La chienne de Pilar Quintana

LA CHIENNE

« Comme elle ne savait pas où mettre la chienne, elle la posa sur sa poitrine. Elle se logeait parfaitement dans ses mains et sentait le lait. Une envie terrible de la serrer très fort et de pleurer s’empara d’elle. ».

Sur la côte pacifique colombienne, entre océan déchaîné et jungle menaçante, vivent Damaris et son mari pêcheur dans un cabanon de fortune. Elle est mélancolique, mais ce n’est pas dû à sa vie démunie : Damaris n’a jamais réussi à tomber enceinte et elle en souffre de plus en plus. Alors quand sur un coup de tête elle adopte un chiot, l’animal devient une source infinie d’amour qu’elle va choyer sans relâche dans leur univers si hostile. Mais un jour, la chienne disparaît, plongeant Damaris dans un immense désarroi.

Ma lecture

Damaris n’a jamais pu avoir d’enfant et arrivée à la quarantaine elle sent, elle sait qu’elle ne pourra en avoir, malgré les sorciers, malgré les chamanes, malgré les médecines, son ventre reste stérile et elle s’est résignée.

Lorsque elle croise une jeune chienne, le coup de foudre est immédiat et elle va s’occuper de Chirli comme une mère pour son enfant : la nourrir, l’éduquer avec l’aide bienveillante de son mari, Rogelio. Mais le lien qui la lie à l’animal va faire ressurgir en elle une blessure de l’enfance jamais cicatrisée.

Un petit roman à la manière d’une fable mais qui à mon goût manque de profondeur. L’auteure fait de Damaris une femme inconsolable de n’être point mère et qui reporte sur un chiot l’amour frustré, inassouvi. Pilar Quintana, dont c’est le premier roman traduit en français, nous livre un récit dans lequel l’écriture singulière, m’a laissée de marbre, que j’ai trouvé confuse et distante, même si la rudesse des paysages et la vie du couple, leur environnement et  la solitude de Damaris sont bien reproduits.

J’ai trouvé que l’amour maternel de Damaris assez étrange, superficiel et fluctuant. Toute nouvelle mère découvre les soins et l’éducation à apporter à Chirli, l’attachement qui se créée, s’installe, s’ancre mais elle reste froide, distante, sans réelle implication. Ses sentiments fluctuent, sont instables, passent de la proximité presque abusive à l’indifférence et je n’ai pas ressenti un attachement profond à l’animal.

Je me suis plus intéressée finalement plus à l’environnement du couple, à la perspicacité et la sagesse de Rogelio, à son dur travail de pêcheur, à cet observateur silencieux mais attentif et tolérant vis-à-vis de sa femme plus intéressants que le comportement de Damaris. J’ai trouvé à un certain moment que l’introduction de différents personnages était confuse et gênait à la compréhension du texte et à sa fluidité.

Je reste sur ma faim car je pense que le thème aurait mérité peut-être un peu plus de profondeur, de sentiments, car le besoin d’amour peut prendre beaucoup de formes et même parfois se reporter sur un animal mais je n’ai pas réussi à être touchée par cette femme dont on ne sait s’il s’agit de manque ou finalement d’instabilité psychologique.

Dépaysant par le cadre mais même l’évocation d’un drame passé n’a pas réussi à me sensibiliser ni à l’écriture ni aux émotions que ce roman aurait dû provoquer en moi.

Lu dans le cadre du Comité lecture des bibliothèques.

Traduction de Laurence Debril

Editions Calmann Levy – Août 2020 – 113 pages

Ciao

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