Bilan d’Octobre 2020

Octobre a été propice à la lecture sous diverses formes avec la « découverte » pour moi de la lecture audio. Fatiguée d’écouter des informations déprimantes à la radio, j’avais envie d’écouter de la littérature pendant certaines activités, qu’elles soient ménagères ou pendant mes balades en forêt. Grâce à ma bibliothèque j’ai découvert la possibilité de télécharger nouveautés ou classiques et de rendre ainsi ces moments plus riches.

Alors j’ai écouté Impossible d’Erri de Luca, Les évasions particulières de Véronique Olmi, Le chagrin des vivants de Anna Hope, puis Trois Guinées de Virginia Woolf, La famille Martin de David Foenkinos et enfin Yoga d’Emmanuel Carrère dont je vous parlerai prochainement.

Certaines m’ont permis de découvrir des magnifiques récits : Impossible et Le chagrin des vivants, un essai de Virginia Woolf : Trois guinées que j’ai écouté deux fois tellement il est remarquable (comme toujours de cette auteure), un roman sur La famille Martin qui ne m’a pas encouragée à lire d’autres choses de lui et Les évasions particulières que j’ai trouvé un peu longues…. 

Cela ne m’a pas empêché de lire que ce soit dans le cadre du Comité de lecture des bibliothèques, du Cercle Livresque de Lecteurs.com, de Masse critique privilégiée grâce à Babelio, de nouveautés à la bibliothèque ou de livres (peu ce mois-ci) de ma PAL.

Bilan du mois : 21 soit 153 livres sur 2020

Pas de coup de cœur ce mois-ci mais des lectures que j’ai beaucoup aimé et parfois des « presque » coups de cœur » avec :

J’ai aimé :

J’ai été déçue ou  à la rigueur

Peu de cinéma mais deux films que j’ai beaucoup aimé soit pour leur fraîcheur comme Antoinette dans les Cévennes pour son actrice principale Laure Calamy (sans oublier Patrick son âne) et Sur les chemins de Compostelle avec des témoignages émouvants et des paysages somptueux sur 6 marcheurs, une bouffée d’oxygène dans ces temps difficiles.

ANTOINETTESUR LA ROUTE DE COMPOSTELLE

Je continue à écouter des podcasts littéraires, de regarder la nature environnante qui nous offre un panel de couleurs éblouissant, de prendre des nouvelles de mes proches, des mes ami(e)s.

Nous voilà reconfinés pour plusieurs semaines, j’ai la chance de vivre dans la nature, entourée de chemins en forêts, de quoi s’oxygéner une heure par jour, d’avoir de l’espace, peu de monde, loin de tout et j’ai de quoi tenir, livresquement,parlant un moment, même si je suis loin de toute librairie (mon grand regret car je me refuse à acheter sur A….. ou en grandes surfaces mes livres), j’en achète beaucoup d’occasion (budget oblige vue la quantité nécessaire à mon équilibre) et j’ai une bibliothèque et un réseau de bibliothèques qui me permet d’obtenir ou de télécharger des lectures. 

Soyons patient(e)s, faisons tout ce qu’il faut pour que ce virus s’éloigne de nous le temps de trouver le vaccin qui nous protégera, en prenant soin de nous nous protégeons les autres.

Lisez, évadez-vous par la littérature, trouvez les bons chemins pour apprendre, se divertir, voyager, découvrir, s’émouvoir car c’est tout cela que nous offre la littérature.

Ciao…..

