Bilan du mois de Décembre 2018 – Bilan 2018

PILE DE LIVRES

Voilà un an et demi que j’ai déménagé tout mon blog sur WordPress et que j’y fais figurer depuis mes avis de lecture…..  Je l’ai créé en 2015 mais ce n’est que depuis 18 mois que je suis vraiment active sur le blog.

Quelle belle aventure riche en découvertes de toutes sortes : partages avec vous,  blogueurs et blogueuses sur des lectures communes, sur des rencontres et sur des envies de lecture qui n’améliorent pas la taille de ma PAL…..

Passons au bilan mensuel, l’hiver s’étant installé et avec lui moins d’activités extérieures donc plus de lectures.

17 ouvrages lus dont :

– 14 romans

– 1 recueil

– 1 album/document jeunesse

– 1 recueil de  nouvelles

– 1 roman/journal lu sur plusieurs semaines (Journal d’un écrivain de Virginia Woolf)

Avec des avis très divers (il suffit de cliquer sur la photo pour rejoindre la chronique 😊)

2 lectures coup de ❤ – 📕📕📕📕/📕

JOURNAL D'UN ECRIVAINUNE AFFAIRE DE FAMILLE

Coups de cœur pour des raisons différentes : Virginia Woolf car elle m’impressionne par la qualité de son écriture, de ses observations, ses pensées, sa personnalité etc….. Une affaire de famille pour le fond du roman qui n’est certes pas de la grande littérature mais le récit est bouleversant et il m’a « fauchée ». J’ai vu le film à la suite, il a reçu la Palme d’or cette année à Cannes, et j’ai eu également beaucoup de plaisir.

7 lectures que j’ai beaucoup aimées 📕📕📕📕

LA VIE PARFAITED'AUTRES VIES QUE LA MIENNESUKKWAND ISLANDLE TESTAMENT DE DINALES CHUTESMA DEVOTIONLES FEMMES QUI ONT FAIT BOUGER LE MONDE

Avec de très belles découvertes dans des styles très différents :  David Vann, Emmanuel Carrère, Joyce Carol Oates que je vais continuer à découvrir tellement leur écriture, leur style m’ont emportée.

3 lectures que j’ai trouvées pas mal : 📕📕📕/📕

FRERE D'AMECACHEES PAR LA FORETBELLA VISTA

3 lectures que j’ai aimées : 📕📕📕

LES ENFANTS FRAPPERONT ILS ENCORETENIR JUSQU'A L'AUBEL'AFFAIRE FLICHY

1 lecture que j’ai trouvée pas mal : 📕📕

TOUTES LES HISTOIRES D'AMOUR DU MONDE

Nombre total de livres lus en 2018 : 210

Qui dit fin d’année dit heure des bilans.

2018 : assez satisfaite de mes lectures dans l’ensemble avec des expériences qui m’ont permis de découvrir le monde des prix en étant jurée pour le Prix France Télévisions, le Prix du Meilleur Roman Point et les Explorateurs de la Rentrée Littéraire Lecteurs.com.

Je me suis aperçue au fil des mois et de mes lectures, que je devenais de plus en plus exigeante, sélective que ce soit dans mes lectures mais aussi dans mes billets. J’ai tellement de belles choses à découvrir que je m’en veux parfois de m’être perdue dans une lecture d’où je ressors en n’ayant aucune émotion, ressenti et un peu énervée parce qu’ayant le sentiment d’avoir perdu mon temps.

Pour 2019 j’ai commencé à réfléchir à l’orientation que je vais donner à mes lectures et à mes billets de lecture. J’ai toujours été très honnête dans mes billets et je vais continuer sur cette ligne de conduite, même si je suis à contre courant de l’avis général. Ce n’est que mon humble avis et je fais confiance aux auteurs pour trouver leur public.

J’ai l’intention d’encore plus découvrir les classiques car j’y prends un réel plaisir que ce soit pour l’écriture, le fond, la construction etc…. Comme je le dis et pense souvent ce sont malgré tout les fondements de toute littérature, française et étrangère et les thèmes traités sont tellement d’actualité parfois !

