Frankenstein ou le Prométhée moderne de Mary Shelley

JUIN CEST DANS LART

Le thème de l’art ne m’a pas beaucoup inspiré et comme j’aime souvent prendre des chemins parallèles, des détours ou interpréter « à ma manière » un thème j’ai opté pour l’art à travers la création d’un être vivant et faire la connaissance, enfin, de Frankenstein ou le Prométhée moderne de Mary Shelley. Sera-t-il accepté par les organisatrices ????

FRANKESTEIN IGRésumé : Victor Frankenstein, scientifique genevois, est recueilli sur la banquise par un équipage faisant route vers le Pôle Nord. Très tourmenté, il livre son histoire au capitaine du bateau : quelque temps auparavant, il est parvenu à donner la vie à une créature surhumaine. Mais celle-ci sème bientôt la terreur autour d’elle…
En expédition vers le pôle Nord, Robert Walton adresse à sa sœur des lettres où il évoque l’étrange spectacle dont il vient d’être le témoin depuis son bateau : la découverte, sur un iceberg, d’un homme en perdition dans son traîneau. Invité à monter à bord, Victor Frankenstein raconte qu’il n’est venu s’aventurer ici que pour rattraper quelqu’un – qui n’est autre que la créature monstrueuse qu’il créa naguère, et qui s’est montrée redoutablement criminelle.

Ma lecture

De Frankenstein je ne connaissais que le titre et les très grandes lignes de l’histoire. Un homme érudit,  passionné de sciences, Victor Frankenstein (et oui Frankenstein n’est pas le nom de la créature mais celui de son créateur…. Mais cela je le savais 🙂 ) se prend pour Dieu et crée un être à qui il donne la vie…. Mais, tout comme l’homme pour Dieu, son œuvre n’est pas parfaite, loin de là et horrifié par le colosse au visage monstrueux qu’il a créé, il l’abandonne et s’enfuit. Le monstre tente de nouer des liens avec ceux qu’il croise mais à sa vue tout le monde prend peur et le rejette. Se prenant d’affection pour une famille vivant isolée, il leur vient anonymement en aide mais finira également par être honni mais découvrira que l’amour existe. De rage devant tant d’incompréhension et d’injustice, il se retournera contre son créateur, Victor Frankenstein (on s’en prend toujours à ses parents quand quelque chose ne va pas…), lui demandera de lui donner une femme telle Eve, avec qui il pourra vivre heureux, loin du monde et des hommes. La promesse que lui fera Victor dans un premier temps et qui ne sera pas tenue aura des conséquences sur ses proches et finira par une course poursuite jusqu’aux territoires glaciaires.

Très grosse surprise pour moi ! J’ai découvert un roman à plusieurs tonalités : dans un premier temps un roman épistolaire entre Robert Walton et sa sœur, celui-ci lui narrant sa rencontre avec Victor Frankenstein qu’il recueille à bord de son voilier (l’action se situe en 17..) celui-ci devenant ensuite le narrateur pour conter les raisons pour lesquelles il a été retrouvé errant sur la banquise à la poursuite de celui qu’il a mis au monde et qui est la source de tous ses tourments.

A la suite d’un assassinat, le roman prend la tournure d’une enquête : qui a tué le frère de Victor, Justine (une servante), accusée du meurtre sera jugée et exécutée, mais n’est-elle pas la première victime collatérale de son œuvre créatrice ? Puis s’en suit un voyage de plusieurs années à travers pays et mers où les morts se succèdent, châtiments d’un fils envers son père pour de multiples raisons et pour finir par un retour aux lettres de Robert Walton à sa sœur pour l’épilogue.

Publié en 1818, Mary Shelley n’a que 21 ans (1797-1851), ce roman écrit lors d’un séjour en Suisse où elle séjourneMARY SHELLEY PORTRAIT avec celui qu’elle épousera plus tard, Percy Shelley, et Lord Byron (poète) et son épouse Mary ainsi qu’un médecin nommé Polidori. Pour occuper les journées (la météo étant peu clémente) ils décident de se raconter des histoires terrifiantes. Mary Shelley en fera un cauchemar dont elle s’inspirera pour créer Frankenstein .

Je ne peux pas dire que j’ai été terrifiée par le récit (ni par le monstre) mais je suis passée par plusieurs états : dans un premier temps j’ai trouvé très présomptueux et lâche ce Victor Frankenstein qui se pense capable, tel le Créateur, de « mettre au monde » un homme pour ensuite l’abandonner à son sort, incapable qu’il est d’assumer son échec (quel pleutre inconscient et immature) malgré ses « connaissances scientifiques » et de livrer à lui-même une créature, tel un nouveau-né, au monde. J’ai été ensuite attendrie par ce Monstre, par sa volonté à aider, à apprendre le langage, les mots, à s’instruire, à éprouver des sentiments et se rapprocher des autres. Certes sa vengeance sera terrible, il sera sans pitié jusqu’à unMARY SHELLEY dénouement digne des grandes tragédies.

Depuis ma lecture et en y repensant je trouve qu’il soulève également bon nombre de thèmes et peut-être même être le symbole universel de la responsabilité de ce que l’homme crées ans toutefois en mesurer toutes les conséquences (bombe atomique par exemple). Un roman gothique qui aborde donc bien des réflexions sur la création, la responsabilité des actes mais également, les apparences (le Monstre n’est jugé que sur son apparence), la vengeance, les remords.

Quelle imagination pour une si jeune fille dont je connaissais l’histoire (j’avais vu il y a quelques temps un très joli film Mary Shelley de Haifaa Al Mansour retraçant la génèse de ce roman) et dont l’enfance mais également sa vie a été imprégnée de deuils (mère, enfant, époux).

Je ne pensais pas trouver une écriture aussi fluide et moderne, une construction aussi variée, une réflexion aussi intéressante (et énigmatique) sur le devenir de l’homme, en tant qu’être humain, qu’il ne serait, dans sa forme négative, que le résultat d’avoir été renié par le Créateur et chassé du Paradis (Eve étant, bien entendu, la source de tous ses malheurs….. bon je me calme), devenu capable du mal mais pas de son fait mais par son rejet par son géniteur et les humains. Un roman qui se veut une référence gothique mais que je trouve également très philosophique….

Finalement j’ai eu beaucoup de compassion et de compréhension pour la Créature et compris son désarroi face à un monde qui l’exclut, le rejette alors qu’il ne souhaitait que vivre heureux, amoureux, loin du monde et de ses turpitudes. Et en plus j’aime beaucoup la couverture…..

Lecture dans le cadre du challenge Les classiques c’est fantastique (3ème saison) orchestré par Moka Milla et Fanny

LES CLASSIQUES C'EST FANTASTIQUE S3

Traduction de Eugène Rocartel et Georges Cuvelier

Editions Pocket classiques – Août 2019 – 312 pages

Ciao 📚

15 réflexions sur “Frankenstein ou le Prométhée moderne de Mary Shelley

  1. Je me retrouve tout à fait dans l’enthousiasme de ta chronique. Je l’avais lu un peu par hasard quand j’étais ado, j’avais quelques idées préconçues, et ça avait été une excellente surprise, je l’avais trouvé vraiment génial. Ça fait un moment que j’aimerais prendre le temps de le relire à présent !

    Aimé par 1 personne

  2. Création = Art 😉
    J’ai les deux versions (en numérique), je veux dire le roman date de 1818 mais il y a la traduction française de 1821 et celle de 1922, je pense qu’à 100 ans d’écart le texte doit être traduit différemment donc il faudra que je prenne mon courage à deux mains pour lire les deux versions 😉

    Aimé par 1 personne

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.