Seule en sa demeure de Cécile Coulon

SEULE EN SA DEMEURE IG

« Le domaine Marchère lui apparaîtrait comme un paysage après la brume. Jamais elle n’aurait vu un lieu pareil, jamais elle n’aurait pensé y vivre. « 

C’est un mariage arrangé comme il en existait tant au XIXe siècle. À dix-huit ans, Aimée se plie au charme froid d’un riche propriétaire du Jura. Mais très vite, elle se heurte à ses silences et découvre avec effroi que sa première épouse est morte peu de temps après les noces. Tout devient menaçant, les murs hantés, les cris d’oiseaux la nuit, l’emprise d’Henria la servante. Jusqu’au jour où apparaît Émeline. Le domaine se transforme alors en un théâtre de non-dits, de désirs et de secrets enchâssés,  » car ici les âmes enterrent leurs fautes sous les feuilles et les branches, dans la terre et les ronces, et cela pour des siècles « .

Ma lecture

Jura – Fin du XIXème siècle : Aimée Deville, 18 ans épouse Candre Marchère de quelques années son aîné et propriétaire d’un domaine dans la forêt d’Or où il est à la tête d’une entreprise forestière florissante, mariage plus ou moins arrangé dans lequel entre Aimée sans rien connaître ni de l’homme auquel elle s’unit, veuf, sa première femme Aleth étant décédée six mois après son mariage de tuberculose, ni du mariage. Seul l’homme l’attire. Candre est un homme pieux, taiseux marqué par le décès, sous ses yeux en pleine église, de sa mère alors qu’il n’avait que 5 ans (scène d’introduction du roman) et fut élevé par Hendria, la domestique-gouvernante du domaine, elle-même ayant un fils, Angelin, né quelques années après Candre.

L’arrivée de la jeune épousée au domaine et la découverte à la fois des lieux mais également de ses habitants, pleine d’espoirs dans son nouveau statut de femme mariée au propriétaire du lieu et future mère d’un héritier du domaine, ne va pas se révéler aussi épanouissante qu’elle l’avait imaginée. Entre sa vie de femme mariée dont elle ignore tout de l’intimité, les ombres qui planent sur le lieu, sa rencontre avec une professeure de flûte traversière Emiline, engagée pour la sortir de sa mélancolie et qui va l’éveiller à la sensualité, Aimée va découvrir que le domaine renferme bien des secrets….

Il faut reconnaître à Cécile Coulon un talent : celui de conteuse et je dois avouer qu’ici, encore une fois, elle m’a tenue tout au long de ma lecture, même si en fin de compte Seule en sa demeure ne fait pas preuve d’originalité quand au choix du sujet et à son traitement.  Comment ne pas faire le rapprochement avec Rebecca de Daphné du Maurier même si Cécile Coulon y met des touches personnelles. Elle ancre son récit dans une époque par les prénoms de ses personnages et leurs places ou fonctions, elle dessine les paysages, s’attache à leur rudesse mais aussi leur beauté, aux  parfums de la nature, elle imprègne ses personnages des décors dans lesquels ils évoluent,  jouant sur les cordes du roman gothique où les fantômes du passé et leurs mystères créent un climat de suspicion et d’angoisse.

Qu’importe et là n’est peut-être pas le plus important. Je dois avouer qu’une fois commencé avec une scène saisissante de mort brutale qui installe le climat du roman, j’ai lu d’une traite les 333 pages et retrouvé les sensations de lecture d’un roman de littérature anglaise, que ce soit des sœurs Brönté ou de Daphné du Maurier, parce qu’il avait tout les ingrédients pour susciter mon intérêt et attention et parce que j’aime ces romans qui ont bercé mon adolescence. Ici, à la différence d’Une bête au Paradis, pas de scènes violentes mais toujours une sensualité et une sensibilité à fleur de corps surtout pour son héroïne, découpant d’ailleurs en trois parties corporelles son récit : Le cœur, la langue et le ventre.

J’ai eu un peu de mal avec la compréhension des sentiments d’Aimée et son inconstance, ne sachant finalement pas qui elle aimait, oscillant entre son mari mais également Emeline et même  Angelin.  Souvent femme varie et mettons cela sur sa jeunesse et sa découverte des sentiments.

Une lecture agréable dans laquelle on retrouve les thèmes chers à l’auteure : la ruralité mais également les familles bourgeoises et domestiques,  chacune ayant un rôle à tenir mais qui, à se côtoyer intimement, finissent par se confondre et se mêler dans leurs destins.

