Journal de Hélène Berr

HELENE BERR JOURNALIl y avait sûrement en 1942 des après-midi où la guerre et l’Occupation semblaient lointaines et irréelles dans ces rues. Sauf pour une jeune fille du nom d’Hélène Berr, qui savait qu’elle était au plus profond du malheur et de la barbarie ; mais impossible de le dire aux passants aimables et indifférents. Alors, elle écrivait un journal. Avait-elle le pressentiment que très loin dans l’avenir, on le lirait ? Ou craignait-elle que sa voix soit étouffée comme celles de millions de personnes massacrées sans laisser de traces ? Au seuil de ce livre, il faut se taire maintenant. écouter la voix d’Hélène et marcher à ses côtés. Une voix et une présence qui nous accompagnerons toute notre vie. »
Patrick Modiano

Ma lecture

J’ai entendu parler de ce journal grâce aux Bibliomaniacs, qui était un des coups de cœur de l’une d’entre elles (Léo je crois), en commençant la lecture je savais donc où je mettais mes yeux et j’ai attendu le bon moment pour le lire. La préface, émouvante et juste de Patrick Modiano donne le ton de ce que je vais découvrir ensuite. Il la compare à une plume similaire à celle de Katherine Mainsfield. Quel beau compliment pour elle qui aimait tant la littérature anglaise…..

Le livre est près de mon clavier et il est rempli de marque-pages, autant de repères dans ce livre où je me suis arrêtée si souvent émue ou interpellée, où j’ai pris le temps de réfléchir à ce qu’Hélène Berr nous transmet, c’est tellement profond, émouvant que je sais d’avance que je ne pourrai pas tout vous relater car il n’y a parfois aucun mot pour le dire.

Elle met en évidence tellement de questionnements, de façon objective, argumentée que l’on ne peut que noter, arrêter sa lecture pour réfléchir, remettre en question certains aspects sous un autre jour. Bien sûr c’est une lecture où la gorge se noue, où les larmes montent aux yeux tant pour les faits que pour la femme qui écrivait.

1942 – Paris, Hélène Berr commence à tenir un journal car elle a comme un pressentiment que sa vie ne va plus être la même désormais. Elle est à un moment de sa vie où tout se bouscule : études, guerre, amour. Elle devrait ne penser qu’à vivre, à aimer, à sourire mais depuis quelques semaines l’étau se resserre sur les juifs, le port de l’étoile devient obligatoire, elle refuse de s’y plier dans un premier temps puis la porte :

Seulement si je la porte, je veux toujours être très élégante et très digne, pour que les gens voient ce que c’est. Je veux faire la chose la plus courageuse. Ce soir je crois que c’est de la porter. (p54)

les discriminations envers les juifs sont de plus en plus nombreuses, sanctionnées en cas de violation et surtout les rafles sont de plus en plus fréquentes.  Les appartements des voisins, amis se vident de leurs occupants et leurs contenus sont pillés.

Son père, polytechnicien, sera une première fois arrêté et interné à Drancy d’où il sera libéré grâce à une « rançon » payée par ses employeurs,

En échange de Papa, ils nous prennent ce que nous estimions le plus : notre fierté, notre dignité, notre esprit de résistance. Non lâcheté. Les autres gens croient que nous jouissons de cette lâcheté. Jouir ! Mon Dieu. Et au fond, ils seront contents de ne plus avoir à nous admirer et à nous respecter. (p92)

certains membres de sa famille partiront s’exiler en zone dite libre, mais Hélène et ses parents, après moult hésitations, décident de rester dans l’appartement qu’ils occupent à Paris jusqu’en Mars 1944 vivant dans la peur jusqu’à leur arrestation et leur déportation.

Au cours des trois années où ce journal est tenu, le ton va évoluer.

En 1942 Hélène raconte par le menu ses sorties, ses activités, elle fréquente la Sorbonne, prépare une agrégation d’anglais, a fait des études de philosophie, elle joue du violon, a de nombreux amis, s’évade souvent dans la maison familiale qu’ils  possèdentà  Aubergenville où pendant quelques heures elle goutte au bonheur simple de cueillir et manger des fruits. La guerre semble parfois lointaine. Le ton est assez léger même si on sent poindre ça et là les craintes, les observations, les doutes d’Hélène. Elle se révolte sur le port de l’étoile mais elle ne peut résister longtemps, elle ne fait pas le poids. Au mois de Juillet la rafle du Veld’hiv et les arrestations massives mettent la famille face à la réalité de ce qui arrive. Les rumeurs sont fondées et par déduction Hélène comprend que les trains qui partent de Drancy sont des voyages sans retour…..

