Dehors la tempête de Clémentine Mélois

DEHORS LA TEMPETE IGVoici le livre le plus personnel de Clémentine Mélois. Tout part de la lecture.
« D’abord, j’ouvre le livre en grand et je colle mon nez au milieu des pages pour les respirer. » C’est pour mieux s’imprégner de ses auteurs préférés, Simenon, Perec, Tolkien, à partir de ce qui peut paraître le plus insignifiant chez eux : les détails.
Comment se fait-il que, entrant dans un Maigret, les phrases « – Bonjour Janvier. – Bonjour, patron » font que nous sommes déjà dans l’histoire, et la tiédeur d’un bureau chauffé au poêle du quai des Orfèvres ? Quel est le rapport entre la vie quotidienne des personnages (une certaine madeleine mangée dans A la recherche du temps perdu) et la nôtre (le cake marbré sous plastique de la station-service de notre enfance) ?
Par des allers-retours entre la vie des personnages et la sienne, Clémentine Mélois nous fait pénétrer au plus près de cette expérience à la fois personnelle et universelle, la lecture. Les souvenirs et les sensations des fictions deviennent les nôtres. Comme si, venus de notre petit monde, nous étions entrés dans un pays plus vaste et pourtant familier. Pendant que, dehors, soufflent les tempêtes, nous vivons dans les livres. Tendre et plein d’humour, Dehors, la tempête nous rappelle que la vie dans les livres est la plus savoureuse de toutes.

Ma lecture

Incipit :

Au commencement de chaque nouvelle lecture, il me faut un temps d’imprégnation. C’est comme de se baigner dans l’océan Atlantique : il paraît qu’il faut d’abord se mouiller la nuque. Les premières lignes y sont pour beaucoup. C’est une façon de prendre la température de l’eau du bout du pied ou parfois une vague entière en pleine figure (de cet océan qui monte, nous dit-on, à la vitesse d’une cheval au galop).(p11)

Cela commençait bien …. C’était tout moi et alors comment résister à la lecture d’un récit-témoignage d’une lectrice (écrivaine) qui évoque ses plaisirs au contact des livres mais également de ses lectures. Nous avons parfois l’impression d’être atteint(e)s d’une forme de trouble du comportement à l’approche d’un ouvrage, d’une librairie, des sentiments divers et variés qui nous traversent au fil des pages et cherchons à savoir de temps en temps si tout cela est grave, Docteur, si nous devons nous soigner ou si nous ne sommes pas seul(e)s à les avoir.

L’odeur du livre, les frénésies d’achats, les piles qui s’entassent et qui rassurent, le besoin d’avoir des réserves, les habitudes des endroits choisis pour lire tout cela Clémentine Mélois l’évoque dans ce petit « livre rouge ». C’est tout cela mais également bien d’autres choses car le sujet est l’occasion de disgressions nombreuses vers d’autres univers : l’écriture, les voyages en train, la musique (en incorporant bon nombre de paroles de chansons amenées par les pensées ….) etc…..

Ce que j’ai le plus aimé c’est tout ce qui est lié directement à la lecture, aux sensations ressenties, les voyages immobiles qu’elle procure, l’influence des références lues et retrouvées ensuite et qui parfois ressortent dans notre quotidien, le sentiment de découvrir des univers qui nous semblent tellement loin de nous et que l’on aurait jamais explorés ou visités.

Clémentine Mélois le fait avec ironie, fraîcheur, de façon malicieuse, laissant vagabonder son esprit autour du thème : voyages, références, ses auteurs fétiches qui m’étaient totalement inconnus pour certains n’hésitant pas parfois à régler certains comptes avec auteurs et personnages de romans et j’ai visité sous sa houlette sa chambre et ses piles de livres, son lieu à elle pour écrire et c’est finalement une sorte d’inventaire à la Georges Perec des tics, manies, réflexes de lectrice s’appuyant sur Maigret et ses sandwiches pour mener son enquête, nous offrant une foule de références littéraires qui vont s’ajouter à notre liste déjà longue. Alors là je ne sais pas si je lui dis Merci…. 

J’ai aimé parce qu’il parlait d’elle, auteure, mais également de moi, de vous, sur un ton léger mais pertinent et puis parce que cela fait du bien de lire que l’on est pas fada mais simplement des lect(rices)eurs passionné(e)s ayant le même trouble la lecturemania… Une petite parenthèse enchantée sur un univers qui peuple nos jours et parfois nos nuits pour notre plus grand bonheur.

Christelle  et Antigone en parlent également.

Editions Grasset – Mars 2020 – 240 pages

Ciao 📚

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