stéréotypés dans ce type de récit et une fin assez prévisible, l’auteure en fait un récit agréable, mêlant narration et journal de Victoire, qui se lit avec plaisir faisant la part belle à l’amour, la compassion, la résilience.

Mon avis est assez mitigé mais finalement très personnel car je ne suis malheureusement pas le meilleur public pour ce type de roman, j’y suis peut-être hermétique parce que mon esprit n’est pas réceptif à ce type de message très optimiste, parce que trop improbable, un genre de littérature déjà tellement exploité et lu qu’il est difficile pour moi d’y adhérer totalement.

C’est un genre de littérature qui, je le sais, rencontre son public, un roman qui est porteur de messages positifs, qui peuvent aider ou apporter à certains une parenthèse agréable et qui peut permettre de voir la vie en Rose…..

Merci a Laurence Martin pour sa confiance.

📕📕📕

Editions Publishroom – Janvier 2018 – 166 pages

Ciao

2 réflexions sur “L’eau de Rose de Laurence Martin

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