Les enfants véritables de Thibault Bérard

LES ENFANTS VERITABLES IG 2Cléo est une jeune femme à l’image de son rire : solaire. Dès l’enfance, elle a appris à franchir d’un bond fougueux les obstacles que la vie, joueuse, lui présente. Pourtant, tout n’est pas que lumière dans son monde… Mais par-delà ses failles et ses blessures, elle avance. Lorsqu’elle croise le chemin de Théo, lui aussi accidenté de la vie, elle est bien décidée à lutter pour leur droit au bonheur. Théo est veuf ; il a deux enfants. Comment les choses pourraient-elles être simples ? Guidée par sa soif inextinguible de vie, Cléo engage son plus beau combat pour leur amour, cette aventure folle, et, surtout, pour ce lien véritable plus fort que tout – plus fort que celui du sang – entre elle et leurs enfants.

Ma lecture

Définition du mot véritable : qui est conforme à la réalité selon le Larousse…. Et la réalité d’une famille de quoi est-elle faite quand le deuil laisse une place vide, que deviennent les enfants, que devient la famille, de qui sont-ils les enfants ? Devient-on parent véritable? Est-ce un enfant véritable ?

J’ai découvert Thibault Bérard comme beaucoup d’entre vous avec son premier roman : Il est juste que les forts soient frappés qui a été un choc et un coup de cœur tant par l’histoire  mais surtout le style utilisé comme  par l’auteur pour nous raconter cette histoire inspirée de sa propre vie, de le faire avec un côté décalé dans l’écriture, à la fois chargée en émotions mais également en pirouettes de style pour faire peut-être un peu mieux passer le drame.

Je le retrouve ici avec une partie de ses protagonistes : Cléo dont Théo est tombé amoureux quelques temps avant la disparition de Sarah, sa femme et la mère de ses enfants : Simon et Camille et il nous embarque dans le monde d’après, quand chacun tente de se reconstruire, parfois avec un pas en avant et deux pas en arrière mais aussi quand  la « pièce rapportée » surtout cherche à trouver sa place, la plus difficile puisque celle de la disparue mais aussi son rôle. Il utilise plusieurs techniques pour se faire afin de nous démontrer qu’il y a plusieurs sortes d’absences, plusieurs manières d’être parents et plusieurs attitudes d’enfants narrant parallèlement l’enfance de Cléo, élevée par un père, Paul, auprès de deux autres enfants, non frère ou sœur de sang, mais frère et sœur de cœur, et une mère Diane, actrice plus souvent sur les routes que près d’eux, une autre forme d’absence.

L’alternance des époques, des réactions réparties dans trois parties sur trois sortes de rôles de maman : celle par accident, par adoption ou dans le désordre évoquent la manière dont chaque élément de la famille va chercher sa place, sa juste place, sans empiéter sur l’autre, sans effacer les absents.

Toujours difficile je pense un deuxième roman quand le premier a remporté un très grand succès, d’autant plus que Thibault Bérard a pris l’option de rester dans le même créneau, sur la même trajectoire d’histoire inspirée par sa vie, au risque de manquer d’originalité et de se cantonner sur un thème qui lui a réussi. Et bien, la boucle est bouclée et joliment bouclée et en refermant Les enfants véritables je ne suis pas sans penser que finalement c’était un bon choix de nous décrire l’autre versant du drame vécu, l’avant et l’après de la perte d’une épouse et d’une mère.

J’ai autant aimé suivre Cléo dans son passé (inventé) que la suivre sur le chemin qui l’a menée jusqu’à Théo que j’ai trouvé moins « lutin » ici mais gardant cette légèreté apparente face aux situations, j’ai trouvé que les différentes façons évoquées d’être parents, enfants, familles sont faites avec délicatesse, tendresse et j’ai particulièrement été touchée par César ce « frère » venu d’ailleurs, fragile mais différent et Paul, ce montagnard taiseux qui savait écouter et voir ce qui ne se dit ou ne se voit pas (ils mériteraient à eux deux un roman).

La charge émotionnelle est là même si elle n’est pas du même ordre que dans le précédent, mais c’est un roman doux et tendre sur l’amour, la vie, la famille et sur le chemin à parcourir pour chacun de ses éléments, comme un jeu de construction où chaque pierre est posée petit à petit, cui-cui comme pourrait l’écrire l’auteur…… Pas de pathos même si la vie n’est pas toujours un chemin semé de fleurs, mais un côté optimiste, rassurant qui laisse la place à l’amour et à l’espoir. Connaissant la patte de l’auteur et son univers je n’ai pas eu le coup de cœur comme pour son premier ouvrage, le récit est plus conventionnel dans sa structure et dans son élaboration.

J’ai beaucoup aimé car j’y ai retrouvé une famille à laquelle je m’étais attachée, l’arrivée de Cléo en fait presque une famille parfaite et maintenant j’attends le prochain qui m’emmènera j’espère, dans un autre univers de l’auteur.

Editions de l’Observatoire – Avril 2021 – 278 pages

Ciao 📚

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