Mémoires d’Hadrien de Marguerite Yourcenar

MARGUERITE VS MARGUERITE MOKA

Ce mois-ci le challenge des Classiques c’est fantastique Saison 2 a pour thème Marguerite vs Marguerite, Yourcenar vs Duras. Ayant déjà tâté de la plume de Marguerite Duras avec Un barrage contre le Pacifique (mon préféré) et l’Amant (chroniques très courtes à l’époque car disposant de peu de temps et avant que le blog ne soit créé) dont j’avais également lu l’adaptation en roman graphique, j’ai préféré me diriger vers Marguerite Yourcenar et les Mémoires d’Hadrien dont j’entendais régulièrement parler mais souvent comme un ouvrage philosophique.

Quatrième de couverture

MARGUERITE YOURCENAR

MEMOIRES D'HADRIEN IG
Cette œuvre publiée en 1951, que l’on pourrait qualifié à la fois de roman, histoire, poésie, réflexion philosophique a été saluée par la critique française et mondiale comme un événement littéraire. En imaginant les Mémoires d’un grand empereur romain, l’auteur (rice) a voulu « refaire du dedans ce que les archéologues du XIXème siècle ont fait du dehors ». Jugeant sans complaisance sa vie d’homme et son œuvre politique, Hadrien n’ignore pas que Rome, malgré sa grandeur, finira un jour par périr, mais son réalisme romain et son humanisme hérité des Grecs lui font sentir l’importance de penser et de servir jusqu’au bout. « Je me sentais responsable de la beauté du monde », dit ce héros dont les problèmes sont ceux de l’homme de tous les temps : le dangers mortels qui du dedans et du dehors confrontent les civilisations, la quête d’un accord harmonieux entre le bonheur et la « discipline auguste », entre l’intelligence et la volonté.

Ma lecture

Les Mémoires d’Hadrien est une longue lettre testamentaire d’Hadrien (76-138) empereur romain à Marc Aurèle qu’il a désigné comme héritier. Il est au soir de sa vie et relate ce que fut son parcours que ce soit au niveau de sa jeunesse et de son arrivée au pouvoir, Trajan l’ayant désigné comme devant lui succéder, de la manière dont il gouverna, aima, guerroya puis, sentant ses forces l’abandonner, envisage la manière dont sa vie va prendre fin.

Divisé en six parties aux titres en latin (traduction Google) : Animula vagula blandula (douce petite âme voyageant) – Varius, multiplex, multiformis (varié, multiples, multiforme) – Tellus stabilita (la terre est stabilisée) – Sæculum aureum (âge d’or) – Disciplina augusta (discipline auguste) – Patienta (patience), comme les six principales étapes de son existence, le récit, est une longue, très longue narration qu’il m’a fallu parfois mettre de côté car n’étant pas très férue d’histoire antique, ni de politique et encore moins de conquêtes, j’ai parfois décroché ou été lassée par ce long monologue.

Je ne dirai pas qu’il est inintéressant, bien au contraire, car il est indéniablement le fruit d’un long travail

HADRIEN

de documentation mais également d’imagination de Marguerite Yourcenar pour se glisser dans les pensées d’un homme du temps passé, d’un empereur, d’un homme de pouvoir, de s’imaginer ce qu’il aurait écrit sur sa vie et de ce qu’il veut laisser comme témoignage à son héritier pour qu’il en tire d’éventuels enseignements sans omettre de reconnaître à l’autrice une plume remarquable d’érudition et de beauté.

Hadrien n’est pas dépourvu de fierté quand il nous expose comment il est arrivé au pouvoir, sa complicité avec l’épouse de Trajan, Plotine, son mariage sans amour et sans enfant, sa philosophie de vie, son amour pour Antinoüs, jeune homme qui perdra la vie à 20 ans et dont il ne se remettra jamais totalement, la manière dont il a unifié et pacifié son empire et comment il craint à la fois la déchéance de son corps mais également la mort.