Je veux rester encore, pour connaître à fond ce qui s’est passé cette semaine, je le veux, pour pouvoir prêcher et secouer les indifférents. (p107)

En 1943 le ton et le contenu changent totalement, Hélène commence à imaginer ce qui les attend : elle anayse les faits, elle tente de trouver des réponses aux questions qui se posent à elle, sur l’homme, la religion, le mal, la peur, la mort. Il y a de la révolte en elle, de la colère parfois, de la rebellion. Elle n’a pas peur pour elle, mais pour ceux qu’elles aiment et les autres, pour tous ces enfants dont elle s’occupe dans une association de placement d’enfants juifs sans parents et le travail est énorme.

Biens et personnes disparaissent, certaines situations sont absurdes,  certains dénoncent, d’autres protègent, certains refusent les évidences et Hélène arpente les rues de Paris pour ne pas rester à subir : elle s’active, est bénévole dans une bibliothèque, vient en aide, prépare des colis, attend, tremble, espère……

1944 : les choses s’accélèrent, la vie de la famille devient très compliquée, les menaces d’arrestation se font de plus en plus précises, proches et ils passent sur la fin leurs nuits ailleurs, comme si les arrestations ne pouvaient avoir lieu le jour, jusqu’à ce jour de Mars, le jour de son 23ème anniversaire où ils seront arrêtés et partiront pour un voyage sans retour.

Comme pour le journal d’Anne Frank, autre témoignage bouleversant,on est saisi par la volonté de transmettre, de témoigner de leur quotidien, de la lucidité et du courage dont elles ont fait preuve. Toutes deux découvraient l’amour, Hélène vient de croiser la route de Jean (JM ou il) dans le journal, le garçon qu’elle aime et dont elle parle de façon si touchante, très mystérieuse, comme un trésor caché (la chose dit-elle) et auquel elle destine ce journal comme une prescience qu’elle peut disparaître :

J’ai un devoir à accomplir en écrivant, car il faut que les autres sachent. (p185)

J’ai trouvé beaucoup de profondeur dans ses questionnements sur ses ressentis, sa clairvoyance par rapport aux faits et ses tentatives pour comprendre l’attitude des français, de l’ennemi, des chrétiens face à cette tragédie que fût l’arrestation et la déportation des juifs.

Et ceux-ci ne sont que des hommes faibles et souvent lâches ou bornés. Est-ce que si le monde chrétien s’était levé en masse contre les persécutions, il n’aurait pas réussi ? J’en suis sûre.(…) Est-e que le pape est digne d’avoir le mandat de Dieu sur la Terre, lui qui reste impuissant devant la violation la plus flagrante des lois du Christ. (p189)

On est frappé par la lucidité dont elle fait preuve face aux événements, aux regards portés sur eux, à ses inquiétudes pour ceux qu’elle aime, pour ceux qui souffrent. Elle se donne sans compter jusqu’au dernier jour trouvant le réconfort dont elle a besoin dans la musique et la littérature en particulier Shelley et Keats qui lui apportent parfois du réconfort et des réponses à ses questionnements.

 Je ne peux que conseiller la lecture d’un tel ouvrage, il faut s’y préparer car la plume de l’auteure transmet tout son amour de la vie, des autres, il faut parfois poser le livre, laisser passer les émotions puis réfléchir à ce qu’elle nous transmet. Bien sûr cette guerre est finie mais il y en a d’autres, ailleurs et nous ne pouvons pas dire que l’on ne sait pas, que l’on ne voit pas, que l’on entend pas.

On peut imaginer le brillant avenir qui s’offrait à elle, ses capacités d’analyse et  la monstruosité de ce qui s’est passé ici, il n’y a pas si longtemps.

Il faut donc que j’écrive pour pouvoir plus tard montrer aux hommes ce qu’a été cette époque (…) chacun dans sa petite sphère peut faire quelque chose. Et s’il le peut, il le doit. (p187)

Les feuillets de son journal ont été remis à Andrée, leur cuisinière pour qu’elles les transmettent à Jean, son amour au cas où elle ne reviendrait pas. C’est sa nièce qui les a récupérés et fait publier en 2008, comme un devoir de mémoire.

C’était une jeune femme comme les autres passionnée, intelligente, qui voulait vivre auprès de Jean, qui a aidé jusqu’à son dernier souffle les femmes déportées avec elle à Bergen-Belsen, où elle s’éteint sous les coups d’une gardienne, car atteinte du typhus elle n’a pas pu se rendre à l’appel, 5 jours avant la libération du camp en 1945.

C’est une lecture, comme celle du Journal d’Anne Frank qui va m’accompagner longtemps, pas seulement par la narration des événements mais surtout pour la qualité de son écriture et la justesse de ses raisonnements, son refuge dans la littérature et la musique dans les jours les plus sombres, la générosité dont elle a fait preuve.

📕📕📕📕📕 COUP DE COEUR 

Editions Points – Mai 2009 – 329 pages

Ciao

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Cotton County de Eleanor Henderson

COTTON COUNTY

Cotton County, Géorgie, 1930. Elma Jesup, une jeune femme blanche, fille du métayer du domaine, met au monde deux jumeaux. L’un est blanc, l’autre mulâtre. Accusé de l’avoir violée, Genus Jackson, un ouvrier agricole noir, est aussitôt lynché par une foule haineuse avant que son corps ne soit traîné le long de la route qui mène au village le plus proche.