Le livre des illusions de Paul Auster –

LE LIVRE DES ILLUSIONS IGComment reprendre goût à la vie lorsque les êtres que l’on aime sont morts de façon tragique ? Pour David Zimmer, ce sera par l’écriture : il entreprend tout d’abord d’éditer une monographie sur les comédies en noir et blanc d’un acteur du muet, Hector Mann, tombé en désuétude, avant de s’atteler à la traduction des Mémoires d’outre-tombe, de Chateaubriand. À mesure qu’il ressuscite ces deux artistes, lui-même s’éloigne des rives alcooliques du chagrin et de la pitié. Et quand Alma la bien nommée veut l’amener au chevet d’Hector Mann, sa vie prend alors une bien surprenante allure…

Ma lecture – COUP DE 🧡

Un roman mais que d’histoires…… Et d’ailleurs ai-je bien lu ou est-ce que ce n’était qu’une illusion ? Et bien si tel était le cas, l’illusion avait le goût du réel grâce aux mots de l’écrivain mêle si je garderai pour longtemps sa présence en moi.

Avec toute la précision qu’on lui connaît, Paul Auster, que j’ai découvert avec son dernier roman 4.3.2.1. puis avec la Trilogie New-Yorkaise, dont je connaissais le goût pour le cinéma et en particulier les films anciens dont il parle d’ailleurs dans 4.3.2.1., en noir et blanc, parfois muets (voir l’extrait du 21 cm d’Augustin Trapenard qui lui est consacré et que je vous mets en fin de chronique), nous invite dans ce roman dans le pays de l’illusion, des apparences, du vrai et du faux.

Vous m’avez fait rire. C’est tout, il n’y a jamais rien eu d’autres. Vous avez forcé quelque chose en moi à s’ouvrir et, après ça, vous être devenu mon prétexte pour continuer à vivre. (p270)

Paul Auster nous fait entrer dans la vie de David Zimmer, professeur de littérature, plongé dans le deuil de sa femme et de ses deux enfants, morts dans un accident d’avion pour lequel il se sent en partie coupable en reprenant, comme souvent dans ses écrits, l’enchaînement des faits et des coïncidences….. Et si …. 

A travers son personnage, il nous offre une myriade d’histoires, comme autant de tiroirs qui s’ouvrent les uns après les autres que ce soit concernant David Zimmer mais aussi sur ce mystérieux Hector Mann, acteur et reconnaissable puisque visible sur les écrans mais qui choisira de se disparaître aux yeux du monde jusqu’après sa mort. David Zimmer décide de rédiger une monographie détaillée sur cet acteur qui enchanta son enfance,  cette rédaction le sortant de sa dépression et le mènera sur sa piste.

Les vies de ses deux hommes vont se mêler et c’est justement en cela que c’est passionnant et remarquablement construit. Peu à peu il bâtit son livre avec précision, relatant le vide de l’existence de David depuis le drame et comment les films d’Hector, dont il fait défiler les images de certains de ses films, comme si nous étions installés devant l’écran, vont lui faire peu à peu reprendre goût à l’existence. Magie des mots qui se transforment en images. Et comme pour Paul Auster les vies ne sont que le résultat de coïncidences qui jalonnent les vies, David va accepter de faire une nouvelle traduction des Mémoires d’outre-tombe de Chateaubriand.  Le deuil, la mémoire, l’écriture, le cinéma, le hasard. Voilà les ingrédients sont là, il ne reste à Paul Auster qu’à tout lier. Alors, pour cela il fait entrer Alma, la jeune femme messagère au visage marqué. Elle va être le lien entre le passé et le présent, apporter les réponses qui lui manquent sur Hector et lui offrir une possibilité de bonheur. 

Mais si tout cela n’était qu’illusions ? 

Le récit se fait à travers plusieurs voix, David Zimmer, Alma et comme nous sommes dans le monde du cinéma,  n’y-a-t-il pas plusieurs scénarios ?  Tout au long du roman Paul Auster joue avec son histoire mais joue également avec nous, les lecteurs, nous emmenant sur différentes pistes possibles, avec un sentiment parfois d’urgence car pour certaines elles vont disparaître à la demande de leurs possesseurs, reprenant pour David Zimmer l’exigence de Chateaubriand pour que ses mémoires ne soient publiées qu’après sa mort. La boucle est bouclée : chacun a vécu, laisse une empreinte puis disparaît.

