Sur la route de Madison de Robert James Waller

SUR LA ROUTE DE MADISON IGFrancesca Johnson, fermière de l’Iowa, était seule cette semaine-là ; son mari et ses enfants s’étaient rendus en ville pour la foire agricole. Sa rencontre avec Robert Kincaid, écrivain-reporter qui photographiait les ponts du comté de Madison, eut lieu au cours de l’été 1965. Dès leur premier regard, ils surent qu’ils étaient faits l’un pour l’autre de toute éternité. Ils ne disposaient que de quelques jours pour se connaître, s’aimer et vivre une vie entière de passion silencieuse, avide et sans espoir.

Ma lecture

J’ai retrouvé Robert Kincaid et Francesca Johnson dans ce roman qui fut adapté au cinéma avec Meryl Streep et Clint Eastwood et qui est devenu ce que j’appelle un de mes films « doudou »…

Très curieuse de découvrir ce qu’il en était du roman original, allais-je être autant émue, autant transportée par cette histoire de rencontre de deux êtres, de cet amour bref, intense et éternel…. Et bien je ne suis pas déçue (mais je le suis rarement par les œuvres originelles et j’ai autant aimé si ce n’est plus que le film (et ce n’est pas peu dire). Je développe…..

Quatre jours d’un amour fou, inexplicable que l’on pourrait résumer avec la citation de Montaigne : « Parce que c’était lui, parce que c’était moi »  un amour improbable entre deux êtres que rien n’aurait dû rapprocher si ce n’est la recherche d’un septième pont couvert que Robert, photographe entre autre pour le National geographic, doit fixer sur la pellicule pour son reportage et qu’il ne trouve pas.

Et me voilà tournant autour de cette autre personne à l’intérieur de moi. Bien que je croie avoir été plus juste en disant, le jour où nous nous sommes séparés, que nous avions créé tous les deux une troisième personne, laquelle désormais m’accompagne (p34)

A la différence du film, c’est l’auteur lui-même qui explique comment il a eu connaissance de cette histoire d’amour et j’ai trouvé que les caractères des deux personnages étaient beaucoup plus approfondis, expliquant encore plus l’attitude de chacun et en particulier pour Francesca, napolitaine de naissance mais américaine par le mariage, la quarantaine, qui s’est laissée engloutir dans son rôle de femme et de mère, ayant renoncé à être professeur de littérature :

Les gens du comté de Madison aimaient à dire, pour lutter contre leur propre sentiment d’infériorité culturelle : « C’est un bon endroit pour élever des enfants. » Et elle avait toujours envie de leur répondre : « Mais est-ce un bon endroit pour élever des adultes ? »(p74)

où elle étouffe, où elle s’oublie et souffre d’être invisible dans le foyer, d’être passée à coté de sa vie,  de la mentalité ambiante, des regards et suspicions environnantes. Richard, la cinquantaine, lui a parcouru le monde, il s’est construit par ses voyages, ses regards, c’est un être d’une rare sensibilité sous un aspect sec, fermé et instinctivement Francesca discernera en lui ce qui lui manque tant :

Tu avais raison. C’est ce que tu sens, tu sens le voyage. Tu es dans cette fissure où l’illusion rencontre la réalité, là-bas sur la route et la route c’est toi (p130)

Il est le reflet d’une vie qu’elle avait espérée, il est son double, celui qui la comprend mais met également en évidence ce qu’elle cache au fond d’elle mais qu’elle n’a jamais pensé un jour révéler;

Tout les oppose : elle est mariée, vit en milieu rural,  elle est mère, lui est libre, parcourt le monde, elle est immobile dans sa vie, lui voyage, elle est fougueuse, il est silencieux mais par leurs regards, leurs gestes ils se sont trouvés, reconnus.

J’ai aimé les voir se humer, s’attirer, s’aimer, être déchirés entre amour et raison, entre passion et responsabilité, être fidèles au-delà du temps à ces quatre jours d’amour. Le livre fait encore plus ressentir que dans le film, le lien qui les unissait. Les enfants jouent un rôle beaucoup plus annexe que dans l’adaptation car finalement il n’y a que deux personnes tout au long de ce récit, c’est leur histoire et celle d’un amour total et sensuel.

L’auteur, après une brève introduction et deux chapitres de présentation des protagonistes, s’attache plus au ressenti de Francesca et c’est surtout à travers elle que nous vivrons ces quatre jours qui ont bouleversé à jamais leurs vies. 

J’ai aimé la juste transcription des divers sentiments qui habitent Francesca et leur évolution, ne remettant jamais en cause son mariage même si celui-ci n’a pas correspondu à ses attentes, aux promesses faites et Richard qui accepte ses décisions, sans jugement, respectueux de ses choix. L’auteur imprègne son récit de sensualité, d’odeurs, d’images, de chaleur. Si je n’avais pas déjà vu le film X fois je n’aurai qu’une envie le voir tellement l’écriture est concise, descriptive (mais cela ne m’empêchera pas de le revoir mais en ayant en tête le roman) se contentant de relater une histoire d’amour mais en y mettant profondeur et beauté.

Je garderai au fond de moi et pour longtemps les anniversaires de Francesca, les petits objets de sa vie de tous les jours qui sont restés ses « totems », qui lui ont permis de continuer, de tenir avant d’enfin pouvoir rejoindre, enfin, celui qui l’attend.

Je ne résiste pas à vous mettre la Bande annonce du film pour le plaisir :

Traduction de Anne Michel

Editions Le livre de poche – Août 1995 (Albin Michel 1993 – 1ère parution E.U. 1992) – 185 pages

Ciao

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