Olive Kitteridge de Elizabeth Strout

OLIVE KITTERIDGE IG
Professeur de mathématiques tyrannique, Olive est une femme parlant sans fard, qui peut être blessante, apable pourtant d’élans de bonté. Epouse de Henry, le pharmacien de Crosby, petite ville côtière du Maine, elle est la mère de Christopher, qui fuira à l’autre bout du pays pour échapper à son étouffante présence… Une femme peu aimable et paradoxalement attachante, humaine…Ce roman se compose de treize nouvelles liées par leur personnage principal : autant de chapitres où s’entremêlent sur une période de trente ans les destins de différents habitants de Crosby. Treize fragments d’existences. Treize portraits de vies oscillant entre calme et tragédie, rythmés par le changement des saisons et les caprices de l’océan. Le sens aigu de l’observation d’Elizabeth Strout s’attache à des thèmes tels le suicide, l’amour contrarié, la dépression, la vieillesse, la maladie ou le manque de communication entre des êtres pourtant proches, que l’auteur aborde avec un humour sensible et une vision d’espoir. Le lecteur court à travers ces histoires sous un déluge d’émotions.

Ma lecture

Grâce à Marie-Claude, blogueuse québécoise et son blog Hop sous la couette, dont j’aime le ton sans fard de ses ressentis mais également les paysages livresques où elle m’embarque  j’ai eu envie de faire la connaissance d’Olive Kitteridge qui réside à Crosby (Maine) où elle vit auprès de son mari, Henry, pharmacien et de son fils adoré Christopher. Elle a enseigné les mathématiques et ce n’est pas rien de dire qu’elle a un esprit « carré » sans fioritures, des pensées globalement négatives et un tempérament un rien insociable.

Est-ce un roman : oui et non. Sont-ce des nouvelles : oui et non. Vous voilà bien avancés me direz-vous ! J’ai été moi-même un peu surprise en commençant ma lecture et puis peu à peu je m’y suis fait.  Alors disons que ce sont des nouvelles qui forment un roman ou un roman qui se découpe en chroniques tournant autour des citoyens de Crosby où Olive apparaît à chaque fois soit pour mettre son grain de sel (assez salé et pimenté) soit qu’elle en est le personnage principal.

Mais il n’est pas question pour Elizabeth Strout de nous raconter la vie d’Olive, non pas du tout …. enfin si un peu tout de même car c’est finalement sur plusieurs dizaines d’années qu’elle nous emmène découvrir ses treize chroniques qui ne sont que prétextes à aborder différents thèmes, que ce soit les rapports parents-enfants, le  deuil, le handicap, des troubles du comportement, le départ des enfants, la séparation (veuvage ou divorce) l’attirance pour l’autre, la dépression, l’alcoolisme, le couple, le traumatisme d’une agression etc…. comme autant de faits qui constituent des vies mais également la manière dont chacun les aborde, les ressent, comment les autres les perçoivent sans compter qu’Olive, femme corpulente au verbe haut ne peut s’empêcher d’avoir un avis sur tout, tout le monde et pas toujours complaisant.

Ne croyez pas qu’il s’agit de chroniques légères car il y a bien plus de profondeur qu’il n’y paraît et je suis ressortie de plusieurs de ces chroniques avec une petite boule au creux de la gorge un frisson me parcourant,  car ce sont des tranches de vie qui ne peuvent, pour une raison ou une autre nous laisser indifférents. Il y a de la tendresse, de la rancœur, de la jalousie, de l’envie, de la compassion ou de l’incompréhension enfin beaucoup de sentiments qui nous habitent d’une façon ou d’une autre.

Oui Olive a du tempérament mais elle est finalement sympathique car sous la carapace se cache un petit cœur tendre, si-si,  un cœur de mère, de femme et même parfois d’amoureuse, certes au caractère bien particulier mais moi j’aime ces femmes un peu revêches, contradictoires, un mélange de sucré-salé ou de piment-miel qui me ravit. Et puis comme toute femme elle va être mise à face aux joies mais également aux épreuves que la vie peut réserver et fera preuve de courage pour s’accepter, telle qu’elle est.

