Les vieux fourneaux – Tome 6 – L’oreille bouchée de Lupano et Cauuet

Une nouvelle aventure des trois septuagénaires dans le berceau de l’or jaune.
Les Vieux Fourneaux raconte les aventures de trois septuagénaires, amis depuis leur plus tendre enfance: Antoine, Emile et Pierrot. Chacun a suivi sa route, chacun a fait ses choix, chacun a fondé (ou pas) une famille. Séquelles, souvenirs, fragments de vies (presque) passées. Il reste pourtant à ces trois-là de belles choses à vivre, et une solide amitié chevillée au corps.
Les Vieux Fourneaux, à travers d’incessants va-et-vient entre les années cinquante et les années 2010, raconte sur un mode tragi-comique notre époque, ses bouleversements sociaux, politiques et culturels, ses périodes de crise.

Ma lecture

J’aime toujours retrouver Les Vieux Fourneaux car je sais qu’avec eux je ne m’ennuie jamais, qu’ils savent me faire sourire et parfois rire, qu’ils ont les mots et les illustrations qui me sortent de l’ordinaire, du bien-pensé, des chemins tracés, mais je dois vous avouer que cette fois-ci je les ai trouvés un peu poussifs, comme si ils ne savaient plus trop quoi « attaquer » pour pousser leurs « gueulantes », mettre le bazar et faire la révolution.

J’ai d’abord retrouvé Pierrot et Antoine à Paris, un peu désœuvrés et l’invitation d’Emile de venir le rejoindre en Guyane tombait à point même s’ils ne connaissaient le but du voyage ni dans quel combat ils allaient se lancer.

Cette fois-ci ils vont s’attaquer à l’Or et les dégâts que provoque son extraction…. Ecologie donc dans l’Outre-mer.

Et bien oui j’ai souri quelques fois mais dans l’ensemble je les ai trouvés très pépères les compères….. Vieilliraient-ils ou trouveraient-ils moins de causes où exercer leurs verves ?

J’ai aimé cette bulle d’humour mais moins que dans les précédents, comme un air de réchauffé, d’épuisement, de manque d’idées pour se renouveler. Réveillez-vous il y a encore tellement de combats à mener, de barricades à élever. je ne vous tiens pas rigueur de cette baisse de régime ou alors cela vient de moi et désormais j’attends de vous encore plus….

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Editions Dargaud – Novembre 2020 – 56 pages

Ciao 📚

Une folie passagère de Nicolas Robin

UNE FOLIE PASSAGERE IG« Une femme dans mon genre n’a pas droit à l’erreur. Je me fais cette réflexion chaque matin au réveil, sitôt que j’ouvre les yeux… »

Bérengère s’évertue à être une parfaite hôtesse de l’air ; elle fait du ciel le plus bel endroit de la terre. Elle a quarante ans, vingt ans de métier, douze mille heures de vol au compteur, une robe turquoise sans faux plis et un impeccable chignon banane. Mais elle est en train de passer à côté de sa vie de femme, et certains ne manquent pas de le lui rappeler : ni mari ni enfants, quelques amants de passage sans considération pour elle.

Pourtant, elle cache ses blessures sous son uniforme et rien ne semble pouvoir altérer son désir de maîtrise et de perfection. Jusqu’au jour où une série de contretemps et d’obstacles vient dérégler cette mécanique bien huilée. Elle embarque alors pour une destination imprévue, sur un vol riche en surprises, qui ne sera pas de tout repos, et, poussée à bout, en vient à commettre l’irréparable.

Et si c’était dans la perte de contrôle que l’on trouvait le bonheur ?

Nicolas Robin relate les aléas d’une vie de navigant avec une plume alerte et pleine de fantaisie. Dans le ton des comédies loufoques qui mêlent humour, émotion et férocité.

Ma lecture

J’ai entrepris de sortir de ma PAL des livres que j’ai réceptionnés pour diverses raisons et toujours pas lus. Celui-ci en fait partie. Je l’ai reçu dans le cadre d’un concours je crois, mais vous commencez à me connaître, ce n’est pas le genre de littérature dans lequel je me plonge habituellement mais partant du principe que les choses ne sont pas figées, qu’une surprise peut survenir, je tente parfois d’aller là où je mets jamais les pieds. Alors je confirme : Ce n’est pas pour moi et je vais vous dire pourquoi. Ce n’est qu’un ressenti personnel par rapport à ce que j’attends d’une lecture.

Alors me voilà partie pour un voyage en compagnie de Bérangère, une hôtesse de l’air qui traverse une zone de turbulences de diverses sortes. Amour, estime de soi, famille, crise de la quarantaine, collègues de travail etc…. Rien ne va dans sa vie. Je l’ai suivie pendant trois jours de folie comme on ne les souhaiterait à personne, des catastrophes à la pelle, vous savez ce que l’on appelle la loi des séries, la scoumoune et monter dans un avion avec une hôtesse marquée à ce point par la malchance tient de l’héroïsme.

Les 232 pages que j’ai lues jusqu’au bout, vite, sans effort se tournent à la vitesse supersonique (trop facile, j’ai honte) ce roman entrant dans une catégorie où les codes sont connus, où l’on sait très vite que tout se terminera bien, en semant ici et là tous les ingrédients et indices, les stéréotypes pour un happy-end inévitable.