Malgré la suspicion de la communauté, Elma élève ses enfants de son mieux sous le toit de son père avec l’aide de Nan, une jeune domestique noire qu’elle considère comme sa soeur. Mais le récent drame a mis à mal des liens fragiles qui cachent bien des secrets. Jusqu’à faire éclater une vérité douloureuse qui va confronter chaque membre de la communauté à sa responsabilité dans la mort d’un homme et dans la division irrévocable d’une famille.

Pourquoi j’ai choisi ce livre

J’ai reçu ce livre grâce au Picabo River Book Club que je remercie ainsi que les Editions Albin Michel, personne n’en parlait encore car il est sorti le 20 Mars 2019, je ne connaissais pas l’auteure dont c’est le deuxième roman (Alphabet City était son premier roman), mais lorsque j’ai lu la quatrième de couverture j’ai tout de suite été emballée…… Alors je vous raconte….

Ma lecture

Bienvenue dans le sud de la Géorgie, dans le Comté du Coton (Cottom County). Ici rien ne bouge, rien ne change, ségrégation et racisme sont toujours en vigueur en cette année 1930,  lorsque nous débarquons chez les Jesup, où vivent Juke, le père, Nan et Genus les employés de couleur et Elma, 17 ans, la fille de Juke, qui vient de donner naissance à des jumeaux : l’une blanche, Winnafred, l’autre noir : Wilson. Impossible dites-vous ? Ici en Géorgie tout est possible, il suffit de…….

Et quand il y a la vie comme ces deux naissances inexplicables, inexpliquées de jumeaux-gémeaux dans cet état sudiste profondément ancré dans la haine de ce qui est différent et de la suprématie, il y a la mort qui vient réclamer son dû et on pénètre de plein fouet dans un drame qui prend ses racines bien avant ces naissances, celles-ci n’étant que le déclencheur de bombes à retardement qui sommeillaient.

Alors, ce même jour de Juillet, parce qu’il fait chaud, parce qu’on ne comprend rien à cette naissance bicolore, parce qu’il faut bien trouver un coupable, on lynche l’ouvrier agricole noir de la ferme, Genus Jackson, forcément accusé, forcément coupable..Tout le monde voit, tout le monde regarde mais personne n’est responsable. Cotton County c’est une communauté où tout le monde se côtoie, blancs, noirs, maîtres et esclaves main-d’œuvre, puissants et faibles. Ici il y a des alliances, des amitiés et des fossés que rien ne pourra combler comme ceux de chaque côté de la Twelve-Mile- Straight qui traverse le paysage.

Le pays a connu la dépression de 1929, la prohibition est en vigueur et dans le sud, comme ailleurs, la misère règne. Alors certains fabriquent ce que les autres désirent et sont prêt à payer cher, même si cet alcool abîme et détruit. C’est la loi de l’offre et de la demande et en dehors de la culture du sorgho et du maïs il y a désormais le gin, le « cotton-gin, que Juke distille pour étancher la soif des hommes et améliorer l’ordinaire.

Ici on est blanc ou noir enfin je devrais dire on naît blanc ou noir, du bon ou du mauvais côté et le bon côté est souvent celui des blancs. Ici, j’y ai vu a haine dans les yeux des bourreaux, ici j’ai entendu les souffrances muettes de Nan, 14 ans mais aussi les manipulations d’Elma, ici j’ai senti les haleines chargées d’alcool, ici j’ai vu la douleur et les rancœurs se déchaîner, ici j’ai vu la sueur et la peur perler sur le front des hommes et des femmes travaillant pour presque rien, subissant les désirs, les colères et les vengeances, Ici il y a les lieux pour les blancs et ceux pour les noirs, jamais les mêmes.

Dans ce roman, personne n’est tout blanc ou tout noir, chacun s’adapte, chacun cherche des réponses à des absences, à des affronts,  cherche à comprendre des bribes de souvenirs, à recoller les morceaux de vies brisées, les décès des mères d’Elma et Nan laissant les deux adolescentes sans repère féminin. Elle vont devoir se soutenir, s’aider,  liées depuis l’enfance par une amitié indéfectible.

Dès les premières pages, les premières lignes, Eleanor Henderson nous projette dans ce roman sombre, dans un drame qui va se dérouler sous nos yeux, inexorablement au fil des 641 pages.  On s’immerge au milieu des personnages, tel un témoin impuissant qui ne peut que constater qu’ici rien ne change, qu’ici il y a celui qui possède l’argent, les relations et la force, propriétaire tout puissant et influant de la filature de coton mais aussi du sol et des hommes.

