J’ai tout mon temps…. je vous attends de Damusza Bytniewski

J'AI TOUT MON TEMPS IG

Il ne s’agit pas d’une histoire. Pas de début ni de fin, que ce soit dans l’existence réelle ou dans celle imaginaire. Seuls des instants sur un fil invisible dont on ne connait ni l’origine ni la destination. Un même instant pouvant être à la fois présent et passé. Un lieu pouvant être à la fois ici et ailleurs.
Rien à expliquer, à démontrer. Il y a seulement à lire. L’auteure aime les livres qui n’ont pas de mode d’emploi, dont les clefs sont absentes pour ouvrir les portes. Et, souvent, il n’y a pas de porte. Elle aime maintenir l’énigme, ne cherchant pas la lumière des mots, mais leur ombre.

Ma lecture

Non il ne s’agit pas d’une histoire mais de plusieurs histoires et pourtant elles sont toutes reliées entre elles.

Une communication téléphonique qui s’éternise, une maison reçue en héritage dont on ne connaît ni les précédents occupants, ni  les secrets ni les recoins, un esprit qui vagabonde au gré des découvertes des lieux….. Cela vous semble confus et pourtant tout est en lien.

Un roman bâtit comme un millefeuilles, en strates, qui mélangent le réel, les pensées et l’imaginaire, le réel dans ce qu’il a de plus concret, avec une ligne téléphonique qui fonctionne mal, un opérateur patient et une femme qui laisse son esprit vagabonder au fil des marches d’un escalier, qui évoque ses souvenirs et secrets sur le bord du Mékong, qui découvre un cahier, le tout avec une écriture douce, presque fragile, tellement évocatrice des lieux et sentiments traversés.

Réalité et imaginaire se mêlent et il faut se laisser bercer, comme je l’ai fait, par l’écriture, pénétrer dans la maison et ressentir toutes ces sentiments qui nous traversent quand nous occupons un lieu qui a connu d’autres habitants, je suis entrée à pas feutrés dans l’univers de l’auteure, riche en références littéraires ou picturales

Les mots enferment, ne disent pas ce qu’on voudrait dire, dépendant d’interprétations aléatoires. Les mots se perdent dans le dérisoire, ce qui n’a plus aucune importance le lendemain et qui la veille faisait mal.  Un dessin se regarde, ne s’interprète pas. Il reste là, entier dans son secret. (p94)

Et puis une histoire en entraîne une autre, laissées au creux d’une malle, comme un héritage, et l’on passe de la Pologne à un rêve onirique provoqué par une chute, comme quoi l’imagination peut vous jouer bien des tours. Un cahier passeur d’histoires et qui montre que l’héritage n’est pas seulement concret mais peut être également imaginaire et d’ailleurs : réalité ou invention….. Le saura-t-on jamais ?

J’ai pris un réel plaisir à voyager dans l’univers de Danusza Bythniewski, utilisant habilement le présent pour y introduire l’imaginaire et c’est le genre de voyage où l’on a peut de mal à saisir ce qui nous a séduit, car les pages ont défilé, j’étais bien que ce soit dans une maison de Pologne où naquit l’auteur d’un cahier ou dans une salle d’un collège dans les flottements de Nareka.

Si vous aimez que l’on vous conte des histoires, si vous aimez une écriture douce, qui dévoile peu à peu ses messages mais qui garde également certains mystères, où c’est l’ambiance parfois qui prime sur les événements, ce petit roman vous fera passer un joli moment.

Une belle découverte……. J’ai aimé

Editions L’Harmattan – 120 pages – Novembre 2020

Ciao

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