Confusion – La saga des Cazalet – Tome 3 de Elizabeth Jane Howard

CONFUSION IGMars 1942. La guerre suit son cours. Sybil vient de succomber au cancer qui la rongeait. Rupert n’a plus donné signe de vie. Le quotidien à Home Place est rythmé par le deuil, les restrictions de nourriture et de chauffage, l’attente de nouvelles à la radio. Polly et Clary ont dix-sept ans et s’installent à Londres pour y trouver du travail. Louise abandonne ses rêves d’actrice pour épouser Michael, officier dans la Marine, qui passe son temps en mer tandis que Louise donne naissance à Sebastien. Rachel, plus que jamais dévouée à ses parents, n’a plus de temps pour sa précieuse amie Sid : leur amour est voué à l’échec. Zoë s’éprend d’un officier américain. Maternité, mariage, amours contrariées et conflit où seuls les hommes partent combattre : dans ce volume qui se clôt sur la victoire finale en mai 1945 et la découverte des camps, l’émancipation toute progressive des femmes est drapée d’un voile tragique.

Ma lecture

On peut imaginer que l’on a du mal à reprendre le fil d’une saga après plusieurs mois et je suis surprise de constater qu’à chaque fois je n’ai aucune difficulté à retrouver les différents membres de la famille Cazalet et leurs aventures individuelles ce qui prouve que Elizabeth Jane Howard a su leur donner consistance et présence.

De 1942 à 1945, ils vont traverser ces trois années de guerre sous la menace des V2 qui sillonnent le ciel, avec la pénurie de ravitaillement qui affame les ventres mais que l’urgence de vivre va pousser chacun dans ses retranchements avec également des prises conscience essentiellement féminines. Dans ce troisième opus l’auteure donne la parole aux femmes, les épouses des fils Cazalet mais également leurs filles qui sont devenues des jeunes adultes découvrant la vie en plein chaos. L’une se marie et découvre que le mariage est loin de répondre à ses  attentes, d’autres trouvent en vivant à Londres un espace de liberté que rien ne leur laissait présager même si elles gardent un lien familial très fort que ce soit entre cousines et cousins mais également pour le domaine familial, Home Place, qui reste le point de ralliement même en ces temps difficiles. On les avait découvertes soumises dans leurs conditions et on les retrouve déterminées à écouter leurs aspirations..

La guerre génère bien des bouleversements mais également des rencontres que le conflit occasionne avec l’arrivée de soldats étrangers sur le sol anglais, les sentiments et les personnalités de chacune s’affinent voire se transforment et apparaissent parfois sous un nouveau jour sous le poids de la solitude, de l’absence ou de l’indifférence. La gente familiale masculine reste plus dans l’ombre, ancrée dans ce qu’elle croit être ses certitudes, ses habitudes, sa puissance au risque de ne plus reconnaître celles qu’ils ont épousées.

A chaque lecture je m’immerge dans le récit grâce à une écriture qui se veut riche en détails non seulement sur la vie de chacun, mais également sur l’évolution des pensées, des ressentis, espoirs ou désillusions, surprenant parfois le lecteur avec des situations auxquelles il ne s’attend pas, n’hésitant pas à aborder les thèmes de la maternité non désirée et de l’absence de sentiment maternel, du désir et du plaisir féminin, d’une certaine rupture des conventions avec en toile de fond les douleurs occasionnées par les mensonges, tromperies et surtout par le décès d’une mère ou l’absence d’un père. 

Il y a de l’amour, de la tendresse, de l’apprentissage, la guerre va également semer la confusion et  le chaos dans les cœurs et les esprits et nous laisser avec une fin qui nous laisse augurer une suite sous le vent de la liberté retrouvée mais avec une annonce qui risque d’apporter son lot de surprises mais il faudra attendre Mars 2022 et la parution de Nouveau départ pour le découvrir.

Elizabeth Jane Howard, sur déjà 8 années, nous offre une fresque où la palette de caractères, de tempéraments et de thèmes sont  parfaitement maîtrisés dans leur évolution, ne laissant aucun de ses personnages sur le côté, les faisant ressurgir après les avoir tenus à distance, n’en oubliant aucun lui permettant ainsi d’aborder des sujets comme l’homosexualité, l’amour avec des écarts d’âge, les relations intergénérationnelles au sein d’une famille à la fois ancrée dans ses certitudes mais qui sent ses bases s’effriter. 

J’ai beaucoup aimé parce qu’il y a tout le charme des ambiances que j’aime retrouver dans la littérature anglaise avec, sur fond de dynastie familiale, des personnages qui ne sont jamais totalement lisses et prévisibles, parce que les psychologies évoluent avec le temps et les événements. C’est peut-être l’opus le plus dynamique et le plus attachant que ce soit dans le déroulement des différentes intrigues mais également au niveau des changements qui s’opèrent dans les vies de chacun(e), annonciateurs d’une liberté désirée que ce soit celle de la fin de guerre mais également dans les esprits.

Traduction de Anouk Neuhoff

Editons Quai Voltaire (La Table Ronde) – Mars 2021 – 480 pages

Ciao 📚

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