Dans le genre, j’ai aimé mais j’aurai aimé plus d’originalité, plus de surprises car finalement cela est très conventionnel dans le genre et ressemble trop, au final, à du déjà lu et j’attendais peut-être un peu plus de la patte si particulière de Cécile Coulon. Elle nous avait laissé sur le carreau avec son précédent roman par sa violence et sa bestialité et là nous la retrouvons dans un roman de pure tradition anglaise avec ce qu’il faut de romantisme et de mystère, adaptant son écriture au genre. Il plaira à un grand nombre de lecteurs et lectrices par sa facilité d’accès mais décevra peut-être ceux plus exigeants ou ayant déjà exploré ce genre de littérature.

Je reste avec le souvenir de Trois saisons d’orage, mon préféré, celui qui m’a fait découvrir l’auteure, son univers et son style.

C’est réussi, j’ai aimé, une fois dedans on ne lâche pas surtout si on aime le genre mais j’aurai aimé un peu plus d’originalité…..

D’autres avis : Mes pages versicoloresLa culture dans tous ses étatsAu fil des livresCécilou-Pamolico.

Livre lu dans le cadre du Comité lecture des bibliothèques de ma commune.

Editions de l’Iconoclaste – 333 pages – Août 2021

Ciao 📚

Mon mois d’Août 2021

BILAN AOUT 21

Voilà c’est fini…. L’été prend un air de rentrée et qui dit rentrée dit rentrée littéraire….. 521 parutions c’est trop, beaucoup trop à mon goût et je ne cède que parcimonieusement aux tentations. Je me mets en mode « repérage » (et pour une entrée dans ma liste d’envies pour l’instant) que par des auteur(e)s que je connais, j’aime ou par des sujets qui m’intéressent. J’ai fait un tour en librairie samedi dernier (mon premier en presque deux ans), j’ai eu à nouveau  envie, dans un premier temps, de tout puis peu à peu et parce que ce n’était pas possible de tout prendre, j’ai commencé à sélectionner pour finalement repartir qu’avec deux classiques :

– Frankenstein de Mary Selley suite à l’écoute cet été du podcast de Nicolas Carreau La voix est livre qui évoquait ce roman mais également parce que je garde un joli souvenir du film MARY SHELLEYconsacré à son auteure et à la génèse du roman

– Le voyage dans les Cévennes avec un âne de Stevenson. J’ai tellement soif de classiques, de temps livresque à rattraper, que je m’y plonge sans retenue. Et puis les voyages en solitaire sur les chemins de France empruntés par des auteur(e)s est toujours source d’inspiration et de réflexion.

Mes récentes décisions n’ont pas trop opéré ce mois-ci car tout ce que j’ai lu a été chroniqué pour une raison ou une autre (réception de livres, comité de lecture) mais le fait de l’avoir exposé et décidé m’a permis d’avoir moins la pression et de me sentir plus libre (et chez moi le mot Liberté est primordial !).

La maison a bruissé des visites familiales, des rires, des jeux, des retrouvailles (enfin), des sorties entre ami(e)s par une chaude journée en forêt où les jeux de société à l’ombre des arbres ont été salués avant de rejoindre un village d’artistes, Vouvant et sa tour Mélusine et sa promenade sur les bords de la Vendée, de retrouve les terrasses et malheureusement la foule des touristes (un concert d’orgue était programmé le soir). Vivant à moins d’une heure de l’océan, hier a été l’occasion de retrouver sa lumière et ses petits coins secrets où la dégustation d’huîtres à peine sorties des bassins accompagné de vin blanc local. Une délicieuse journée MER AOUT 2021

Garder la forme avec des randonnées amicales, à s’émerveiller de la beauté des paysages et de la richesse des petits sentiers forestiers. Continuer mes retrouvailles avec la salle de cinéma mais un seul film  : ANNETTEAnnette de Léos Carax qui m’a surprise au début puis le charme a opéré et surtout la musique m’est restée en tête un peu comme avec La la land. Rien d’autres car les affiches proposées ici ne sont pas de mon goût pour l’instant mais je compte bien me rattraper. Accueillir avec joie les dates de report des spectacles annulés l’année dernière à l’Echiquier et se dire que la vie reprend peut-être enfin (je suis en manque cruel de sorties culturelles). S’occuper du potager dont ce sera sûrement la dernière année et le projet de le transformer en jardin floral uniquement. Réparer, bricoler, récolter, me remettre doucement au tricot, faire des confitures, tout cela m’a bien occupée mais ne m’a pas empêchée d’écouter tous les podcasts de Femmes puissantes FEMMES PUISSANTES sur France Inter (passionnant).