Je ne vous dévoilerai pas le récit car je veux que vous ayez le même plaisir et les mêmes émotions que moi à la lecture de ce roman où il est question d’amour, de haine, de rivalité, de maternité, d’abus, de trafics, de silences, de femmes, d’enfants, de règlements de compte, de révélations, de vie et de mort.

L’auteure a construit son récit avec des allers-retours entre le présent avec la naissance des jumeaux sans jamais en dire trop et le passé, révélant au fur et à mesure,  par petites touches  la genèse du drame, car rien n’arrive par hasard.

C’est habilement mené, du début à la fin, sans temps mort, on ne se perd jamais, les acteurs tiennent leurs places, l’ambiance y est moite, les esprits et les corps s’échauffent vite surtout quand l’alcool les attise, que les sangs bouillonnent et que les femmes sont des proies faciles.

Lorsque je croyais m’être perdue, ne pas comprendre le pourquoi ni le comment, dans les pages qui suivaient l’auteure me donnait les explications par la voix des intéressés. Il y a une maîtrise du récit, un travail de documentation pour restituer la nature et les hommes.

A la manière d’un drame antique, tous les acteurs sont là, exposés avec leur noirceur souvent, leur beauté parfois, leur sacrifice ou leur rédemption, la nature tient sa place soufflant le chaud et le froid. Et puis il y a les absents mais tellement présents, les esprits qui hantent les mémoires et qui n’ont pas révélé tous leurs secrets….

On passe par tout un tas d’émotions au fil des pages, on croit comprendre ce qui est arrivé, ce qui va se passer et puis non, Eleanor Henderson nous emmène ailleurs, elle fouille au plus profond de cette terre de Géorgie où la culture du coton, si doux, si blanc abîme les dos, les doigts et les âmes, où la filature est le lieu de tous les pouvoirs, de tous les abus, où l’alambic réchauffe et brûle les corps et les esprits. C’est l’âme humaine qu’elle va chercher au plus profond de cette terre de Géorgie.

Dans ce récit tous les personnages interviennent, prennent la parole, racontent, se racontent, dévoilent un bout de cette histoire où blancs et noirs ne sortiront pas vainqueurs, où les vérités ne sont pas toujours celles que l’on croit, qu’à trop vouloir savoir on peut regretter l’ignorance, que toute vérité n’est pas bonne à dire.

La langue est la pire des malédictions, lui avait expliqué Ketty. Il y avait de la dignité à garder sa vérité à l’intérieur. Mais la vérité s’arrangeait toujours pour s’échapper, pour exploser comme le bocal de gin tombé d’entre ses cuisses.(p262)

Aucun temps mort, aucune longueur, le bien et le mal s’affrontent, se mêlent, prennent tour à tour le dessus, c’est un récit d’amour et de haine, c’est le chant d’une Amérique profonde, aux relents de sang et de sueur, où résonnent les plus bas instincts. C’est un roman captivant et qui tient en haleine jusqu’à la dernière ligne.

Elle repensa alors au couteau de sa mère, à sa langue, enterrée là-bas sous l’arbre à calebasses, et pendant un instant vertigineux, elle comprit : lorsqu’on vous a fait du mal, il vous faut parfois faire du mal en retour à ceux que vous aimez, pour être capable de supporter l’amour que vous leur vouez. (p637)

La musique qui berce le récit (citée dans le roman) : Sometimes I feel like a motherless Child (traduction : parfois je me sens comme un enfant sans mère)

📕📕📕📕📕 COUP DE COEUR

Merci aux Editions Albin Michel et au Picabo River Book Club pour cette lecture

Traduction de Amélie Juste-Thomas

Editions Albin Michel – Mars 2019 – 641 pages

Ciao

Né d’aucune femme de Franck Bouysse

NE D'AUCUNE FEMME« Mon père, on va bientôt vous demander de bénir le corps d’une femme à l’asile.
— Et alors, qu’y-a-t-il d’extraordinaire à cela ? demandai-je.
— Sous sa robe, c’est là que je les ai cachés.
— De quoi parlez-vous ?
— Les cahiers… Ceux de Rose. »

Ainsi sortent de l’ombre les cahiers de Rose, ceux dans lesquels elle a raconté son histoire, cherchant à briser le secret dont on voulait couvrir son destin. Franck Bouysse, lauréat de plus de dix prix littéraires, nous offre avec Né d’aucune femme la plus vibrante de ses oeuvres. Ce roman sensible et poignant confirme son immense talent à conter les failles et les grandeurs de l’âme humaine.

Pourquoi j’ai choisi ce livre

Je l’ai vu passer sur les réseaux sociaux, je n’ai jamais rien lu de Franck Bouysse, je ne lis que très rarement polars et thrillers, mais la couverture m’a hypnotisée et ceux qui l’avaient lu étaient enthousiastes. Un passage en libraire et le voilà dans ma pile et très vite sous mes yeux….