Beaucoup des sujets abordés trouvent encore une résonnance soit avec notre monde actuel qu’il soit politique, sociétal ou philosophique mais je fais amende honorable en disant que je n’ai été intéressée que par intermittence. En effet tout ce qui touchait les luttes de pouvoir, de guerres ou de conquêtes ont été loin de me passionner. Moi qui ne suis pas intéressée par les histoires d’amour, j’ai pourtant trouvé la partie concernant l’amour d’Hadrien pour Antinoüs touchante, émouvante, comme les rivalités au sommet pouvant mener jusqu’au suicide etc…. tout ce qui touchait finalement à l’histoire (sujet que j’ai toujours aimé) beaucoup plus que ses pensées existentielles, philosophiques. Je pense que cela est dû à l’écriture pas totalement accessible non pas dans sa lecture mais plus dans sa compréhension et cela sur la longueur ainsi que le choix de la construction sous forme de monologue.

Je suis malgré tout heureuse d’avoir fait sa connaissance mais je ne suis pas sûre d’avoir envie de la découvrir plus avant comme je n’ai pour l’instant eu plus envie de continuer à lire l’autre Marguerite, Duras sans en connaître les raisons, des femmes de lettres comme on les imagine, bien plus que des romancières, des femmes écrivaines qui vont au-delà des mots, qui glissent dans leurs ouvrages des réflexions à l’usage des êtres mais qui demandent connaissances, attention, patience pour en comprendre et apprécier toute les subtilités.

J’ai aimé mais sans plus.

La condition des femmes est déterminée par d’étranges coutumes : elles sont à la fois assujetties et protégées, faibles et puissantes, trop méprisées et trop respectées. Dans ce chaos d’usages contradictoires, le fait de société se superpose au fait de nature : encore n’est-il pas facile de les distinguer l’un de l’autre. Cet état de choses si confus est partout plus stable qu’il ne paraît l’être : dans l’ensemble, les femmes se veulent telles qu’elles sont ; elles résistent au changement ou l’utilisent à leurs seules et mêmes fins. (p130)

En rangeant le livre dans ma bibliothèque j’ai retrouvé Les pensées de Marc Aurèle (et oui j’ai eu une période très philosophique) que j’avais commencé à lire et ai retrouvé d’ailleurs des passages surlignés et en les survolant je pense que pour moi c’est le genre de lecture qu’il me faut grappiller et non peut-être lire dans la continuité.

Lecture dans le cadre du challenge Les classiques c’est fantastique orchestré par Moka Milla et Fanny

LES CLASSIQUES C'EST FANTASTIQUE 2

Editions Folio – Octobre 1981 – 316 pages

Ciao 📚

L.-F. Céline – Les années noires de Christophe Malavoy – Illustrations de José Correa

LF CELINE LES ANNEES NOIRESEn 1945, Louis-Ferdinand Céline laisse derrière lui ses manuscrits et toute une vie pour fuir jusqu’au Danemark, où il trouve refuge, loin de la France qui réclame sa peau et le tête du docteur Destouches. Mais son sursis ne sera que de courte durée…Rattrapé par le gouvernent français qui réclame son extradition et son jugement immédiat, Céline est incarcéré pendant plus d’un an à Copenhague, avant d’être assigné à résidence à Korsør, sur les bords de la Baltique, dans le froid polaire danois.

Ma lecture

Comme je vous l’avais annoncé dans la chronique concernant la lecture de Mort à Crédit le cas de Louis-Ferdinand Céline m’intéresse et j’ai trouvé intéressant de le découvrir dans ce très bel ouvrage illustré dans lequel Christophe Malavoy prend l’esprit et la plume de Céline pour raconter ses années noires (pour lui), celles de la fin de la seconde guerre mondiale, quand le vent a tourné, que les comptes allaient se régler et qu’il a senti que cela risquait de lui chauffer aux fesses si ce n’est à sa vie. Dans un premier temps direction l’Allemagne puis le Danemark car la patate chaude personne n’en voulait et puis il faut des visas, de l’argent, un logement, une cachette. Le voilà donc errant de logements en incarcération jusqu’à une maison sur les bords de la Baltique, une maison isolée où avec Lucette et Bébert (le chat) sans compter tous les autres animaux que le couple recueille, ils vont préparer et attendre le procès par contumace (trop malade dit-il pour se déplacer) qui va se dérouler en France et qui va décider de son sort.

