La redoutable veuve Mozart de Isabelle Duquesnoy

LA REDOUTABLE VVEUVE MOZART1791, Wolfgang Mozart meurt. Accablée de tristesse mais surtout de dettes, Constance Mozart ne se laisse pas abattre et décide de travailler à la postérité de l’œuvre de l’artiste. Elle se révèle alors une femme de poigne et, dans cette quête de reconnaissance et d’argent, rien ne semble l’arrêter.
Pour rembourser les créanciers, elle commence par vendre, à la hâte, les compositions de Mozart. Elle réquisitionne un de ses anciens élèves pour terminer le Requiem inachevé. Elle rebaptise son plus jeune fils Wolfgang Mozart II et le force à monter sur scène. L’enfant n’est pas doué en musique, mais qu’importe ! Il se ridiculise, vit mal l’entêtement de sa mère…
Enfin, pour s’assurer une situation, elle se remarie avec un diplomate danois qui ne partage jamais son lit et risque la peine de mort pour ses mœurs sexuelles…
Elle vécut ainsi cinquante-et-un ans après la mort du compositeur, pendant lesquels elle inventa le système de propriété intellectuelle, créa un festival dédié à Mozart, érigea des monuments et remit la musique de son défunt mari au goût du jour.

Ma lecture

J’ai découvert Isabelle Duquesnoy avec l’Embaumeur en 2017 et grâce à la Masse Critique Babelio l’occasion m’est donnée de découvrir son nouveau roman consacré à Mme Mozart et la manière dont elle a géré l’héritage de son musicien de mari.

A la manière d’une confession  d’une mère à son fils ou d’un testament, utilisant donc le tutoiement, Constanze livre à son fils aîné, Carl, la justification de tout ce qu’elle a mis en œuvre pour protéger leurs droits sur l’héritage musical et financier du compositeur.

Tu vois comme parfois, derrière le visage d’une mauvaise femme, peut se cacher celui d’une mère dévouée ! Bien souvent, ce que vous, les hommes, prenez pour de la dureté ne sont que les rides causées par nos efforts pour vous rendre la vieillesse tolérable. Hélas, quand une femme ne sert plus de marmite, on la regarde comme un couvercle ! (p118-119)

Isabelle Duquesnoy s’est glissée dans la peau du personnage et nous relate, grâce à un énorme travail de documentation, non seulement la volonté de cette femme à garder le pouvoir et la propriété sur les œuvres de Wolfgand Amadeus Mozart, mais aussi d’entretenir sa mémoire et en particulier l’édification d’une statue à son effigie à Salzbourg.

L’auteure nous dépeint une femme à la volonté farouche de défendre ce qu’elle pense lui revenir de droit à elle et à ses enfants, n’hésitant pas à s’immiscer dans la vie de ceux-ci, en prenant en particulier en mains l’orientation du plus jeune qu’elle aurait voulu  aussi doué que son géniteur, n’hésitant pas à le renommer Wolfgang Mozart II.

Elle apparaît parfois comme une mère abusive, froide, directe plaçant le souvenir de son époux au-dessus de toute autre considération. Elle va se révéler comme une redoutable femme d’affaires motivée à prendre une revanche, elle qui ne fut jamais acceptée par sa belle-famille, obligeant ainsi celle-ci mais aussi tous les autres a se plier devant elle. Madame Mozart tient les comptes….

Isabelle Duquesnoy dépeint Madame Veuve Mozart comme une tornade, un volcan, n’ayant été mariée que 8 ans au musicien, elle restera jusqu’à son dernier jour (51 ans plus tard) amoureuse de celui-ci, allant jusqu’à « fouiller » au plus profond pour retrouver tout ce qui pouvait lui appartenir…… (je vous laisse découvrir ce dont il s’agit !) et assistera son deuxième mari dans la rédaction d’une biographie du compositeur.

C’est un récit fourmillant de détails sur une période de bouleversements (révolution française, guerres napoléoniennes), sur les lois régissant les enfants en cas de décès du père, ses relations avec sa belle-famille et d’autres compositeurs tel que Beethoven (qu’elle n’appréciait guère)  etc…. En utilisant une forme romancée, l’auteure distille les informations sous une forme très vivante, non didactique, plaisante à lire et qui révèle une excellent connaissance du sujet et de son époque, mais parfois l’afflux d’informations rompt la fluidité de la lecture.

Comme pour l’Embaumeur, Isabelle Duquesnoy s’emploie à mettre en forme cette masse d’informations, en utilisant une forme originale les rendant ainsi digestes et fluides, nous racontant comment une femme au début du XVIIIème siècle s’est battue pour que la musique de cet immense compositeur ne tombe pas dans l’oubli et parvienne finalement jusqu’à nous mais aussi son combat pour le respect de ses droits.

Derrière chaque grand homme cherchez la femme…..

Merci aux Editions de la Martinière et à Masse Critique Babelio pour cette lecture

Editions de la Martinière – Septembre 2019 – 292 pages

Ciao

 

3 réflexions sur “La redoutable veuve Mozart de Isabelle Duquesnoy

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