Ce qu’il faut de nuit de Laurent Petitmangin

CE QU'IL FAUT DE NUTC’est l’histoire d’un père qui élève seul ses deux fils. Les années passent, et les enfants grandissent. Ils choisissent ce qui a de l’importance à leurs yeux, ceux qu’ils sont en train de devenir. Ils agissent comme des hommes. Et pourtant, ce ne sont encore que des gosses. C’est une histoire de famille et de convictions, de choix et de sentiments ébranlés, une plongée dans le cœur de trois hommes.

Je résume

Moselle – Un père, veuf, élève seul depuis la mort de sa femme deux fils : Fus et Gillou. Il travaille à la SNCF sur les caténaires des trains, partage la passion du foot avec ses deux garçons, tâte du syndicalisme et pense avoir tout fait pour le bonheur de sa famille et connaître parfaitement ses enfants. Jusqu’au jour où on lui rapporte que Fus traîne avec des fachos. Alors pour lui commence une remise en question de l’éducation de ceux qu’il pensait si bien connaître et quand la machine va s’emballer être confronté à une violence de la part de son « petit » à laquelle il n’était pas préparé.

Ma lecture

J’ai lu énormément de chroniques élogieuses lors de la parution de ce livre il y a un an et, influencée par celles-ci, j’ai acheté ce premier roman de Laurent Petitmangin mais il est resté sur mes étagères depuis….. Je le prenais et le reposais comme si je sentais soit que ce n’était pas le bon moment, soit que j’allais être déçue…. Et bien c’est la deuxième hypothèse qui est la bonne.

Je suis restée à distance des personnages et de l’histoire qui n’ont provoqué en moi aucune émotion, trouvant la trame et les éléments assez prévisibles, avec ce qu’il faut de pathos et de stéréotypes dans ce type de récit. Les ingrédients : un deuil, un père méritant et dévoué, une plongée dans le contexte régional avec le phrasé utilisé dans les familles ou entre collègues et voisins : » Le » Jacky, « La » » moman », des relents de l’ambiance de Leurs enfants après eux de Nicolas Mathieu (géographiquement similaire) mais également ses rituels (le foot, les voisins, le quotidien etc…). Une description d’un père mettant tout son cœur à élever ses enfants dignement, sacrifiant sa vie à leur bonheur et comment il se retrouve face à une situation à laquelle il ne pensait pas un jour être confrontée, n’ayant rien vu arriver des orientations de son fils et devant faire face à ce fils devenu un homme étranger à l’enfant qu’il a élevé. Voilà…..

Je n’ai pas véritablement de reproches à faire sinon que je l’ai lu sans m’y attacher, l’écriture se voulant au plus près du contexte et devant agaçant au fil des pages avec ses accents locaux, l’auteur explorant à la fois les sentiments d’un père non préparé à se retrouver seul à élever deux enfants, voulant combler l’absence et soigner la douleur en faisant tout ce qu’il faut pour que ses garçons aient une enfance « comme les autres » et qui cherche finalement où a été la faille (si faille il y a), car il ne voit, lui, qu’en Fus, l’enfant qu’il a élevé, offrant toujours avec lui le même visage, le même comportement. Il est son enfant et restera son enfant.

La pudeur de cette famille, de leurs sentiments jamais exprimés par des mots, cette distance entre eux ne m’a pas permis de ressentir une proximité avec les personnages, j’ai lu le déroulé des événements et ai senti la finalité bien avant qu’elle n’arrive. J’aurai aimé que l’auteur creuse un peu plus, qu’il donne peut-être plus la parole à Fus, que celui-ci s’exprime sur ses choix ou à Gillou, le fils parfait. Pas assez approfondi pour moi, trop superficiel et trop convenu.

Je n’en dirai guère plus mais une déception. J’ai vu qu’il avait obtenu le Prix Femina des lycéens en 2020 et je pense justement qu’il est peut-être plus destiné à des jeunes adultes qui pourront peut-être y trouver une source de réflexion sur les origines et le parcours de ceux que l’on retrouve dans ces groupuscules extrémistes.

J’ai aimé mais sans plus.

Editions La manufacture de livres – Août 2020 – 198 pages

Ciao 📚

9 réflexions sur “Ce qu’il faut de nuit de Laurent Petitmangin

  1. J’ai lu aussi ce livre et je partage votre avis.

    Certes, le père est un taiseux, un peu paumé, ne sachant pas trop comment s’y prendre avec ses 2 garçons, mais aucun argument n’est développé. C’est peut-être l’inconvénient des romans qui ne donne la parole qu’à une seule personne, en l’occurrence le père.
    Donc le lecteur ne saura rien du ressenti des enfants … Comme si le fait de dire que l’histoire se passe en Lorraine, que la culture populaire est le foot ou le collage des affiches, cela ne suffit pas à en faire un roman abouti.
    Peut-être dans un autre roman ?

    Aimé par 1 personne

  2. Hop, je le raye de ma liste d’envies. Tes mots me freinent et je t’en remercie. Je craignais justement que l’histoire soit un brin trop convenue. Dommage, aussi, pour la superficialité. Si les deux enfants avaient eu également la parole, eux aussi, le récit aurait assurément été bonifié. Au final, je préfère rester sur mon excellent souvenir de Leurs enfants après eux!

    Aimé par 1 personne

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