Ma lecture

La plus grande des difficultés maintenant c’est de trouver les mots afin de vous donner l’envie de lire ce livre…

J’ai à la fois découvert une terrifiante histoire mais aussi un auteur.

Car il faut lire roman si vous aimez les histoires qui vous embarquent dans un univers fou, si vous aimez une écriture poétique même dans les moments les plus sombres, si vous aimez les émotions, si vous aimez les frissons, si vous aimez une histoire comme un jeu de construction où chaque pièce s’emboîte parfaitement, à un moment ou à un autre.

Je ne connaissais pas Franck Bouysse, même pas de nom, il ne fait pas partie de mon univers livresque et je me suis fait faucher, balader, emporter par son écriture et son récit. Cette lecture a été un voyage dont on ne ressort pas indemne, elle va me suivre et me poursuivre, car c’est une plongée dans le noir, le sombre mais le beau…..

Mais :

Il est grand temps que les ombres passent aux aveux. (p10)

Une femme, Rose,  est morte dans un asile et Gabriel, le curé du village, se voit confier une bien étrange mission. Récupérer deux cahiers glissés sous la robe de la morte à sa demande. Qui est-elle ? Pourquoi cette dernière volonté ?

A la lecture des deux cahiers, Gabriel va découvrir une terrifiante histoire, qui comporte bien des noirceurs.

Alors, je me résous à laisser aller mon regard sur la première feuille, afin que disparaissent les ombres trompeuses, pour en faire naître de nouvelles, que je me prépare à découvrir, au risque de les assombrir plus encore. Ces ombres en éclats d’obscurité qui n’épargne rien ni personne, sinon dans la plus parfaite des nuits qu’est la mort, avant le grand jugement. (p37)

Je ne peux vous en dire plus sinon qu’il y est question de famille, de pauvreté, de conscience mais aussi du mal, du pouvoir et d’amour. Il faut, comme je l’ai fait, rien en savoir, l’ouvrir et commencer la lecture. L’auteur a construit son récit par la narration à plusieurs voix, toutes ont de l’importance, leur ordre d’apparition également. Se laisser emporter par la beauté des descriptions de personnages, de paysages, d’atmosphère : Franck Bouysse a trouvé les mots, les phrases, le style qui imprègnent, qui collent à cette histoire.

Tout a son importance, chaque élément, chaque détail, chaque personnage. C’est une mécanique extrêmement précise, huilée, implacable, on pense à plusieurs moments comprendre, imaginer la suite mais seul l’auteur la connaît….. Il en est le maître

On n’a pas les mêmes égoïsmes, mais on peut s’en faire un même nœud au cœur (p140)

Les personnages sont forts, ils ont tous été parfaitement intégrés définis, décrits et tiennent chacun leur place. Franck Bouysse allie brutalité et douceur, horreur et humanité. L’équilibre est parfait, justifié, argumenté. Cela tient debout même dans le pire. Mais où va-t-il chercher tout cela ?

L’écriture est à la fois sèche mais aussi enflammée, une plongée dans les sentiments humains, les plus sombres comme les plus beaux :

Trois filles arrachées au néant, au motif qu’un homme et une femme se doivent de fabriquer un peu plus qu’eux-mêmes pour échapper au temps, sans penser ni même imaginer un seul instant les malheurs à venir et le cadeau empoisonné que peut devenir une vie. Un cadeau pouvant se révéler bien pire que le néant préalable, qui n’est rien d’autre qu’une absence jamais considérée par les hommes, et pas plus par un dieu. Parce que sortir un petit être du néant d’avant pour lui offrir celui d’après est une immense responsabilité et en sortir quatre, une pure folie. (p201)

Il y a par moment l’écrivain qui se glisse dans ses personnages, il utilise pour chacun un langue propre à sa condition, à ce qu’il est :

Les mots passent de ma tête à ma main avec une facilité que j’aurais jamais crue possible, même ceux que je pensais pas posséder, des mots que j’ai sûrement appris aux Landes, ou bien lus dans le journal du maître, et d’autres que j’invente. Je peux pas m’arrêter quand je suis enfermée dans cette chambre. Ils représentent la seule liberté à laquelle j’ai droit, une liberté qu’on peut  pas me retirer, puisque personne, à part Génie, sait qu’ils existent. J’ai plus besoin de travailler. J’ai aussi quelqu’un à qui parler de temps en temps, et des mots à jeter sur du papier. Qu’est-ce que je pourrais demander de plus aujourd’hui. (p233)

c’est un roman de contrastes, comme la couverture le montre  : la force et la douceur, le rude et le doux, comme un décalage, comme une vie saccagée mais où l’espoir et l’amour peuvent tenir dans les bras et le regard de cette femme pour l’enfant.

C’est une histoire de folie, celle dont il est question, celle de la folie de certains êtres mais aussi c’est une histoire de la folie livresque qui nous saisit par la qualité de l’écriture qui évite de tomber dans le glauque même si les faits sont parfois terrifiants.

