Basse-cour et Il faut aimer les gens de Cécile Crassous

BASSE-COUR

Pensez-vous mériter l’amour des autres ?
Elle, assurément, non.
Mais elle va tout tenter pour y parvenir.
De stratagème en stratagème, elle cherche à susciter l’admiration et à retrouver l’estime d’elle-même.
Mais rien n’est moins simple dans un monde qui n’aime pas les perdants.
Suffit-il de vouloir pour pouvoir ?
Entre introspection caustique et dénonciation sociale, Cécile Crassous interroge avec humour le mythe de la femme moderne et de son apparente confiance en soi.

Ma lecture de Basse-Cour

Après le 26 de la rue des Beaumonts et Une vie sur le trottoir, je me suis arrêtée au 17 et cette fois-ci  chez Blanche. Elle n’a pas de chance Blanche, sa meilleure amie est un cygne et Blanche, elle, se voit comme un vilain petit canard, une petite poule sans intérêt. Traversant une zone de turbulences dans sa vie personnelle : estime de soi, mariage, rapport à son corps, Blanche va se révéler une poule pleine de philosophie et de sagesse.

A nouveau il s’agit de petites chroniques douces-amères sur des questions auxquelles nous nous confrontons un jour ou l’autre, traitées avec parfois une touche d’ironie dans une ambiance qui n’a pas été sans me faire penser à Bridget Jones et ses déboires. Une nouvelle fois j’ai passé un bon moment de lecture avec les déboires de cette femme, ses remarques pas toujours si anodines que cela, j’ai admiré sa patience parfois vis-à-vis de ce cygne qui daigne à peine se pencher sur elle, sa fine observation des attitudes mais aussi son obsession à vouloir ressembler à celles qui l’entourent.

Il s’en passe des choses dans la Rue des Beaumonts et peu à peu je découvre qu’ il y a dans ce quartier un concentré de nos vies et de nos réactions, avec petits et grands tourments, avec ce qu’il faut de justesse, de douceur et d’ironie pour  pour en faire un reflet de notre époque et de notre société.

Je te rassure Blanche, tu n’es ni un vilain petit canard, ni une poule blanche mais simplement une femme de ton temps avec les turpitudes et exigences de notre époque et qui ne doit  jamais se comparer aux autres car chacune est unique.

Editions First (disponible sur Amazon) – Juin 2020 – 162 pages

IL FAUT AIMER LES GENS

Aimez-vous vous faire insulter ?
Jean-Jacques, non.
Et pourtant il doit l’accepter, chaque jour, par nécessité professionnelle.
Jean-Jacques s’obstine et supporte, dans l’espoir de devenir un gagnant.
Qui sait si dans cette lutte quotidienne ne se cache pas l’inespéré ?
Jean-Jacques, en attrapant un coup de soleil, pourrait bien voir sa vie basculer.

Ma lecture de Il faut aimer les gens

Jean-Jacques, un employé contentieux dans une société de téléprospection, a une musique dans sa tête, une musique qui paraît ringarde aux oreilles de tous, mais c’est Sa petite musique, celle qui lui permet d’oublier son isolement et les moqueries de ses collègues.

Cécile Crassous dans ce troisième opus se penche sur le monde du travail, sur les relations pas toujours très cordiales et surtout sur le management d’une équipe de prospecteurs téléphoniques chez Cuisine Concept, sujet qui peut se révéler violent quant on connaît leurs  méthodes de travail,  mais elle le fait à travers un personnage un peu lunaire, qui prend toutes les consignes au pied de la lettre, sans animosité ni rancune. Jean-Jacques est un gentil dans un monde inadapté à ce genre de personnalité.

C’est  une mise en lumière d’un milieu professionnel où la compétition et l’inhumanité font lois avec douceur et ironie, donnant lieu à des scènes criantes de vérité par la personnalité contrastée de Jean-Jacques sans compter sur la présence de voisins qui ne peuvent s’empêcher de rajouter leur grain de sel.

C’est mon préféré des trois, je l’ai trouvé très vrai, très doux et très tendre malgré le contexte, Cécile Crassous à sa manière dénonce et évoque les travers de notre société mais sans cri, sans violence, simplement en les reportant sur des êtres pas toujours prêts à les endurer ou n’en ayant pas les capacités.

Elle créé un univers, une rue, une concentration des petites douleurs de la vie mais sans jamais sombrer dans la noirceur, juste à la limite avec ce qu’il faut d’analyse et de tendresse pour ses personnages et donne finalement quelques petites leçons de vie et de comportements qui peuvent tout changer.

Cela mérite un petit détour par la Rue des Beaumonts, une bouffée de sourires et d’oxygène dans notre monde de brutes…..

Editions First (disponible sur Amazon) – Juillet 2012 – 110 pages

Ciao

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