Expiation de Ian Mc Ewan

EXPIATION IGSous la canicule qui frappe l’Angleterre en ce mois d’août 1935, la jeune Briony a trouvé sa vocation : elle sera romancière. Du haut de ses treize ans, elle voit dans le roman un moyen de déchiffrer le monde. Mais lorsqu’elle surprend sa grande sœur Cecilia avec Robbie, fils de domestique, sa réaction naïve aux désirs des adultes va provoquer une tragédie. Trois vies basculent et divergent, pour se recroiser cinq ans plus tard, dans le chaos de la guerre, entre la déroute de Dunkerque et les prémices du Blitz. Mais est-il encore temps d’expier un crime d’enfance ?
Un roman dans la grande tradition romanesque, où Ian McEwan, tout en s’interrogeant sur les pouvoirs et les limites de la fiction, restitue, avec une égale maîtrise, les frémissements d’une conscience et les rapports de classes, la splendeur indifférente de la nature et les tourments d’une Histoire aveugle aux individus.

Ma lecture

COUP DE 🧡

Coup de cœur car tout m’a plu dans ce roman et tout d’abord l’écriture. Grâce à elle j’ai à la fois lu mais aussi vu une histoire car la richesse des détails permet de tout visualiser mais sans lourdeur, sans longueur, oui une écriture visuelle qui n’est pas sans me faire penser à Virginia Woolf, que Ian Mc Ewan évoque d’ailleurs, comme un clin d’œil, dans une lettre d’un éditeur à Briony qui rêve de devenir écrivaine :

Malgré tout, nous nous sommes demandés si cette technique n’était pas trop redevable de celle de Mrs Woolf. Le moment présent, cristallin, est bien sûr un sujet valable en soi, en particulier dans la poésie ; il permet à l’auteur de révéler ses dons, de fouiller les mystères de la perception, de présenter une version stylisée des processus de la pensée, d’explorer les caprices et l’imprévisibilité de l’être intime, etc…(p410)

Ian Mc Ewan construit son roman autour de la personnalité de Briony Tallis, 13 ans, enfant à l’imagination débordante, fantasque, égocentrique, ayant entre autre projet de devenir écrivaine et qui observe tout ce qui l’entoure car pouvant devenir un sujet d’écriture. Elle voit, elle entend, elle imagine…. Mais justement là est le problème…… Ce qui peut se trouver dans un roman dans lequel tout peut arriver sans grave conséquence sur la vie, dans la réalité c’est un jeu dangereux et Briony ne va pas se rendre compte de l’importance de ses paroles guidées non pas sur une vérité mais sur ce qu’elle croit être, sur un à-priori, un ressenti…..

Nous sommes les témoins privilégiés d’une journée décisive qui va se conclure par un événement  dramatique (que je vous laisse découvrir) et qui va bouleverser le devenir de toute une famille et en particulier celui de Brony qui va en être l’élément central et capital…. Et là l’auteur expose la psychologie de chacun de ses personnages, par petites touches, un à un les caractères se dessinent, les réactions aux événements sont parfois loin de celles que l’on croit, l’auteur est le maître d’œuvre et il ne reste qu’à nous laisser porter par lui.

Découpé en trois parties + un épilogue, le roman est articulé principalement autour de la personnalité de cette adolescente, partant d’une réunion de famille en 1935 dans un milieu aisé pour continuer sur les routes de l’exode et de la débâche en 1940 pour finir dans les hôpitaux de guerre où arrivent les blessés et où Briony est élève infirmière. Trois parties et des ambiances très différentes avec la même maîtrise, le même souci du détail afin d’en faire une œuvre romanesque aux multiples facettes (familiale, historique, psychologique)

J’adore ces petits riens, cette approche pointilleuse de la vraisemblance, cette correction de détail qui, cumulée, procure tant de satisfaction. (p471)

L’auteur déroule son histoire dont lui seul connaît l’issue car là est la magie d’un écrivain et je dois avouer que le charme a opéré sur moi et ce jusqu’à la dernière page. J’ai été emportée par cette fresque qui démarre dans la clarté d’une belle journée d’été et la joie des retrouvailles et qui se poursuit dans la noirceur d’un pays en guerre. Briony tentera de trouver un soulagement à la souffrance de la faute commise dans la souffrance d’un monde en guerre.

Peut-on réparer ses erreurs, devons-nous être punis toute notre vie pour un acte commis dans l’enfance, sans avoir peut-être réellement conscience de sa portée, de ses conséquences, comment chacun trouve en lui les ressources pour continuer, survivre, accepter ? L’auteur évite tous les écueils du genre et ne donne d’ailleurs pas toutes les réponses, se glissant dans son personnage principal, Briony, pour nous avouer les pistes imaginées ou empruntées car un romancier à tous les pouvoirs dont celui de parfois enjoliver les faits pour pouvoir continuer, se souvenir avant d’oublier.

Adieu Briony, je te laisse à regret car j’ai passé auprès de toi de jolies heures de lecture mais j’ai surtout revu mon jugement sur un auteur, Ian Mc Ewan, que j’avais déjà tenté de lire avec Sweet Touch et que j’avais abandonné car je m’ennuyais beaucoup. Décidément j’aime la littérature anglaise quand elle offre une écriture de qualité alliée à un récit bien construit, qui évite tous les poncifs et dont le fond est à la fois instructif et humain.

Merci aux avis de certain(e)s lecteurs (rices) qui m’ont vivement conseillé celui-ci suite à la parution de son dernier roman Une machine comme moi que l’on m’a prêté et que j’ai hâte de découvrir…..

Traduction de Guillemette Belleteste

Editions Gallimard – Février 2005 – 488 pages

Ciao

8 réflexions sur “Expiation de Ian Mc Ewan

  1. Le premier titre de cet auteur que j’ai lu …. recommencé par trois fois, je n’arrivais pas entré dedans, mais je n’arrivais pas non plus à laisser tomber. Finalement la quatrième a été la bonne, et depuis, je lis tous les titres de McEwan, même quand ils sont moins prenants ! je ne dis rien sur le dernier, que je viens de finir, la note n’est pas encore rédigée.

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