Ici, c’est pas la folie des autres qui me fait peur, c’est de pas pouvoir m’y réfugier moi. (p234)

Franck Bouysse ne se contente pas de raconter une tragique histoire, il nous embarque dans le tréfonds des âmes humaines, dans ce qu’elles ont de plus noir mais aussi de plus beau. Il y est question de paysages, d’ambiance, de lieux, d’animaux, de conscience : chacun tient sa place, chacun joue son rôle et c’est tout à fait le genre de livre dont on se souvient longtemps après, qui laisse une empreinte indélébile dans notre mémoire.

📕📕📕📕 COUP DE ❤

Editions Manufacture des Livres – Novembre 2018 – 334 pages

Ciao

Des hommes couleur de ciel de Anaïs LLobet

des hommes couleur de ciel

Dans le pays où est né Oumar, il n’existe pas de mot pour dire ce qu’il est, seulement des périphrases : stigal basakh vol stag, un « homme couleur de ciel ». Réfugié à La Haye, le jeune Tchétchène se fait appeler Adam, passe son baccalauréat, boit des vodka-orange et ose embrasser des garçons dans l’obscurité des clubs. Mais il ne vit sa liberté que prudemment et dissimule sa nouvelle vie à son jeune frère Kirem, à la colère muette.Par une journée de juin, Oumar est soudain mêlé à l’impensable, au pire, qui advient dans son ancien lycée. La police est formelle : le terrible attentat a été commis par un lycéen tchétchène. Des hommes couleur de ciel est l’histoire de deux frères en exil qui ont voulu reconstruire leur vie en Europe. C’est l’histoire de leurs failes et de leurs cicatrices. Une histoire d’intégration et de désintégration.

Ma lecture

Mon premier coup de cœur de 2019 et je ne m’y attendais absolument pas. Je ne suis pas une lectrice de livres sur la guerre, les conflits etc…. Je me suis lancée en lisant le résumé qui m’a intrigué mais la photo de couverture me laissait supposer un roman où la violence était très présente et j’évite les récits en comportant, surtout lorsqu’elle est inutile…..

Et bien j’ai été fauchée dès les premières lignes, les premières pages, comme soufflée par une déflagration mais une déflagration littéraire. On est très vite immergée dans cette aventure, oui aventure, car il n’y a pas un moment où l’on est pas pris par les mots, par l’histoire, par les histoires, par les personnages.

Il ressort de ce récit beaucoup de thèmes : l’exil en premier car c’est ce qui lie les protagonistes. Etre arrachés à ses racines, à une violence et une douleur qui vous lient à votre pays, qui a imprégné vos jours, vos nuits mais aussi votre esprit.

Une quête de l’identité : qui est-on, qui devient-on quand on quitte un pays en guerre, devient-on un autre  ou reste-t-on à jamais ancré dans ses racines ?

Identité sexuelle également : comment assumer celle-ci lorsque votre éducation,  votre religion, vos racines vous condamnent. Chacun a gardé en soi ses préceptes et s’adapte ou non à la nouvelle vie qui s’offre à lui.

Anaïss Llobet a habilement mêlé les destins de trois personnages : deux frères Oumar et Kirem, presque jumeaux physiquement et une professeur de russe, Alissa, vivant tous les trois à La Haye aux Pays-Bas, un pays de liberté, mais il n’est pas toujours facile de s’adapter à une liberté à laquelle rien ne vous préparait. Pour chacun c’est une affaire personnelle.

L’exil se vit seul. (p172)

Oumar décide de mener une double vie, se transformant en Adam pour devenir celui qu’il est réellement, Alissa elle est devenue Alice, cachant ses origines dans le lycée où elle travaille mais aussi à son compagnon, faisant le choix de naviguer entre les deux cultures. Kirem lui refuse toute intégration.

Ne plus être ce que l’on a été car exilé, ne plus avoir les mêmes convictions, peut-on s’affranchir de l’éducation reçue ou reste-t-elle profondément ancrée en soi. Un roman dans lequel les personnages posent des questionnements qui ne peuvent laisser indifférent.

Trois positions, trois destins disséqués principalement à travers les récits d’Oumar et d’Alice, qui oscillent dans les choix à faire, partagés entre passé marqué par le conflit qui opposent la Russie et la Tchétchènie, présent où les doutes s’installent et futur que l’on décide de s’octroyer.

Il est également question des choix : a-t-on toujours le choix ? Peut-on finalement choisir d’être soi, peut-on choisir sa vie ?

C’est un vrai coup de cœur dans tous les critères : écriture, construction du récit avec une pression et une enquête qui nous tiennent en haleine jusqu’au bout, style limpide, clair. Des personnages loin d’être stéréotypés, tout en nuances, en fragilité.

Je n’en dis pas plus…. je vous laisse découvrir qui sont ces Hommes couleur de ciel, joli titre qui cache bien des souffrances.