J’ai également vu l’adaptation cinématographique de Le mur invisible de Marlen Haushofer sur Arte dans lequel j’ai retrouvé l’ambiance que j’avais tant aimée dans le livre, mais il y a surtout une série vue également sur Arte que j’ai trouvé d’une rare qualité au niveau de la construction, du fond (mais c’est souvent le cas avec les séries nordiques et dans le cas présent islandaise). Il s’agit de QUAND LE CALME REVIENT ARTEQuand revient le calme que je vous recommande vivement.

Et pour finir j’ai participé samedi dernier au Club de lecture de La Roche sur Yon sous la houlette bienveillante d’Antigone et se retrouver entre passionnées de lecteur(rice)s est toujours un vrai bonheur. Nous avons échangé sur nos lectures de l’été, de la rentrée littéraire et avons eu la visite d’une auteure : Audrey Harel-Casanove qui nous a présenté à la fois son travail d’écriture mais également ses publications…

                  Passons au bilan de mes lectures (les chroniques sont à retrouver en cliquant sur le titre et auteur(e)).

                     Un coup de 🧡mais quel coup de 🧡

A L'EST D'EDEN

A l’Est d’Eden de John Steinbeck

J’ai beaucoup aimé

Clair de femme de Romain Gary

Lettres à un jeune poète de Rainer Maria Rilke

Avec Bas Jan Ader de Thomas Giraud

Anaïs Nin – Sur la mer des mensonges de Léonie Bischoff

Le vagabond des étoiles de Riff Reb’s d’après Jack London

Le consentement de Vanessa Springora lu par Guila Clara Kessous 

J’ai aimé

D’ailleurs les poissons n’ont pas de pieds de Jòn Kalman Stefànson

Au temps des requins et des sauveurs de Kawaï Strong Washburn

Le voyant d’Etampes de Abel Quentin

Bof-bof

UN BREF INSTANT DE SPLENDEUR

Un bref instant de splendeur de Ocean Vuong

+ 1 roman que je ne chroniquerai que début Septembre……

Bonne rentrée à tout le monde et à bientôt pour les partages et échanges de plus en plus nombreux 👌 et toujours enrichissants.

Ciao 📚

 

 

Mon mois de Juillet 2021

BILAN JUILLET 21

Depuis quelques mois je réfléchis au devenir du blog sous sa forme actuelle…. En effet la rédaction des chroniques est chronophage car, même si certaines viennent assez spontanément, d’autres me demandent beaucoup plus de temps en particulier quand ma lecture me laisse, même peu de temps après, peu de sentiments.

A partir du mois prochain je ne rédigerai que les chroniques de mes lectures marquantes ou sur celles, pour une raison ou une autre, que j’ai envie de partager. Pour les autres je les signalerai en fin de mois dans le bilan mensuel en précisant succinctement pourquoi je n’ai pas rédigé de chronique tout en publiant un court avis sur les réseaux sociaux sur Babelio (Mumuboc) et Lecteurs.com (Mumu dans le Bocage) mais également sur Instagram/Facebook afin de garder malgré tout une trace.

Par contre en ce qui concerne les livres reçus, je continuerai à partager mon ressenti ayant toujours été transparente dès le début sur l’honnêteté et la liberté que je voulais garder dans mes partages et en sélectionnant dès le départ les ouvrages à lire. Je ne veux pas me positionner dans des zones littéraires qui me sont étrangères ou que je n’apprécie pas….

La hauteur de ma PAL et la frustration que je ressens parfois à passer du temps sur mon clavier alors que d’autres activités m’appellent et pour garder le plaisir de la lecture et du partage sans que cela devienne une contrainte, j’opte pour cette forme et verrai avec le temps si cela me convient mieux (et si vous restez fidèles). Et puis je n’ai pas vocation à critiquer un ouvrage (car je suis bien trop admirative du travail d’écrivain) mais simplement à donner mon ressenti avec ce que je suis, mes sentiments, ce que j’attends ou espère que ce soit au niveau du sujet, de l’écriture et de la construction.