C’est à la fois un roman sur le deuil, l’absence, les rôles que la vie nous oblige parfois à tenir, l’écriture, la mémoire, l’amour, le cinéma mais aussi une enquête presque policière pour résoudre l’énigme d’une disparition avec les notions sur le temps qui passe, sur les apparences, sur la vie, sur sa réalité ou n’est-elle finalement qu’une illusion. Roman, biographie, énigme et parfois des relents de tragédie grecque, à vous de choisir.

Pas un moment d’ennui, tout rebondit, se métamorphose, s’ajoute ou s’efface. L’écriture est à la fois précise, détaillée mais sans pesanteur et j’ai à la fois lu un roman mais vu plusieurs films, j’ai voyagé jusqu’au Nouveau-Mexique pour obtenir les réponses à mes questions et jusqu’à la dernière ligne Paul Auster a su tenir le mystère pour finir par une dernière pirouette. Il joue sur les noms, les lieux, les identités, leurs significations et le sens qu’on peut leur donner. 

C’est un conteur hors pair qui peut, en 381 pages, évoquer à la fois des histoires possibles ou improbables, rester seul maître de son histoire, nous pousser à démêler le vrai du faux pour finalement ressentir, la dernière page tournée, tout l’éventail de l’imaginaire, du réel, de comment les deux peuvent se fondre, se confondre ou se distancier, de comment un auteur, un acteur peuvent nous prendre par la main pour nous mener là où ils veulent. De vrais magiciens…….

Mais ai-je bien lu ou bien ai-je rêvé, ai-je bien compris le sens ou y a-t-il d’autres pistes ?

Traduction de Christine Le Boeuf

Editions Actes Sud – Mai 2002 – 381 pages

Ciao

Mon bilan de Février 2020

BILAN FEVRIER

Bilan livresque de Février 2020

Mon mois de février 2020 a été un mois de découvertes d’auteurs dits classiques : Mark Twain dont j’ai aimé l’écriture ironique, Jean-Paul Sartre dont j’ai apprécié l’écriture mais moins la personnalité. J’ai beaucoup voyagé : en Inde avec les deux tomes consacrés à Alexandra David Néel, L’envol du sari, aux Etats-Unis avec America et Carson McCullers, en Angleterre avec Jonathan Coe dont j’ai hâte de lire le dernier roman pour clore la trilogie, en Suède avec Le prix, au Canada avec La malédiction Henderson, une incursion en terre bretonne mais pas que avec La part du fils, en banlieue parisienne avec Propriété privée. La lecture est un voyage et ce mois-ci j’ai beaucoup voyagé….. Mais également des lectures orientées vers des personnages féminins assez forts, vers des découvertes scientifiques ou humaines.

Nombre de livres lus15

dont :    10  romans      1 biographie      3 BD     1 Magazine

Nombre de livres lus en 2020 : 28

(un clic sur la couverture pour retrouver la chronique)

J’ai beaucoup aimé

AMERICA 12LE CERCLE FERMECENT MILLIONS D'ANNEES ET UN JOURLA MALEDICTION HENDERSONUNE VIE AVEC ALEXANDRA DAVID-NEEL TOME 2UNE VIE AVEC ALEXANDRA DAVID-NEEL TOME 3LES SIMPLESLE PRIXLE LOUP IGL'HORLOGE SANS AIGUILLESL'ENVOL DU SARI

J’ai aimé

LES MOTSASCENSION EN TELESCOPELA PART DU FILSPROPRIETE PRIVEE

J’ai vu en Février au cinéma

THANATOS L'ULTIME PASSAGE

Un documentaire très intéressant sur des personnes ayant vécu ce que l’on appelle des Expériences de Mort Imminente (EMI), des témoignages forts et des scientifiques qui ne font que constater sans apporter de réponse.

Je voudrais que quelqu'un m'attende quelque part, affiche

Un très joli film inspiré par une nouvelle d’Anna Gavalda, Jean-Paul Rouve y est particulièrement émouvant.