📕📕📕📕 COUP DE ❤

Merci aux Editions de l’Observatoire pour cette lecture

Editions de l’Observatoire – Janvier 2019 – 210 pages

Ciao

 

Journal d’un écrivain de Virginia Woolf

JOURNAL D'UN ECRIVAIN

 » J’ai lu attentivement les vingt-six volumes du Journal de Virginia Woolf et j’en ai extrait, pour ce volume, tout ce qui relève de son travail d’écrivain. J’y ai incorporé en outre trois autres genres d’extraits d’abord les passages dans lesquels elle se sert très nettement de son Journal comme d’un instrument lui permettant d’exercer ou de mettre à l’épreuve l’art d’écrire ; ensuite des passages qui, sans avoir trait directement ou indirectement à son travail, m’ont paru s’imposer dans ce choix parce qu’ils donnent au lecteur une idée de l’impression immédiate qu’exerçaient sur son esprit telles scènes ou telles personnes ; enfin un certain nombre de passages dans lesquels elle commente les livres qu’elle est en train d’écrire. » Leonard Woolf.

Ma lecture

J’ai découvert assez récemment Virginia Woolf avec Un lieu à soi et depuis je suis très admirative de son écriture, de son univers mais aussi de la femme….. J’ai lu Mrs Dalloway, Vers le phare, Orlando des romans tous très différents, d’une écriture exigeante, précise, ciselée et j’ai encore sur mes étagères des romans à découvrir : Les Années, Nuit et jour ainsi que Je te dois tout le bonheur de ma vie de Carole d’Yvoire, une sorte de biographie du couple Woolf.

Léonard Woolf est à l’origine de la publication de ce journal en 1953 soit 12 ans après son suicide. Elle tenait en effet un journal depuis 1915 jusqu’au 9 Mars 1941 soit 19 jours avant sa mort. Il y est essentiellement noté son travail d’écriture et si on lit Virginia Woolf il est particulièrement intéressant de découvrir, comme par exemple pour Mrs Dalloway ou Vers le Phare, toutes les options qu’elle a envisagées.

Pour qui s’intéresse à l’écriture, au métier d’écrivain, on ne peut être qu’admiratif pour l’acharnement avec lequel elle remet cent fois son travail sur le métier, à chaque moment de ses jours et de ses nuits,  de façon obsédante :

Comme j’aimerais  – je me disais cela pendant la promenade en auto cet après-midi – écrire de nouveau une phrase ! Que c’est merveilleux de la sentir prendre forme et se courber sous mes doigts ! (11 Mars 1935) – (p376)

Le journal commence en Aôut 1918. Elle ne le tient pas toujours régulièrement, suivant son humeur (très changeante), son travail d’écriture et de critique, ses lectures, les voyages qu’elle fait. Certaines années elle ne consigne que peu de choses, parle souvent de ses migraines qui peuvent la terrasser pendant plusieurs jours. Elle souffre en effet de différents maux : migraines, vertiges, manque d’appétit, mais je pense aussi des phases de mélancolie ou d’épuisement qui la terrassent parfois plusieurs jours

Mais comment pourrait-il en être autrement quand on voit l’ énergie qu’elle déploie pour arriver au but qu’elle s’est fixée : son esprit est toujours en alerte sur un sujet, un mot, une tournure de phrase, une observation, un sentiment,  la façon de réduire  au maximum pour en extraire la moelle. Quand elle est dans une période de création, son esprit est accaparé par ses personnages : tout est utile à la mise en place de ceux-ci, des lieux, des attitudes, elle les définit très précisément, revient sur un geste, une action jusqu’à trouver le juste équilibre. Elle se sert bien sûr de son imaginaire, mais aussi de ses rêves, de ses rencontres, de ses promenades dans la nature, vitales pour elle.

Quand à mon prochain livre, je vais me retenir de l’écrire jusqu’à ce qu’il s’impose à moi ; jusqu’à ce qu’il soit lourd dans ma tête comme une poire mûre, pendante, pesante, et demande à être cueillie juste avant qu’elle ne tombe. Les Ephémères continuent à me hanter, arrivant comme toujours, sans crier gare, entre le thé et le dîner, pendant que L. fait marcher le gramophone. J’esquisse une page ou deux, puis me contrains à m’arrêter. (p222)

Elle passe pour un même roman par des phases d’euphorie, de découragement, d’indifférence, se promettant à chaque fois que ce sera le dernier mais une fois le livre édité (et parfois même avant) elle a déjà en tête le prochain. C’est une infatigable auteure, une créatrice jamais satisfaite, jamais pleinement heureuse.

