La fille qu’on appelle de Tanguy Viel

LA FILLE QU'ON APPELLE IG

Quand il n’est pas sur un ring à boxer, Max Le Corre est chauffeur pour le maire de la ville. Il est surtout le père de Laura qui, du haut de ses vingt ans, a décidé de revenir vivre avec lui. Alors Max se dit que ce serait une bonne idée si le maire pouvait l’aider à trouver un logement.

Je résume

Max Le Corre est un boxeur mais également le chauffeur du Maire de sa ville, en Bretagne. Quand sa fille, Laura, 20 ans revient vers lui, sans travail ni logement, il demande à son employeur si celui-ci ne pourrait pas l’aider. Monsieur le Maire a des relations, Monsieur le Maire sait que sa position lui permet d’obtenir ce qu’il désire. Et puis Laura est jolie, grâce à son physique elle a accepté de faire des photos, de s’exposer à la vue des autres, alors une main va se poser sur sa main…. Mais pas forcément pour l’aider….

Ma lecture

J’avais beaucoup aimé de Tanguy Viel Article 353 du Code Pénal avec sa confrontation entre un homme de pouvoir, déjà, mais un autre pouvoir, celui de la justice, et un homme pris dans les filets d’un escroc. Il semblerait que ce soit pour l’auteur sa zone de prédilection : révéler les « bassesses » humaines, les rapports de force, les luttes entre catégories sociales mais également les manières soit de rendre justice, soit de mettre sur le chemin de ses personnages des êtres faisant preuve d’humanité.

Ici il est question d’emprise, celle d’un homme qui n’exige rien vraiment en échange d’un service mais que tout, dans son attitude, dans sa façon d’agir le laisse penser, le suggère. Il s’agit d’une jeune femme qui a accepté, sans toujours le vouloir mais sans jamais le dénoncer, les propositions qui lui sont faites, prise entre sa condition, le fait que l’offre est faite par l’employeur de son père mais également son passé qui pour elle lui colle une étiquette…  L’auteur s’immisce dans le mental de Laura, pourquoi elle accepte, ses sentiments, ses réactions, ce que son attitude du passé peut laisser penser d’elles, ce que les autres peuvent en déduire. Il restitue parfaitement les liens que certains entretiennent ou possèdent grâce à leur position, leur carnet d’adresses, leurs intérêts avec d’autres, ceux-ci devenant leurs sous-fifres désignés.

Je n’ai pas eu le même plaisir de lecture que dans Article 353 car à plusieurs reprises il m’a fallu m’y reprendre à plusieurs fois pour suivre l’écriture et par la même occasion l’idée et/ou le fil du récit tant les phrases n’en finissaient pas. Cela ne peut ne pas me gêner quand il y a une certaine fluidité, une idée conductrice mais là, les changements d’orientation, les détails fournis etc… m’ont perdue à plusieurs reprises. Je l’ai trouvé assez prévisible sur le déroulé une fois les personnages installés et il n’y a pas eu la même humanité finale qui m’avait tant plu dans Article 353.

Que ce soit les personnages, le contexte, les réactions et attitudes de chacun, le rapport dominant/dominé tout y est finalement assez caricatural (malheureusement réel de notre société) et même si j’ai été jusqu’au bout, espérant qu’à un moment ou à un autre il y allait avoir la petite étincelle qui l’illuminerait, je garde le sentiment qu’il a utilisé beaucoup de clichés (beauté de la jeune fille, photos dénudés, casino louche, homme aux ambitions politiques etc….) pour faire cohérence au sujet. 

J’ai aimé.

Editions de Minuit – Septembre 2021 – 176 pages

Ciao 📚

7 réflexions sur “La fille qu’on appelle de Tanguy Viel

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