Incipit :

Une idée !… Ils me donneraient moi un prix Nobel ?… Ça m’aiderait drôlement pour le gaz, les contributions, les carottes !… mais ces enculés de là-haut vont pas me le donner !… y en a que pour tous les vaselinés de la planète !… Les Mauriac et Cie… (p9) 

Christophe Malavoy en endossant de façon très réussie le style de Céline donne à cet ouvrage un ton très particulier et une forme originale. Céline par lui-même ! Et on sent qu’il se régale le bougre, lui qui tente de se faire le plus discret possible pendant cette période d’épuration, de traque, en lui donnant ainsi la parole Christophe Malavoy le laisse se justifier et comme il le fait dans Mort à Crédit, il se lamente, se donne le beau rôle et ne peut s’empêcher d’injurier, de se plaindre de tous ses maux, d’être une victime. Le monde n’a rien compris à ses écrits, à sa façon de penser, à ce qu’il était un défenseur de la paix sans oublier de porter un jugement sur les écrivains « amis » ou « ennemis » (Marcel Aymé, Jean-Paul Sartre etc…), de déflorer leurs propres attitudes pendant la guerre (dénonciateur toujours) ou de leurs comportements vis-à-vis de lui. Tout l’agace, tout l’horripile, tel un Harpagon il compte et cache son or partout ou le confie à  plusieurs personnes sûres (mais plusieurs car toujours méfiant) car il sait combien l’exil coûte cher même s’il bénéficie de relations bienveillantes ou de combines..

Je dois vous avouer que je me suis laissée parfois attendrir (il fait pitié) par ce pauvre Ferdinand Destouches (de son vrai nom d’état civil) si souffreteux suite à ses blessures de la première guerre mondiale, de cet homme qui se montre si dévasté par le manque d’incompréhension et de justice qui ne lui sont pas rendus. Mais comment oublier l’homme aux propos antisémites (dont il se défend d’ailleurs et faites lui confiance pourCELINE 2 avoir des arguments). Mais c’est un malin et il se défend, il argumente, il prouve même de toute sa bonne fois et j’ai retrouvé la verve de l’écriture si particulière que j’avais découverte dans Mort à Crédit.

CELINE 3Mais il me faut parler des illustrations de José Correa qui parsèment le récit qui sont de toutes beautés, que ce soient les portraits de l’écrivain ou des personnes (avocats, écrivains, acteur(rice)s etc…) dont LFC parlent sans compter ou celles illustrant les propos tenus et ses « galères » sans oublier certains de ses écrits.CELINE 6

CELINE 4CELINE 5

C’est un homme à la fois inquiet, malade qui n’hésite pas à se comparer à d’autres grands exilés tels Victor Hugo et qui pense qu’un jour justice lui sera rendue et qui ne doute pas que les maisons d’éditions s’arracheront ses écrits (il en a caché certains et détruits d’autres avant de fuir) :

Mais qui voudrait encore m’éditer ? … Il y avait bien des malins qui venaient, reniflaient ma prochaine production…. j’intéressais encore, le nouveau Céline ça pouvait rapporter gros, je n’étais pas encore mort.. (p175)

C’est un ouvrage documenté et illustré qui ravira tous les curieux mais également les admirateur(rice)s de l’écrivain (j’ai pas dit de l’homme), de l’homme de lettres avec son écriture reconnaissable inimitable et pourtant ici si bien imitée ici, réussissant à le rendre présent, dialoguant parfois avec le lecteur ou le prenant à témoin, tel que l’on peut l’imaginer, avec sa gouaille, sa misanthropie au bord parfois de la folie, ne trouvant grâce qu’en lui, qu’en sa danseuse, son chat et ceux qui le défendent. Humaniste il se dit….. Qui était-il vraiment ? Qu’en penser ?

