Agathe de Anne-Cathrine Bomann

AGATHESoixante-douze ans passés, un demi-siècle de pratique et huit cents entretiens restants avant la fermeture de son cabinet : voilà ce qu’il subsiste du parcours d’un psychanalyste en fin de carrière. Or, l’arrivée imprévue d’une ultime patiente, Agathe Zimmermann, une Allemande à l’odeur de pomme, renverse tout. Fragile et transparente comme du verre, elle a perdu l’envie de vivre. Agathe, c’est l’histoire d’un petit miracle, la rencontre de deux êtres vides qui se remplissent à nouveau.

Ma lecture

Le narrateur compte…… Il n’est pas comptable mais psychanalyste et ce qu’il compte c’est le nombre de consultations qu’il lui reste à faire (800) avant de prendre sa retraite. Il n’a qu’une hâte c’est d’en finir mais il va se voir contraint d’ajouter une nouvelle patiente, Agathe, sur l’insistance de sa secrétaire Madame Surrugue. Agathe est une jeune femme d’origine allemande âgée de 25 ans, mariée ayant subi de nombreux traitements dont certains très lourds pour des troubles psychiatriques et qui tient absolument à être suivie par lui.

Alors qu’il pensait que cette dernière ligne droite allait être sans surprise et l’alléger d’un poids, l’arrivée dans son cabinet de cette jeune femme va bouleverser la routine de ses journées, l’amenant, lui le psychanalyste, à porter un autre regard sur les autres et sur lui-même. 

Lui qui écoute les troubles de chacun semble n’avoir jamais porté aucune attention sur sa propre vie, sur ses relations aux autres, ayant peu de compassion pour ces voisins, secrétaire. Peu à peu on le découvre comme un solitaire qui attend avec impatience sa retraite sans avoir une idée précise de ce qu’il va en faire, un peu bougon et l’analyse du mal-être de cette jeune patiente va presque inverser les rôles le poussant à revoir son présent, sa relation aux autres et même son futur.

Au fur et à mesure des consultations avec sa patiente, le psychanalyste va se pencher sur sa propre existence et les questions d’Agathe vont finir par mettre le doigt sur ses propres souffrances, ses propres manques. A force d’écouter les autres il ne s’entendait plus lui-même.

C’est un roman qui aborde de nombreux thèmes : la mort, la vie, la solitude, le rapport aux autres et rejoint la cohorte des romans écrits pour donner des réponses à ceux qui les cherchent. Une sorte de petite histoire philosophique, particulièrement bien écrite, je dois le reconnaître, tellement on ressent la mélancolie du narrateur, sa tristesse, la routine de ses journées et sa misanthropie parfois, mais je suis restée à distance de cette lecture. L’originalité du récit tient par le narrateur, un psychanalyste, spécialiste du mal-être des autres, dont on peut penser qu’il a toutes les clés et pourtant :

J’ignore totalement comment fonctionnent les gens ! Alors qu’en dites-vous ? Tout cela n’est qu’un grand spectacle ! (p127)

Une agréable lecture, douce, mélancolique, je la recommande pour la sobriété de l’écriture, pour une psychanalyse accessible et rapide, un petit côté positivisme à la manière feel-good.  Je ne regrette pas de l’avoir lu, dans le genre il est réussi mais j’en attendais peut-être beaucoup plus vu la façon dont ma bibliothécaire me l’avait recommandé. 

Traduction de Ines Jorgensen

Editions La Peuplade – Avril 2019 – 160 pages

Ciao

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