Peau d’homme de Hubert et Zanzim

9782344010648_1_75Sans contrefaçon, je suis un garçon !
Dans l’Italie de la Renaissance, Bianca, demoiselle de bonne famille, est en âge de se marier. Ses parents lui trouvent un fiancé à leur goût : Giovanni, un riche marchand, jeune et plaisant. Le mariage semble devoir se dérouler sous les meilleurs auspices même si Bianca ne peut cacher sa déception de devoir épouser un homme dont elle ignore tout. Mais c’était sans connaître le secret détenu et légué par les femmes de sa famille depuis des générations : une « peau d’homme » ! En la revêtant, Bianca devient Lorenzo et bénéficie de tous les attributs d’un jeune homme à la beauté stupéfiante. Elle peut désormais visiter incognito le monde des hommes et apprendre à connaître son fiancé dans son milieu naturel. Mais dans sa peau d’homme, Bianca s’affranchit des limites imposées aux femmes et découvre l’amour et la sexualité.La morale de la Renaissance agit alors en miroir de celle de notre siècle et pose plusieurs questions : pourquoi les femmes devraient-elles avoir une sexualité différente de celle des hommes ? Pourquoi leur plaisir et leur liberté devraient-ils faire l’objet de mépris et de coercition ? Comment enfin la morale peut-elle être l’instrument d’une domination à la fois sévère et inconsciente ?
À travers une fable enlevée et subtile comme une comédie de Billy Wilder, Hubert et Zanzim questionnent avec brio notre rapport au genre et à la sexualité… mais pas que. En mêlant ainsi la religion et le sexe, la morale et l’humour, la noblesse et le franc-parler, Peau d’homme nous invite tant à la libération des mœurs qu’à la quête folle et ardente de l’amour.

Ma lecture

Voilà un roman graphique que je ne pensais pas lire car je l’avais vu à ma bibliothèque mais après l’avoir feuilleté (car mon premier réflexe est de regarder si les illustrations me conviennent) je l’avais reposé car il ne m’inspirait pas malgré le sujet. Et puis une des bibliothécaires l’a présenté lors du dernier speed booking et je me suis dit qu’il n’y avait pas de hasard…..

Et quel agréable moment de lecture j’ai passé grâce à Bianca qui se transforme en Lorenzo grâce à une peau d’Ane….. euh d’Homme que lui confie une de ses tantes afin qu’elle puisse faire sa connaissance avant le mariage qu’on lui impose. Elle voulait découvrir son futur mari et bien elle va non seulement le faire mais également pouvoir s’exprimer, se révolter, affronter tout ce qu’elle ne peut faire en tant que femme dans l’Italie de la Renaissance. Tout y passe : religion, violence, homosexualité et mariage mais ce que j’ai particulièrement apprécié c’est le traitement fait de l’amour sous toutes ses formes et le message de tolérance qu’il délivre.

C’est à la fois un conte libertin, humoristique, dénonciateur, truculent, une sorte de bouffonnerie avec finalement un message même si ici la moralité on s’en moque un peu et d’une vivacité folle (dans une même illustration on peut suivre le parcours des personnages, voir ci-dessous). C’est vivant, grinçant parfois, il pourra peut-être heurter certains yeux par la crudité de certaines scènes mais moi je me suis follement amusée car j’ai trouvé l’idée de départ très originale (se glisser dans la peau d’un homme est tout de même plus amusant que de se glisser dans la peau d’un âne comme dans un autre conte) mais surtout je ne m’attendais pas du tout à un tel traitement du sujet et au final c’est loin d’être si léger.

Comment ne pas se réjouir de la complicité de Bianca et Giovanni, des turpitudes de Fra Angelo et surtout de retrouver bien des maux de notre époque (ou qui n’ont pas beaucoup évolués depuis la Renaissance et là c’est moins réjouissant). Un conte oui mais plutôt une fable possédant profondeur et justesse pour se glisser dans la peau de l’autre sexe, le comprendre sans juger le tout sur le ton de la farce mais avec des messages percutants.

Ne connaissant rien des auteurs, j’ai découvert qu’Hubert est décédé en Février 2020 et que Zanzim lui a dédié la mise en illustrations du scénario qu’il avait rédigé.

Quelques planches pour illustrer mon propos et vous inviter à le découvrir :

PEAU D'HOMME 2PEAU D'HOMME 1PEAU D'HOMME 3

Editions Glénat – Avril 2020 – 160 pages

Ciao

4 réflexions sur “Peau d’homme de Hubert et Zanzim

  1. Il va falloir que je me le procure, ça devrait bien me plaire !

    J’aime beaucoup Hubert et il a fait avec Kerascoët, « Beauté » et « Miss Pas-Touche », et avec Gatignol « Les Ogres-Dieux ». Tous vraiment excellent ! Je te les recommande fortement si tu ne les connais pas déjà.

    Bonne continuation !

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