Si vous me suivez vous savez ce que j’ai lu et aimé, si vous me découvrez je vous fais ici un bref ressenti de mes lectures et vous invite à vous promener sur le blog pour découvrir les chroniques correspondantes :

Les plus marquants en émotions diverses ou en plaisir de lecture

Un coup de 🧡 pour Les oreilles de Buster de Maria Ernestam

Ceux que j’ai beaucoup aimés

Ceux que j’ai aimés

Et puis les autres

Retour (enfin) au théâtre avec Le CV de Dieu de Jean-Louis Fournier

LE CV DE DIEU

et un seul film mais quel film et quelle actrice (Frances McDormand)

NOMADLAND

J’espère que vous comprenez ma démarche, il ne s’agit pas d’abandonner le blog et c’est justement pour lui garder toute sa sincérité et spontanéité que je préfère changer le fonctionnement. Le temps passe, vite, très et trop vite et il me reste tant à lire et à découvrir sans compter tout le reste que je veux garder l’essence de ce lieu : partage, échanges et découvertes.

A bientôt pour de nouveaux ressentis….. Et bel été à vous……

Ciao 📚

Mes lectures de Juin 2021

BILAN JUIN 21

Bilan de mes lectures et films du mois de Juin 2021, un mois au parfum toujours un peu particulier pour moi puisqu’il est synonyme de passage. Un de plus, pas un traumatisme mais l’occasion à chaque fois de jeter un coup d’œil derrière moi mais surtout de regarder devant.

Un mois synonyme de retrouvailles après 16 mois de séparation, de chaleur puis de pluies, de changements d’humeur à l’image d’une météo très fluctuante, de la reprise des activités liées à la lecture, reprise d’une vie normale (enfin presque).

J’ai lu en Juin 2021 :

1 coup de 🧡

HAMNET

Hamnet de Maggie O’Farrell

J’ai beaucoup aimé

La femme qui tuait les hommes d’Eve de Castro

Le crépuscule de Shigezo de Sawako Ariyoshi (presque un coup de 🧡)

Où je suis de Jhumpa Lahiri

Comme des bêtes de Violaine Bérot 

La grâce de Thibault de Montaigu

Les chats éraflés de Camille Goudeau

J’ai aimé

Le sanctuaire de Lauraine Roux

Carnets du Nil blanc de John Hopkins

Les vieux fourneaux – Tome 6 – L’oreille bouchée de Lupano et Cauuet

Ce matin là de Gaëlle Josse

Le château des Carpathes de Jules Verne (dans le cadre du challenge Les classiques c’est fantastique)

Apeirogon de Colum McCann (pour la moitié que j’ai lu puis que j’ai abandonné mais que je reprendrai un jour)

La race des orphelins de Oscar Lalo

A la rigueur ou déception

L’annexe de Catherine Mavrikakis

Le parfum des fleurs la nuit de Leïla Slimani

Soit 14 romans – 1 BD – 1 récit autobiographique

J’ai vu au cinéma :

Deux films seulement (ici la programmation n’est pas toujours à mon goût et quand elle l’est, je ne suis pas disponible j’ai ainsi raté Drunk), deux films donc mais sur des sujets assez similaires, durs mais dont on ressort avec plein de questionnements sur soi et sur nos proches. 

FALLING

 

Falling de et avec Vigo Mortensen  que j’ai beaucoup aimé pour le jeu des acteurs, les prises de vue et puis moi Vigo Mortensen je suis une inconditionnelle. D’ailleurs j’ai revu avec unCAPTAIN FANTASTIC immense plaisir Captain Fantastic à la télévision très récemment.

 

 

 

 

THE FATHER

 

The Father de Florian Zeller : Merveilleux Anthony Hopkins, un film déroutant et dans lequel j’ai eu un peu de difficultés à me situer face à cet homme vieillissant en perte de repères et de mémoire. J’ai aimé mais il m’a laissé un petit goût de manque de quelque chose…..

 

 

 

Que me réserve Juillet ? Je continue à piocher dans ma PAL avec quelques prêts à la bibliothèque sûrement. Je veux résister car j’ai des ouvrages qui ont retenu mon attention pour différentes raisons et qui s’entassent sur mes étagères depuis trop longtemps. Il y a eu quelques petits nouveaux mais ce sont des cadeaux et là je ne peux refuser…..

J’espère faire de belles sorties dans la nature, dans des lieux non envahis par les touristes ou de belles heures au jardin à lire paisiblement.

Je vous souhaite à toutes et tous un bel été et je lirai comme toujours avec intérêt vos chroniques, vos avis et parfois vos lectures viendront grossir ma liste d’envies…..

Ciao 📚