La librairie des cœurs brisés de Robert Hillman

LA LIBRAIRIE DES COEURS BRISESDans une bourgade du sud de l’Australie, dans les années 1960, débarque un jour Hannah Babel. Une Hongroise de Budapest, juive, rescapée d’Auschwitz où ont péri son mari et son fils unique. Une sorte d’extraterrestre pour les gens de Hometown, qui l’accueillent sans réticence, sidérés néanmoins lorsqu’elle annonce son intention d’ouvrir une librairie, du jamais vu en ville jusqu’alors.

Un fermier du coin, Tom Hope, lui apporte son aide. Trentenaire mutique, humble et généreux, Tom soigne ses vergers, s’occupe de ses moutons, et se console de son célibat forcé en élevant avec amour Peter, l’enfant que son ex-femme lui a laissé, dont il n’est pas le père et qu’elle lui reprendra un jour.

Hannah, la délirante, la tourmentée, s’enflamme pour Tom et l’embrase. Une telle passion entre deux êtres apparemment si étrangers l’un à l’autre peut-elle durer ? Et quel avenir pour le petit Peter, forcé de rejoindre une mère qui ne l’a jamais aimé ?

Ma lecture

Cette lecture part d’un quiproquo….. Non seulement pour moi qui voulait une lecture détente mais aussi pour la personne qui m’a offert ce roman connaissant mon attachement aux librairies, aux livres, aux écrivains. Elle s’est fiée au titre et celui-ci est trompeur car finalement la librairie ne tient qu’un petit rôle dans l’histoire, une sorte d’alibi…..

C’est avant tout l’histoire d’un homme Tom, un fermier australien dans les années 60 qui va vivre deux histoires de couple : la première avec Trudy, qui lui fera découvrir la joie d’être père d’un fils qui n’est pas de lui mais qui lui sera enlevé,  la seconde avec Hannah, juive hongroise d’une quinzaine d’années de plus que lui, survivante d’Auschwitz, propriétaire de la librairie qui vient de s’ouvrir dans le village.

Le thème principal de ce roman est finalement l’amour qu’il soit envers un enfant même si celui-ci n’est pas le sien ou pour un enfant mort mais aussi l’amour dans le couple quand celui-ci est instable en raison de l’état psychologique d’un des deux. En effet Tom, taiseux, naïf, a le chic pour s’éprendre de femmes à l’esprit fragile : Trudy suit ses intuitions, le quitte puis revient pour finir par entrer dans une congrégation religieuse emmenant son fils de force et  Hannah qui se refuse à aimer désormais de peur de trop souffrir.

J’ai trouvé l’écriture assez froide, distante, sèche, sans poésie ni rythme, les événements assez convenus. Tom, le personnage central, est finalement représenté comme un homme simple et  bon, presque trop. Son attachement pour Peter, son beau-fils est profond mais j’aurai peut être aimé que l’histoire se concentre plus sur ce lien qui les unit car pour moi ce fut les plus beaux passages comme ce qui le lit à la terre de ses ancêtres.

La construction faite de flash back est parfois assez gênante en particulier sur la fin car le presque chevauchement des dates donne un sentiment d’incohérence. Je me suis également interrogée sur une affirmation page 175 concernant la présence d’immeubles au XVème siècle ?

Une fois fini, je me suis dit que l’auteur avait pourtant mis tout ce qu’il fallait pour donner de l’émotion : abominations dans le camp de concentration, violence sur un enfant dans une secte évangéliste, répétitions des malchances pour Tom dans sa vie amoureuse etc…. et pourtant rien n’y a fait et je pense que cela tient dans l’écriture qui a manqué pour moi de fluidité et de profondeur.

En quatrième de couverture il est mentionné poésie, tendresse et ironie, ode à la beauté des paysages et des hommes, ode à la vie….. Moi je n’ai pas ressenti cela et je pense que cela tient en grande partie au style, une énumération d’événements mais sans émotion, presque mis bout à bout pour en faire une histoire.

Je n’en dirai pas plus, on est parfois trompé sur un roman par son titre, son résumé mais on fait, parfois, malgré tout une belle découverte. Là je pense que je suis soit passée à côté soit il fait lui aussi partie d’une littérature pour laquelle je n’ai pas de dispositions…..

Le passé s’applique à influencer ce qui lui succède – un pari sur l’immortalité. (p322)

Traduction de Françoise Adelstain

Editions Philippe Rey – Avril 2019 – 334 pages

Ciao

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