Que dire :  ce n’est pas un genre que j’apprécie. Un livre pour faire du bien ? Pour remonter le moral ? Oui peut-être mais moi il me laisse indifférente. J’ai beaucoup pensé pendant ma lecture à ces films dit de comédie romantique qui sortent par milliers toujours différents mais finalement toujours les mêmes. Il y a de l’humour mais aussi des répétitions, de la romance, Rodrigue, dès son apparition dans le premier tiers a tous les traits du prince qui sauvera la prineesse l’hôtesse en détresse. 

L’auteur porte un regard sur le métier d’hôtesse de l’air, qui fait peut-être rêver par le côté voyages, prestige mais à travers Bérangère il le montre sous un jour moins idéal, soumis à une pression constante, devant garder en toute circonstance allure et sourire, sollicitée et mise à mal par des passagers parfois grossiers, devant faire face à des situations relevant de la goujaterie ou du manque de civilité et en cela l’auteur casse un « mythe ».

Les passagers ignorent que les hôtesses de l’air se cachent dans les toilettes de l’avion pour pleurer. (p103)

J’ai hésité à rédiger cette chronique car je ne me sens pas la mieux placer pour le faire mais Je ne m’étendrai pas plus car je n’ai pas grand-chose à en dire. Je le conseille (mais suis-je bonne conseillère dans le cas présent) à tous les amateur (trice)s du genre, moi j’en suis sortie comme j’y suis entrée, pas plus mal, mais pas mieux me demandant, quand même, ce que j’avais été faire dans cet avion ce livre. Mais j’en ai tiré un bénéfice : cela confirme mon peu d’attrait pour ce genre.

Editions Anne Carrière – Mars 2019 – 232 pages

Ciao

Les Indes fourbes de Alain Ayroles et Juanjo Guardido

LES INDES FOURBESFripouille sympathique, Don Pablos de Ségovie fait le récit de ses aventures picaresques dans cette Amérique qu’on appelait encore les Indes au siècle d’or.

Tour à tour misérable et richissime, adoré et conspué, ses tribulations le mèneront des bas-fonds aux palais, des pics de la Cordillère aux méandres de l’Amazone, jusqu’à ce lieu mythique du Nouveau Monde : l’Eldorado !

Ma lecture – COUP DE 💗

Tu m’as bien eue Pablos et même si tu m’as roulée, baladée je te remercie car j’ai vécu un vrai grand moment de plaisir. Plaisir des mots et des yeux car c’est l’accord parfait entre histoire et dessins, lecture et voyage, intrigue et humour.

Je n’ai pas la verve de Pablos pour narrer tout ce que je pense de cette « œuvre » car je trouve que le terme de BD serait bien réducteur. Il s’agit là d’un ouvrage alliant à la fois beauté des illustrations et récit palpitant car Alain Ayroles, scénariste, nous entraîne dans une folle aventure picaresque, riche en événements, en fausses pistes, en rebondissements s’alliant  à Juanjo Guarnido qui donne vie et couleurs aux textes.

C’est formidablement construit, drôle, on suit ce filou de Pablos plein de ressources pour atteindre l’El Dorado, ne reculant devant aucun stratagème pour atteindre son but et même s’il est très sympathique ne lui faites pas confiance car lui seul détient la vérité sur son parcours, tout n’est souvent qu’apparences et quand vous croyez l’histoire finie, elle repart dans un autre sens, prend un nouveau départ.

D’ailleurs je ne peux rien vous révéler de plus que le résumé de la quatrième de couverture il faut ouvrir le livre, bien s’installer et écouter Pablos car c’est lui qui tire les ficelles, il faut accepter le challenge, même si les vérités se mêlent, s’entremêlent, si les visages apparaissent, disparaissent pour mieux renaître…… Mais chut ….

C’est grandiose, magique, on tourne les pages, on revient en arrière, on admire la qualité des dessins, la richesse des détails, les couleurs, les expressions des personnages, les costumes, les paysages et l’on se laisse bercer par ce chenapan, qui parfois se voudrait  philosophe mais attention c’est un philosophe manipulateur, un usurpateur et même s’il possède l’art et la manière de vous embobiner, il n’a qu’un seul but : l’Or.

L’itinéraire de ce génial filou est totalement maîtrisé, construit et le plaisir que l’on ressent à tourner les pages, à comprendre et au fur et à mesure à nous méfier de son discours car finalement il n’y a que Pablos qui détient la vérité.

Merci à Alain Ayroles et Juanjo Guarnido pour cette aventure car il s’agit bien là d’une aventure mais presque aussi d’une œuvre d’art par la qualité du contenu. Le genre d’ouvrage que l’on lit, relit sans se lasser car je pense qu’à chaque lecture, même si on connaît la trame, on prend plaisir à découvrir d’autres détails, d’autres paysages et d’autres filouteries de ce Pablos.

LES INDES FOURBES 1LES INDES FOURBES 2LES INDES FOURBES 3LES INDES FOURBES 4

Prix Landernau Bandes dessinées 2019

Editions Delcourt – Août 2019 – 160 pages

Ciao