J’ai beaucoup aimé et je le recommande vivement à ceux qui ne veulent pas lire ses romans de par sa réputation mais qui veulent découvrir son écriture et sa vie car à travers ce récit il évoque non seulement cette période d’incertitudes mais également son enfance et quelques épisodes de son existence.

Même s’il me répugne à le dire, cet homme m’intrigue et la prochaine fois je ferai Le voyage au bout de la nuit en sa compagnie….. Ca promet !

Editions de l’Observatoire – Novembre 2021 – 240 pages

Ciao 📚

Un été à Long Island – Quand Saint Exupéry écrivait le Petit Prince de Alain Vircondelet

UN ETE A LONG ISLAND IGÉté 1942. Antoine de Saint Exupéry a trouvé refuge avec son épouse, Consuelo, à Long Island pour écrire ce qui deviendra son oeuvre la plus connue et renommée, Le Petit Prince. Dépressif, méprisé par les exilés français de New York (André Breton et tous les surréalistes), tourmenté par l’avenir du monde, incapable de pouvoir poursuivre son oeuvre, tiraillé entre l’amour pour sa femme et ses nombreuses infidélités, il accepte de réfléchir à l’idée soumise par ses éditeurs américains : écrire un conte pour enfants. Consuelo et lui s’installent alors dans une villa au bord de la baie de Long Island : Bevin House, qu’il surnomme aussitôt « la maison du Petit Prince ». Là-bas, loin du bruit entêtant de New York et des rumeurs, c’est l’été de la renaissance : retrouvailles passionnées avec sa femme (« Le Petit Prince est né, dit-il, de votre grand feu »), promenades le long de la plage, rares mais joyeuses visites de ses amis (André Maurois, Denis de Rougemont, etc.), journées studieuses à dessiner et écrire, mais aussi escapades à Manhattan pour rejoindre sa maîtresse, la belle journaliste Silvia Hamilton… Mais la tempête le guette : il est tourmenté par le sort de la France et ne tardera pas à tout quitter pour rejoindre la France et s’engager dans la guerre.

Ma lecture 

Comme vous le savez tout ce qui touche aux écrivain(e)s et à la création littéraire me passionne et j’aime de temps en temps jouer la curieuse pour découvrir se qui se cache derrière un ouvrage : comment il est né, comment il a été construit, dans quelles circonstances, où l’auteur(rice) a trouvé l’inspiration etc….

J’avais déjà été très intéressée par la lecture de Journal d’une vie de Jean-Pierre Guéno sur Antoine de Saint-Exupéry dont je connaissais peu de choses et j’ai eu envie d’en savoir un peu plus sur la genèse d’un des livres les plus connus, lus et vendus dans le monde entier.

Ils vivaient ainsi tous deux dans cette sorte de distance qui finissait par être un art de vive accepté d’eux et de leurs amis, par la force des choses et la nature étrange de leur amour. Chacun avait rejoint son camp, son univers, son style. (p50)

Eté 1942 – Etats-Unis – Le couple formé par Antoine et Consuelo est au bord du divorce après onze ans de mariage. Elle ne supporte plus les relations extra-conjugales de son époux, ses absences, ses errances mais elle aime malgré tout l’homme et donc n’arrive pas à franchir le pas. Lui est en rupture avec la diaspora des français émigrés aux Etats-Unis, les surréalistes, ami(e)s de sa femme, peintre elle-même n’ayant pas le même positionnement face à la guerre mais également sur De Gaulle, Antoine passant même pour un « ami » de Vichy.

