Encabanée de Gabrielle Filteau-Chiba


ENCABANEE IGAnouk a quitté son appartement confortable de Montréal pour un refuge forestier délabré au Kamouraska. Encabanée loin de tout dans le plus rude des hivers, elle livre son récit sous forme de carnet de bord, avec en prime listes et dessins. Cherchant à apprivoiser son mode de vie frugal et à chasser sa peur, elle couche sur papier la métamorphose qui s’opère en elle : la peur du noir et des coyotes fait place à l’émerveillement ; le dégoût du système, à l’espoir ; les difficultés du quotidien, au perfectionnement des techniques de déneigement, de chauffage du poêle, de cohabitation avec les bêtes qui règnent dans la forêt boréale?
« Encabanée » est un voyage au creux des bois et de soi. Une quête de sens loin de la civilisation. Un retour aux sources. Le pèlerinage nécessaire pour revisiter ses racines québécoises, avec la rigueur des premiers campements de la colonie et une bibliothèque de poètes pour ne pas perdre le nord. Mais faut-il aller jusqu’à habiter le territoire pour mieux le défendre ?

Ma lecture

Je n’ai pas besoin de montre, d’assurances, d’hormones synthétiques, de colorant à cheveux, de piscine hors terre, de téléphone cellulaire plus intelligent que moi, d’un GPS pour guider mes pas, de sacoche griffée, de vêtements neufs, d’avortements cliniques, de cacher-cernes, d’antisudorifiques bourrés d’aluminium, d’un faut diamant collé sur une de mes canines, ni d’amies qui me jalousent. De toutes ces choses qui forment le mirage d’un vie réussie. Consommer pour combler un vide tellement profond qu’il donne le vertige. S’accrocher à des bouées de masse. Se peindre des masques de clown triste. (p30)

Une femme, l’autrice, décide un 2 Janvier de quitter Montréal  et son appartement confortable pour une cabane très rustique dans la région du Kamouraska où les températures peuvent descendre jusqu’à -40°. Pourquoi me direz-vous ? Et bien par un ras-le-bol de la vie, de la société, d’hyper-connectivité, pour revenir à des vraies valeurs, découvrir des paysages entrevus dans un ouvrage de Anne Hévert, Kamouraska, retrouver les gestes essentiels à la survivance en milieu hostile.

Elle nous livre à la fois son journal de bord mais également ses listes de réflexions sur 8 jours, 8 premiers jours de vie à la rude, dans le froid, dans la neige, dans la solitude et dans les premières expériences de ses limites, ses blessures (la hache pour couper le bois) et je vous avouerai que c’est le genre de récit qui m’attire par son sujet, son environnement et une autrice que ma bibliothécaire avait évoqué à travers son deuxième roman, Sauvagines, deuxième opus d’un triptyque dont Encabanée est en quelque sorte le court, très court prologue.

Et là a été ma déconvenue….. Trop court, trop superficiel, trop léger pour moi qui est lu Walden de Thoreau ou Indian Creek de Pete Fromm et même Une immense sensation de calme de Laurine Roux. Je vous l’ai dit ce thème m’intéresse et me passionne parce qu’il plonge l’humain au plus près de lui-même. Certes cela se lit bien, vite, très vite, c’est agrémenté d’illustrations, d’expressions québécoises imagées (il y a un lexique en fin d’ouvrage) dont on subodore malgré tout assez facilement le sens pour certaines mais cela ne m’a pas suffit.

J’ai souri à certaines de ses mésaventures, j’ai trouvé une rencontre assez improbable ou étrange (mais pourquoi pas), je n’ai pas eu le temps d’avoir envie de l’abandonner qu’il était déjà fini et sans pour autant me satisfaire.

Alors moi aussi je vais faire court : c’est assez basique, sans profondeur, cela se veut un peu contestataire face à notre société de consommation, oui, donneur de bonnes intentions pour changer de vie, oui  mais il m’aurait fallu non pas une mise en bouche mais un peu plus de consistance. J’ai eu le sentiment que c’était une lecture « apéritive », pour susciter l’envie de poursuivre ou pas. Cela flirte avec l’air du temps sur le besoin de nature, d’espaces et du coup je ne sais même pas si de prime abord j’ai envie de lire Sauvagines mais comme il est présent à la bibliothèque, peut-être quoique. A y réfléchir cela aurait presque pu être finalement le prologue du roman qui suit, la présentation de l’autrice et le pourquoi de son choix mais en faire un ouvrage à lui seul…. non vraiment et je trouve le procédé un peu trop commercial. La demoiselle veut vivre de sa plume, pour l’instant elle ne m’a pas convaincue…..

Bof-bof.

Editions Folio – Décembre 2021 – 117 pages

Ciao 📚

10 réflexions sur “Encabanée de Gabrielle Filteau-Chiba

  1. Ton avis ne me surprend pas, quand je vois qu’un livre fait 117 pages je demande à voir. Il faut avoir un sacré talent pour une courte lecture uppercut. Je comptais le lire mais je ferai plutôt l’impasse. Merci de ton avis sincère, comme d’habitude 🙂

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  2. sans moi ! je suis une fille sur Youtube qui s’est installée seule dans une cabane mais avec électricité et eau (encore heureux quand on voit les températures hivernales) et franchement, elle a fait un sacré boulot. Elle se blesse, recommence, apprend (en posant l’isolant à l’envers) mais du coup c’est « parlant » car réel et pas de discours commercial venant de sa part et ça j’apprécie

    Aimé par 1 personne

  3. Je suis tout à fait d’accord avec ton avis : je l’ai fini en me demandant si cela valait la peine de publier ça comme ça… j’ai senti la déception venir dès le début, quasiment. Mais bon, d’autres ont beaucoup aimé ! 😉

    Aimé par 1 personne

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