Histoire du Lion Personne de Stéphane Audeguy

HISTOIRE DU LION

Livre lu dans le cadre du Prix du Meilleur Roman Points 2018

Basé sur des faits réels, apparemment, ce court récit retrace l’existence de Kena qui se traduit par Personne, Lion du Sénégal, trouvé par le jeune orphelin Yacine en 1786 dans la savane sénégalaise et qui terminera son existence à Paris.

Un profond attachement lie l’enfant et l’animal qui perd tout de ses caractéristiques sauvages se transformant en animal domestique.

Elevé et souvent aimé car docile par différents personnages au long de sa vie dont Jean-Gabriel Pelletan au Sénégal, Directeur de comptoirs commerciaux a la double vie et Jean Dubois, intendant de la Ménagerie Royale, passionné de Nature, l’animal se lie également à un chien, Hercule et ces deux animaux traversent les événements dont une révolution ensemble.

L’écriture est agréable voire même un peu dans le contexte de l’époque par moment, récit riche d’informations, instructif.

J’ai lu ce roman comme un documentaire, une page d’histoire animalière mais sans réel attachement. Une narration en trois parties : Afrique, voyage et arrivée en France, Versailles et Jardin Royal, faites de courts chapitres. L’auteur retrace non seulement le parcours de ce félin, son destin quelque peu étrange et inhabituel, sur deux continents dans une époque troublée, loin de son milieu sauvage nature mais aussi les destinées et contextes de différents protagonistes : Yacine, Pelletan et Dubois entre autres qui protégèrent et aimèrent ce lion qui ne connut que l’homme dont il dépendra totalement.

Comment le destin de ce roi des animaux se transformera en animal de compagnie, docile, aimant, voyageant d’un continent à l’autre, survivant aux pires conditions, humilié, oublié.

Description d’une époque, également, les comptoirs commerciaux en Afrique, l’esclavage, Versailles, la révolution française mais aussi histoires de moeurs et d’attachement de l’homme à l’animal, d’instinct mais aussi histoire d’amour d’un homme pour un autre homme.

Mais il m’a manqué un je-ne-sais quoi pour ressentir de l’émotion, il aurait fallu peut être un peu plus de vie (le récit est uniquement dans la narration), un peu moins de distance. Une prise de conscience peut être pour certain(e)s que l’homme peut être sauveur et destructeur pour la faune mais aussi pour lui-même….. Un fond de philosophie, de dépaysement, un beau voyage mais sans réelle émotion.

Il pensait que les Noirs mentaient tout autant que les Blancs, que ce monde entier mentait ; et que malheureusement il n’en était pas d’autre. (p166)

Ma note : ♥♥♥

Ciao

 

 

 

Le chat qui m’aimait de Kwong Kuen-Shan

LE CHAT QUI M'AIMAIT

Merci aux Editions de l’Archipel et Babelio de m’avoir donné l’opportunité de découvrir ce roman qui m’a procuré beaucoup d’émotions et a résonné en moi profondément car je partage, moi aussi, ma vie avec une chatte qui est devenue au fil du temps un élément important de mon équilibre et de ma vie.

Si vous avez un animal domestique et plus particulièrement un chat, vous devez lire ce joli petit livre. Vous vous y retrouverez, vous comprendrez mieux votre compagnon et oui le chat est un philosophe.

En premier je veux attirer l’attention sur la qualité du livre. Une couverture toute douce à l’image du récit et de la fourrure du chat. Des illustrations réalisées par l’auteure toute en finesse, en douceur et un texte délicat, tendre et poétique. Des chapîtres courts, s’ouvrant souvent avec une jolie citation ou proverbe.

Un livre c’est une histoire, des mots, une écriture mais quand il s’accompagne également d’une présentation de qualité il faut le dire et celle-ci est je pense à l’image du travail de Kwong Kuen-Shan.

L’auteure, phobique des chats, vivant au Pays de Galles avec son mari Chris, médecin, s’installe dans la campagne et voit arriver un beau jour Healey, pas un inconnu, car ce chat appartenait à des voisins qui avaient déménagé mais lui, le chat avait décidé de revenir par 4 fois sur son territoire natal et fut donc adopté par ce couple.

Quand vous aimez quelqu’un, méfiez-vous de ses faiblesses

Quand vous n’aimez pas quelqu’un, méfiez-vous de ses forces

Confucius

Elle nous raconte sa vie auprès de ce chat avec lequel elle noue une complicité qui prendra du temps mais deviendra profonde, faite de respect, de distance mais aussi de domestication (peut être plus de l’humain par le chat que l’inverse d’ailleurs). Petit à petit ils vont se connaître, se trouver et s’aimer.

Ne jugez pas les gens d’après leur apparence. Jugez-les à leurs actes.

Proverbe chinois

Jour après jour, avec infiniment de philosophie, d’humour aussi chacun va observer l’autre : connaître ses limites, ne pas les franchir pour certaines, aller au-delà pour d’autres. En regardant vivre Healey elle va souvent faire le lien avec sa propre vie, ses souvenirs d’enfant, ses douleurs.

Un parleur de qualité est avare de mots

Mencius

Oui Healey révélera un art de vivre, de comportement même à l’arrivée de Rocco et Joseph deux chats compagnons de jeux. Une maison où règne le bonheur mais où les souvenirs de l’enfance remonteront parfois de façon douloureuse, entourée par la nature où les chats rythment leurs vies, jouent, chassent.

Il est difficile de parler du lien qui peut nous unir à un animal : souvent cela passe par un regard, un frottement, une caresse, une présence. J’ai été bouleversée par certains passages car, plus que l’autobiographie d’une vie avec un chat,c’est une analyse, une observation des rites, des comportements jusqu’à une philosophie que le chat apporte à l’homme.

Je ne cours pas après ce que je n’ai pas (p108)

J’aime et j’apprécie tout ce que j’ai en temps réel (p108)

Moins on en sait, plus on est sûr de soi (p87)

Confucius

J’y ai retrouvé certaines scènes de ma vie (et je me suis sentie beaucoup moins incomprise). Oui un chat vous choisit et votre vie change. Je parle d’une relation profonde, tendre mais respectueuse : un chat règne dans la maison, c’est sa maison et l’on devient bientôt presque sa « chose » mais il n’y a pas de problème car c’est librement consenti : chacun signe le contrat.

Le sage s’adapte prudemment à l’inévitable

Tandis que le fou résiste et se bat aveuglément

Proverbe chinois

Comme un chat vient à votre rencontre, ce livre est venu dans ma maison et je pense que je le feuillèterais de temps en temps, afin d’y trouver peut être une réponse à un attitude mais aussi des réflexions sur la vie, la mort, sur la cohabitation et surtout sur les comportements félins.

J’ai été très touchée et émue par certains passages, finement relatés, tellement vrais (mais je ne veux rien dévoiler) et j’ai même versé quelques larmes.

J’y pense maintenant ……. Je devrais peut être le lire à Caline pour lui raconter ette belle histoire de chat et d’humain, une belle histoire d’amour comme celle que je vis avec elle.

Ma note : ♥♥♥♥

Ciao