Je suis un peu dégoûtée d’Orlando. Je commence à être assez indifférente à ce que pensent les gens. La joie de vivre est dans ce qu’on fait (une fois de plus je cite tout de travers.) Je veux dire que c’est le fait d’écrire et non d’être lue qui me stimule. Et comme je suis incapable d’écrire pendant qu’on me lit, le cœur me manque toujours un peu, et puis je reprends le dessus, mais je ne suis pas aussi heureuse que dans la solitude.(Samedi 27 Octobre 1928) – (p215)

On comprend également la précarité de son travail et ses angoisse. Elle calcule régulièrement :

  • combien de livres espère-t-elle vendre,
  • combien vont-ils lui rapporter ses livres,
  • ce qu’elle fera de cet argent,
  • l’importance des lieux où elle vit, son attachement à ceux-ci

J’ai particulièrement aimé sa verve, son franc-parler quand elle aborde le thème de la littérature mais aussi le regard qu’elle porte sur le monde et la société qui l’entourent et l’avantage du journal intime c’est que l’on peut y déposer toutes ses pensées sans crainte. C’est un objet très personnel et elle s’en sert parfois comme d’un exutoire aux sentiments, à l’impatience, la colère qui l’envahissent.

J’ai commencé ma lecture il y a plusieurs mois, découvrant quelques pages chaque jour (enfin presque). J’ai trouvé ma lecture passionnante : Virginia Woolf relate avec précision le colossal travail que demande l’écriture, ses exigences. Un roman pouvait lui prendre plusieurs mois voir années sachant qu’elle utilise principalement la plume (et ensuite la machine à écrire), compte les mots, les réduit, les triture. Un premier jet, puis une relecture puis une remise en forme et toujours le doute qui l’assaille : Son livre se vendra-t-il ? Quelles seront les critiques ? Qu’en pense Léonard (dans lequel elle a totalement confiance).

Je voudrais que ce livre contienne : satire, comédie, poésie, narration ; mais quelle forme peut contenir tout cela ? Devrais-je introduire une pièce de théâtre, des lettres, des poèmes ? Je crois que je commence à saisir l’ensemble. Et cela doit finir avec la pression de la vie normale et quotidienne qui continue. Et il faut y faire entrer, mais sans prêcher, des millions d’idées : histoire, politique, féminisme, art, littérature, en bref la somme de tout ce que je sais, sens, méprise, raille, aime, admire, déteste, etc….. (25 Avril 1933) – (p311)

Elle parle également de ses lectures : en Août 1933 elle analyse la forme des romans de Dostoïevski et Tourgueniev,  lit régulièrement Shakespeare (une référence pour elle),  Henry James, Dickens etc….. C’est une auteure mais aussi une dévoreuse de littérature, amoureuse des livres :

Quel immense et fertile plaisir me donnent les livres ! En rentrant, j’en ai trouvé la table toute chargée.  Je les ai tous regardés et renflés. Je n’ai pas pu m’empêcher d’emporter celui-là et de le mettre en perce (?) Je crois que je pourrais vivre heureuse ici et lire jusqu’à la fin des temps. (24 Août 1933) – (p331)

Elle est aussi exigeante avec ses lectures qu’avec son travail d’écrivain, analysant, recherchant la perfection dans l’écriture des autres. Voici ce qu’elle écrit le 23 Juin 1937 de la lecture d’Amour pour Amour de Congreve :

Cela ne vaut rien d’écrire après la lecture d’Amour pour Amour. Un chef-d’œuvre. Je ne m’étais jamais rendu compte à quel point c’était bon. Et quel stimulant que de relire ces chefs-d’oeuvre ! Cette langue anglaise dure et superbe. Oui. Il faut toujours tenir les classiques à portée de sa main afin d’éviter le facile. (p446)

22 ans de sa vie, de son travail d’écrivain mais aussi son regard sur le monde qui l’entoure et plus particulièrement son inquiétude avec l’arrivée d’Hittler et le début de la deuxième guerre mondiale, avec les bombardements sur l’Angleterre avant de décider de mettre fin à ses jours.

Il y a de nombreuses touches d’humour et la preuve en est, les dernières phrases qu’elle a écrites le 9 Mars 1941 dans son journal :

Et maintenant, je m’aperçois, non sans plaisir, qu’il est sept heures, et que je dois préparer le dîner. Haddock et chair à saucisse. Il est vrai, je crois que l’on acquiert une certaine maîtrise de la saucisse et du haddock en les couchant par écrit. (p574)

Ce journal est un magnifique recueil pour tout passionné(e) de lectures, de littérature, du travail d’écrivain, de la recherche des mots, de la construction d’un récit. C’est également des chroniques sur plus de 20 ans de la vie anglaise, so british, avec ses cottages, son art de vivre, son flegme, ses tea-times etc…. J’ai aimé, beaucoup, cela me confirme mon attirance pour cette auteure et pour la littérature anglaise.

VIRGINIA WOOLF

Mon avis : 📕📕📕📕/📕 COUP DE

Editions 10/18 –  Octobre 2000 – 574 pages (Première édition en 1953)

Ciao