Ciao

My Lady de Richard Eyre

FILM

MY LADY

 

 

 

 

 

 

 

Je dois tout de suite vous préciser que je suis admirative d’Emma Thompson : l’actrice, la femme, ses engagements, sa discrétion, son talent.

Synopsis

Faut-il obliger un adolescent à recevoir la transfusion sanguine qui pourrait le sauver ? Fiona Maye, Juge de la Haute Cour, décide de lui rendre visite, avant de trancher. Leur rencontre bouleversera le cours des choses.

Un film qui traite des décisions qu’une Juge de la Haute Cour anglaise, dont le titre officiel est My Lady (d’où le titre mais à double sens je vous en parle un peu plus loin), adapté d’un livre de Ian McEwan : l’Intérêt de l’enfant paru en 2014

L'INTERET DE L'ENFANT

que je n’ai pas lu ….. Mes essais de lecture avec cet auteur ont toujours été décevants 😦

Ce qui m’a plu dans cette adaptation c’est le personnage bien sûr de My Lady, Fiona Maye sur les épaules de qui repose des décisions pour le moins difficiles, des questions familiales mais aussi dans le cas présent de vie ou de mort.

Cette femme au charisme important doit, parallèlement à sa vie de femme, d’épouse, trancher dans des situations douloureuses, parfois urgentes en faisant abstraction de ses problèmes personnels u moment, ayant deux visages : femme et juge.

Afin de pouvoir prendre sa décision, la juge décide de rencontrer le jeune homme à l’hôpital et leur entrevue va les bouleverser. Elle, par la douceur et la volonté d’Adam, lui par la grâce de cette femme, son admiration.

Le rôle de Adam Henry, à quelques mois de sa majorité,  jeune homme atteint de leucémie et qu’une transfusion sanguine peut sauver mais refusée par ses parents par obéissance à leur religion mais aussi par lui, est ambigü. De quoi s’agit-il entre lui et la juge….. Rien n’est pour moi très clair. Quand il l’appelle My Lady c’est à double sens pour moi : il y a le titre officiel de la juge, mais elle devient pour lui une référence, un modèle, Sa Lady. Ce jeune homme épris de beauté, de poésie, très romantique verra en elle une sorte de mère parfaite et peut être un peu plus.

Avoir à faire le choix de vie, de mort d’un être humain,  mais aussi de laisser des enfants dans leurs familles, les éloigner pour les protéger, chercher à comprendre chaque situation, rechercher l’intérêt de l’enfant avant tout, voilà en consiste son travail, parfois en comparution immédiate, parce que le temps est compté, voilà ce qui lui incombe et Emma Thompson est parfaite dans le rôle : posée, réfléchie, sûre d’elle, argumentant ses décisions.

Elle est malgré tout une femme avec ses tourments, ses colères, ses regrets peut-être mais elle doit se transformer en juge juste, à l’écoute de toutes les parties. J’ai particulièrement aimé son regard lors des requêtes des différents avocats, plaignants, vers les parents, observant le moindre signe, réaction afin de percevoir ce qui les touche, ce qui les blesse.

Les parents ne sont pas montrés comme irresponsables ni extrémistes. Ils ont la foi, elle les a sauvés et ils croient en sa doctrine.

J’avais la crainte que ne soit mis en avant des luttes entre témoins de Jehovah et justice mais de ce côté là le réalisateur (et l’auteur je suppose) restent sobres.

Inutile de préciser, comme toujours, que le cadre, l’appartement de la juge mais aussi les personnages secondaires comme son greffier, sont bien choisis.

Petit bémol : les costumes : ils ont affublé en particulier Emma Thompson d’une robe rouge « sac à patates » hideuse pour un repas dans la haute société…… alors que pour les séances elle porte une robe/veste costume de femme juge très sobre et très chic.

Un film qui porte à réfléchir sur les choix à faire, sur les limites à ne pas dépasser parfois, tenter de ne pas mêler sentiments et justice quoique les deux, si on y réfléchit bien sont tout de même liés……

Ciao