Un endroit où se cacher de Joyce Carol Oates

UN ENDROIT OU SE CACHER

 

Avant, j’étais une fille normale, j’avais une vie normale. Après, il y a eu l’accident. En me réveillant, j’ai tout vu en bleu. J’étais dans le coton. Un monde douillet et bleu. Mais maintenant, le bleu s’efface, le douillet s’envole. Et je suis seule à nouveau. En colère. Contre moi. Contre l’univers tout entier. Je cherche un endroit où me cacher.

 

Ma lecture

Je n’avais encore jamais découvert la « plume jeunesse » de Joyce Carol Oates, auteure très prolifique, dont le dernier roman Un livre des martyrs américains m’a beaucoup plu en début d’année sans compter Les chutes ou Nous étions les Mulvaney et Paysage perdu, une biographie sur son enfance. Celui-ci je l’ai acheté dans un désherbage de bibliothèque sans savoir qu’il était destiné à de jeunes adultes.

Dans Un endroit où se cacher, l’auteure se glisse dans la peau de Jenna, 15 ans qui, dans les premières pages est victime d’un accident de voiture avec sa mère. Elle flotte, inconsciente du drame et ne garde qu’un souvenir diffus des circonstances, se trouvant sous l’effet de calmants puissants grâce auxquels elle se voit voyager dans un ciel bleu envahit d’oies sauvages. Elle plane….. Le réveil sera difficile, elle devra se rééduquer à sa vie de l’après, sans sa mère, loin d’un père qui a refait sa vie ailleurs et avec lequel elle refuse tout lien, chez sa tante Caroline dans une ville qu’elle ne connaît pas, dans un autre lycée avec d’autres jeunes…..

Jenna se cache, se tait, ne dit rien mais voudrait rester dans ce monde bleu, où  tout est simple et beau, où elle oublie les circonstances de l’accident, sa responsabilité dans celui-ci. Elle veut le retrouver ce paysage et va utiliser les moyens de le faire, de manière artificielle voire dangereuse. Mais elle va faire la connaissance d’un ange, Gabriel (Crow pour les intimes), plus âgé, un biker qui va la prendre sous son aile et se révéler un excellent thérapeute.

Roman d’apprentissage, de découverte de l’amour mais aussi roman sur la culpabilité et le deuil. 

Joyce Carol Oates y va frontalement  (comme souvent) et n’évite aucune piste ni moyen pour Jenna qui va utiliser tout ce qui s’offre à elle pour ne pas se confronter à la réalité : médicaments, drogue, vol, amitié dangereuse. Toujours border-line Mrs JCO….

J’ai trouvé le récit assez convenu et prévisible. La première partie, retraçant l’accident, le coma de Jenna, sa rééducation, le silence autour du décès de sa mère jamais annoncé véritablement mais suggéré, restituait bien ce qui peut se dérouler dans l’esprit de l’adolescente. Mais ensuite la plongée dans les abus, la rencontre de Crow et son attirance vers celui qui deviendra son sauveur, j’ai trouvé cela sans originalité pour moi adulte mais peut plaire à de jeunes adolescents.

Je n’en dirai guère plus si ce n’est que cela se lit bien, la détresse de Jenna est bien rendue mais c’est très stéréotypé dans le genre, dans les processus utilisés pour sortir de l’enfermement dans lequel vit Jenna depuis l’accident et donc très prévisible quant à son issue, même si un rebondissement final clos l’histoire.

Au final : bof bof (en tant qu’adulte) mais pour de jeunes adolescents pourquoi pas…..

Traduction de Dorothée Zumstein

Editions Albin Michel – Février 2010 – 300 pages

Ciao

J’adore ce passage de Tillie Walden

J'ADORE CE PASSAGERésumé

Elizabeth et Rae semblent tout partager : leurs balades en montagne, leur goût pour la musique, leurs rires et leurs doutes. Au fil de leurs échanges, elles se découvrent, se racontent l’une l’autre, s’aiment, se débattent avec l’intensité de leurs sentiments. Tillie Walden, prodige de la bande dessinée américaine, saisit ici la vérité d’un amour adolescent.

Ma lecture

Voilà une BD que j’ai prise pour sa couverture et l’univers qu’elle laissait présager…. Deux enfants, deux jeunes filles, sont inséparables, elles partagent tout, les devoirs, leurs états d’âme, la musique. Leur amitié prend toute la place d’ailleurs leurs personnages occupent toute la place dans les illustrations. Mais est-ce de l’amitié ou bien plus que cela ?

C’est avec trois couleurs, noir, blanc, parme, que l’auteure évoque l’éveil à l’amour pour ces deux enfants, Elisabeth et Rae, avec pudeur, comme ce que ressentent les deux personnages.  Cela se passe presque de dialogues, tellement leur complicité amoureuse tient toute la place. Quelques phrases, quelques textos mais les illustrations parlent d’elles-mêmes, tout en pudeur et en non-dits.

C’est une façon douce et personnelle de parler de l’homosexualité, de l’attirance amoureuse entre deux adolescentes mais je n’ai pas été touchée par cette lecture (et pourtant je l’ai lu deux fois). Peut-être trop simpliste, trop visuelle pour moi, mais il a été un coup de cœur pour ma bibliothécaire donc il aura son public. Peut-être pour un public jeune adulte ou adolescents.

J'ADORE CE PASSAGE 1

Traduction de Alice Marchand

Editions Gallimard bande dessinée – Mai 2019 –

Ciao