Là où les chiens aboient par la queue de Estelle-Sarah Bulle

LA OU LES CHIENS ABOIENT PAR LA QUEUERésumé

Dans la famille Ezéchiel, c’est Antoine qui mène le jeu. Avec son « nom de savane », choisi pour embrouiller les mauvais esprits, les croyances baroques et son sens aigu de l’indépendance, elle est la plus indomptable de la fratrie. Ni Lucinde ni petit frère ne sont jamais parvenus à lui tenir tête. Mais sa mémoire est comme une mine d’or. En jaillissent mille souvenirs-pépites que la nièce, une jeune femme née en banlieue parisienne et tiraillée par son identité métisse, recueille avidement. Au fil des conversations, Antoine fait revivre pour elle l’histoire familiale qui épouse celle de la Guadeloupe depuis les années 50: l’enfance au fin fond de la campagne, les splendeurs et es taudis de Pointe-à-Pitre, le commerce en mer des Caraïbes, l’irruption du roi béton, la poésie piquante du créole, et l’inéluctable exil vers la Métropole…..

Ma lecture

Je sais que ce roman a beaucoup plu depuis sa sortie, on me garantissait de passer un bon moment et alors que je viens de le refermer, je suis presque soulagée de l’avoir enfin fini…. Je devais le lire pour pouvoir voter pour le prix des lecteurs des bibliothèques de ma commune car il faisait partie des 5 romans « coup de cœur » retenus….. Le seul que je n’avais pas lu, qui ne m’attirait pas, que je n’avais pas envie de lire. Pourquoi ? Je ne saurai vous le dire mais comme je suis consciencieuse dans ce que je fais, je l’ai malgré tout  lu jusqu’au bout (si ce n’avait pas été pour le prix je crois que je l’aurai abandonné). Mais ce qui est étrange c’est que j’aurai du mal à définir ce qui m’a gênée.

A la demande de la nièce (sûrement en partie l’auteure), ses tantes : Lucinde et Antoine et Petit Frère (son père) retracent le parcours de la famille Ezechiel entre Guadeloupe et Métropole. Chacun évoque les souvenirs de leur enfance, de leur père Hilaire qui épousa une béké (blanche) Eulalie Lebecq, trop tôt disparue pour le Petit Frère qui n’en a aucun souvenir et sera à la recherche une partie de sa vie d’une photo pour mettre un visage sur cette mère qu’il n’a pas connue, c’est d’ailleurs lui qui m’a le plus touchée.

De 1947 à nos jours presque 70 ans sont évoqués en partie sur l’île jusqu’à la fin des années 70 puis en métropole, avec les versions de chacun, les chemins de vie, le tout dans une écriture parsemée du parler créole et dont Apollone mais qui se fait appeler Antoine  pour éloigner les mauvais esprits, la tante, est la figure la plus marquante, la plus ambiguë, bien que le désarroi de Petit Frère, son isolement en partie dû à l’écart d’âge avec ses deux sœurs, sa quête maternelle, son amitié avec Yvan sont les passages que j’ai préférés.

La narration polyphonique et le découpage en plusieurs époques ne posent aucun problème, mais je pense qu’au fond je suis restée très à distance des personnages et de leurs histoires.

Je m’attendais peut-être à plus de truculence (il faut dire que le titre interpelle), à une histoire familiale peut-être plus hors du commun, haute en couleur et je n’y ai trouvé qu’une histoire finalement assez conventionnelle si on excepte l’installation à Paris d’Antoine et de son « commerce » près du Sacré-Cœur et je n’ai trouvé finalement qu’une d’histoire guadeloupéenne, semée ça et là des aventures de la fratrie, de leurs différences et des événements politiques et économiques qui ont parfois changé le cours de leurs vies.

C’est assez difficile pour moi de mettre le doigt sur ce qui m’a déplu car je n’ai rien à reprocher à l’écriture ou la construction mais j’ai trouvé qu’il n’y avait pas de « chaleur », de profondeur dans ce récit, je n’avais aucun intérêt pour les personnages, leur devenir. C’est une succession de faits, d’événements vus par les membres de la fratrie mais chacun restant à distance des autres expliquant sûrement leurs relations distendues.

Je ne vais pas épiloguer car je me rends compte que je n’ai pas grand chose à en dire et c’est souvent le cas quand on passe à côté d’une lecture. Ce roman a trouvé son public

Je l’ai lu, il ne m’a pas convaincue et maintenant je peux voter la conscience tranquille.

Livre lu dans le cadre du Comité de lecture des bibliothèques pour le Prix des Lecteurs

Editions Liana Levi – Août 2018 – 283 pages

Ciao

4 réflexions sur “Là où les chiens aboient par la queue de Estelle-Sarah Bulle

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