Le chemisier de Bastien Vivès

LE CHEMISIER

Étudiante en Lettres classiques à la Sorbonne, Séverine n’est ni belle, ni laide, ni brillante, ni médiocre. La jeune femme coule une existence banale, sans éclat mais sans drame, aux côtés d’un compagnon qui lui prête moins d’attention qu’aux séries télévisées ou aux jeux vidéo. À l’issue d’un baby-sitting, elle se voit prêter un chemisier en soie qui va mystérieusement changer sa vie. Du jour au lendemain, les hommes posent sur elle un regard différent, chargé de désir. Le vêtement est-il doté d’un pouvoir magique ? Séverine l’ignore, mais elle constate qu’il lui permet de se sentir davantage en confiance. Et de reprendre en main son destin…

Ma lecture

J’ai longtemps hésité avant d’écrire une chronique sur ce roman graphique, repéré lors de sa sortie, demandé à ma bibliothèque depuis un an et une fois terminé quelle déception et pourtant cela démarrait plutôt bien.

Séverine, une étudiante en lettres modernes, effacée, discrète, cherchant à se cacher des autres en tenant sa veste toujours croisée, serrée sur elle, sur son corps, un petit ami qui ne se préoccupe peu d’elle, de ce qu’elle est ou a envie, se rend chez un couple pour faire du baby-sitting et revient avec, suite à un petit incident, un très beau chemisier en soie.

Ce chemisier va la révéler, va lui donner de l’assurance et elle va être vue, entendue et grâce à lui elle va prendre confiance et assurance,  il va devenir une sorte de talisman dont elle ne veut plus se séparer. Mais d’être vue par les autres va lui faire franchir des frontières et….. à partir de là, moi, je n’ai plus apprécié. Beaucoup de scènes sexuelles, très explicites, trop, répétitives et sans aucun (à mon avis) intérêt. Et puis une chute finale qui me laisse avec une seule pensée :….. Tout ça pour ça !

Et bien mon attente n’a pas été récompensée. Je sais que Bastien Vivès introduit beaucoup de scènes érotiques dans ses romans graphiques, si cela se justifie pourquoi pas, mais ici l’histoire manque de fond, n’est pas aboutie et n’est prétexte qu’à une exposition crue.

Autre détail qui m’avait déjà gênée dans un de ses précédents ouvrages, l’absence d’yeux de ses personnages…… Il y a peut-être une raison mais je ne la connais pas mais à la lecture cela me dérange.

Je n’en dirai pas plus sauf que désormais je laisserai Bastien Vivès à ses romans graphiques, qui ont sûrement ses adeptes, mais moi je reste convaincue qu’il est plus agréable parfois que certaines scènes soient suggérées et non étalées, mises en gros plan et que le fond est grandement plus important.

Quelques images sélectionnées……

LE CHEMISIER 1LE CHEMISIER 2

Editions Casterman – Septembre 2018 – 204 pages

Ciao

11 réflexions sur “Le chemisier de Bastien Vivès

  1. Je n’ai pas adhérer non plus j’ai été très gênée par… La bassesse des choses. Ça m’a fait le même effet que Jeune et Jolie de Ozon…
    Parfois il faudrait peut-être laisser certains sujets aux femmes qui pourraient éviter une mise en scène de fantasme un peu malaisant ?
    Ce n’est que mon ressenti mais ces deux œuvres m’ont procurées le même malaise et à y penser les thématiques peuvent s’apparenter.

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  2. J’aime beaucoup le travail de Bastien Vives. Une soeur est beaucoup plus subtil et Polina, juste bouleversant de délicatesse. Pour ce titre, je l’ai juste feuilleté en librairie et reposé, il m’a paru malsain, et ce que tu en dis me le confirme. Un de ses titres (que je n’ai pas lu), Les melons de la colère a par ailleurs fait polémique, des relents de pédophilie, si je me souviens bien.

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