Un petit regret, la construction en treize parties me laisse un petit goût d’insatisfaction car une fois ma lecture achevée et installée pour écrire ici mon ressenti je m’aperçois que je n’ai gardé qu’un sentiment global agréable mais que j’aurai peut-être préféré que certains des personnages (finalement assez nombreux et variés) laissent plus de marques en moi, la construction « hachée » et parfois sans lien apparent (mais si au final) et à diverses époques empêchant d’avoir une continuité et un attachement plus marqués en dehors du personnage d’Olive, de son mari et son fils.

(…)  les vies se soudent les unes aux autres comme des os, et que les fractures ne se réduisent pas toujours. (p157)

Une mini-série en a été adaptée en 2014 (je vous mets la bande annonce en VO) avec Frances Mc Dormand dans le rôle d’Olive, tout à faire le visage que l’on imagine mais pas le physique et cela rejoint le sentiment que j’avais pendant ma lecture que cela ferait une jolie adaptation au cinéma :

Si vous voulez savoir ce que Hop sous la couette en a pensé et ce qui m’a donné envie de faire sa connaissance il faut aller ICI mais D’autres vies que la mienne et  Krol ont également fait sa connaissance.

Un nouvel opus est sorti très récemment Olive, enfin qui est déjà dans ma liste d’envies et dont j’ai hâte de savoir ce qu’elle me réserve car avec Olive on peut s’attendre à tout avec sa verve, ses ambiguïtés, ses maladresses mais aussi la tendresse qu’elle garde bien cachée mais moi je l’ai découverte et ressentie.

J’ai beaucoup aimé.

Prix Pulitzer 2009

Traduction de Pierre Brévignon

Editions Le livre de Poche (1ère parution aux E.U. 2008) – Mars 2012 – 403 pages

Ciao 📚

20 réflexions sur “Olive Kitteridge de Elizabeth Strout

  1. Tu en parles très justement d’Olive … Tellement bien que déjà que j’avais envie de lire la suite, tu me motives encore plus. Et oui, ces tranches de vies à priori banales, laissent entrevoir des douleurs secrètes très touchantes. C’est rudement bien creusé.

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  2. J’arrive tard… Je suis submergée par mon nouveau poste et un sinus récalcitrant. Bienvenue dans le groupe des fan d’Olive! Tu fais ma journée! Merci pour beaux compliments. Je suis ravie de ton enthousiasme. Comme toi, j’ai le même regret. J’aurais aimé tournicoté encore autour de plusieurs personnages. La forme désarçonne au début. Puis, on prend le rythme. La suite présente une Olive encore plus humaine, mais tout autant savoureuse et allumée. Elle se fait de plus en plus vieille… C’était un deuil de la laisser. Certaines histoires m’ont très étonnée venant de l’auteure. Elle est allée chercher loin!

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    • Oui étrange lecture au début puis une fois dedans j’ai aimé et ce genre de caractère à multiples facettes 🥰 le deuxième opus est dans ma liste d’envies et rejoindra mes étagères un jour prochain. Bon courage pour le job et gare aux sinus récalcitrants…. Belle semaine à toi 😉

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  3. J’ai tout de suite adoré « Olive Kitteridge ». Je l’ai bien retrouvée dans la mini serie. Frances Mac Dorman est formidable dans le rôle d’Olive. J’ai aussi lu « Je m’appelle Lucy Barton » et « Olive, encore » Je suis une vrai fan d’Elizabeth Strout

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    • Merci pour ce commentaire enthousiaste et il faut avouer que malgré une première impression assez froide du personnage au fil des pages je me ne suis attachée à elle et surtout aux thèmes évoqués. J’espère un jour avoir l’occasion de voir la série; Bienvenue ici et à bientôt 🙂

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