Antoine, lui, veut combattre, s’engager sur le terrain et faire ce qu’il aime le plus : voler, mais n’obtient pas les autorisations nécessaires des autorités françaises. Il a 42 ans et est plongé dans l’écriture de Citadelle, ce qu’il appelle son œuvre maîtresse qui lui demande beaucoup de concentration mais son esprit n’est pas à l’écriture, traversant une dépression qui le mène dans les bars ou à retrouver soit une maîtresse soit une femme de petite vertu, ne se cachant nullement de ses infidélités, allant jusqu’à trouver dans l’alcool et certaines substances une manière d’accepter ses frustrations et ses douleurs. Un couple discordant mais indissociable, mêlant l’air, la plume, la mélancolie d’Antoine aux pinceaux et couleurs du tempérament brûlant du feu salvadorien d’une Consuelo faisant preuve de patience, de résignation pour finalement s’octroyer des aventures et amitiés masculines pour répondre aux caprices d’un homme se souciant avant tout de ses besoins, à la recherche d’une enfance choyée mais lointaine, recherchant inlassablement auprès de ses nombreuses conquêtes l’attention, la présence bienveillante des femmes de sa famille : sa mère, ses sœurs. Il s’ennuie, il déprime mais régulièrement il dessine, il crayonne un petit personnage à la fois une représentation de lui-même, de la solitude dans laquelle il vit mais lui offrant certains traits de Consuelo.

(…) Consuelo et Antoine étaient deux être totalement antagonistes. Il aimait la nuit et ses secrets, elle aimait la lumière et les choses spontanées. lui était empêtré dans une psychologie compliquée et sinueuse, elle était frontale et sans profonds abîmes… Elle voulait vivre une vie harmonieuse et joyeuse, il tentait de rassembler ses forces pour résister à ce qu’il appelait les « glissements de terrain » du monde et de soir, sûr que tout était voué à la nuit, qui emporterait avec elle le mirage d’un monde ancien qu’il avait tant aimé et le fantasme d’une vie familiale heureuse qu’il n’avait jamais connue, quoi qu’il ait put en écrire. (p54)

Et peu à peu l’idée surgit de ses éditeurs qui vont le pousser à écrire et dessiner un conte et un message universel, sur cet enfant d’une autre planète et son amour pour une rose. Inutile de vous préciser que la rose c’est sa Pimprenelle, sa rose c’est Consuelo. Ils vont s’installer dans une très jolie maison, la Maison du bonheur, qui leur a été prêtée le  temps d’un été, en bord de mer, où ils vont vivre une période de paix relative, de réconciliation et de création, une parenthèse de bonheur donnant naissance à un enfant : Le petit Prince.

Une biographie sur la création et sur un amour fou mais ne réussissant pas à trouver la paix et la sérénité, une biographie qui se lit comme un roman d’amour, de destruction et de création. Agrémenté de quelques photos du couple, des toiles de Consuelo et des traces de cet été 1942 qui va se révéler être leur dernier été (Antoine disparaîtra en vol en Juillet 1943 lors d’une mission au large des côtes marseillaises).

UN ETE A LONG ISLAND 1UN ETE A LONG ISLAND 2

S’appuyant principalement sur des lettres, Antoine de Saint-Exupéry entretenant une abondante correspondance que ce soit avec sa famille mais également avec ses maîtresses et épouse, Alain Vircondelet évoque la relation de ces deux êtres qui se sont aimés à la folie, déchirés passionnément mais également le New-York de l’époque avec la présence de nombreux artistes français réfugiés, les distensions entre les différents camps et dresse le portrait d’un écrivain pris dans la tourmente de la création, de ses doutes, de son besoin d’action, son besoin d’amour et de reconnaissance, inguérissable d’une mélancolie persistante sur l’insatisfaction du présent, voulant revivre inlassablement son enfance privilégiée. Vivre un rêve, être le héros d’un conte, celui de sa vie.

J’ai aimé retrouvé ce personnage complexe, mystérieux et parfois imprévisible, capable des plus belles preuves d’amour comme des pires blessures et même si j’ai parfois trouvé des redondances, des répétitions parfois inutiles sur qui était qui, en particulier sur les affrontements entre les surréalistes et l’écrivain ou sur la construction de certaines phrases comme par exemple page 82 :

Elle s’en était targuée auprès de sa chère amie et confidente Julie de Tremblay, qui était sa confidente….

j’ai été très intéressée par les détails et rapprochements entre tous les symboles du Petit Prince, l’enfant de leur dernier été, un conte aux nombreuses interprétations et sur un couple que seule la guerre aura réussi à séparer.

J’ai aimé.

Editions de l’Observatoire – Janvier 2022 – 236 pages

Ciao 📚