Autre orientation : me fier à mon instinct  car il y a finalement une petite voix qui me guide naturellement vers certains ouvrages, même s’il est bon de sortir de sa zone de confort parfois et faire de belles découvertes. Donc sûrement de la littérature anglaise mais aussi américaine car ce sont des catégories où je prends énormément de plaisir. Elles correspondent à mon univers, à ce que j’attends d’une lecture . Mais il y a également la littérature nordique, asiatique et sud-américaine, bon là ça se corse…… Il va falloir rallonger les journées, les nuits afin d’assouvir ma soif de lectures.

Des romans graphiques de temps en temps et une biographie d’un(e) écrivain(e) car après la lecture du Journal d’un écrivain de Virginia Woolf, j’ai pris conscience de l’importance de connaître la personne qui se cache entre les lignes. J’avais déjà eu ce ressenti en lisant Trois filles et leurs mères de Sophie Carquain parlant de Colette, Marguerite Duras et Simone de Beauvoir.

Je me suis rendu compte également que pour certaines lectures j’étais à contre courant des avis de beaucoup de lecteurs ou lectrices, mais une lecture est une affaire très personnelle, par rapport à ses lectures passées, son humeur du moment, mais aussi de ce que l’on attend d’une lecture. J’en ai eu confirmation avec les sorties littéraires : souvent les mêmes thèmes traités avec une écriture qui se veut violente, trash, trop et je préfère laisser mon imagination faire le travail ébauché par l’écrivain.

Je vous adresse tous mes vœux pour cette nouvelle année : santé, bonheur et prospérité et puis des belles lectures, de la belle littérature, des sujets passionnants car il faut lire, lire, lire……….. et partager !

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Ciao

Cachées par la forêt de Eric Dussert

CACHEES PAR LA FORET

« Au moment de boucler le manuscrit d’Une forêt cachée, mon précédent recueil de portraits d’écrivains oubliés (La Table Ronde, 2013), je me suis aperçu avec perplexité que sur les 156 textes seuls 17 étaient consacrés à des femmes de lettres. Aurais-je été misogyne sans le savoir ? Depuis 1993, je rédigeais ces portraits pour le Matricule des Anges en affrontant la double difficulté d’un manque d’information : difficile de trouver une image représentant ces femmes souvent discrètes, plus difficile encore de leur faire révéler leur date de naissance masquée par la coquetterie d’un usage qui prévaut encore parfois. Avec ce nouveau recueil de portraits, j’ai souhaité corriger les défauts de mon panorama et montrer comment de très nombreuses femmes de lettres ont été « cachées par la forêt » de la littérature ». Eric Dussert.

Ma lecture

En tant que lectrice, quoi de plus passionnant que de découvrir des auteurs mais surtout encore plus quand il s’agit de femmes auteures méconnues, qui se trouvent noyées dans la masse des écrivains et plus particulièrement parmi les auteurs masculins. Pourtant on peut être surpris que certaines n’aient pas connu plus de renommée quand on découvre, grâce aux extraits insérés, la qualité de leur plume mais aussi le ton, l’érudition et leur courage.

C’est une lecture que j’ai faite par petits bouts, comme cela, découvrant au fil des jours deux ou trois écrivaines et quelle n’a pas été ma surprise de découvrir, classées par ordre chronologique de naissance, une foule d’auteures dont les noms sont restés inconnus du grand public et pourtant.

J’ai régulièrement remarqué que ces méconnues avaient porté  un regard critique, lucide et peut-être trop direct sur le monde qui les entourait.

Elles sont de tous les pays, de tous les continents, la plus ancienne évoquée Ono No Komachi est japonaise, née en 825 et la plus récente Emma Dante est italienne, née en 1967 sans parler de celles dont les dates de naissance et décès ne sont pas connues ou incertaines….

On découvre dans ce recueil (mais on pourrait parler d’encyclopédie mais en restant modeste on préférera recueil) très documenté, fourni, sur un ton léger, parfois ironique mais malgré tout sérieux, une source d’informations sur nombre de femmes restées dans l’ombre de part leur position, leur sexe, leurs destinées mais souvent évoquées par de grands noms de la littérature. Elles sont comme tout écrivain, un reflet de leur époque mais en ajoutant la difficulté d’être femme.

Eric Dussert en deux ou trois pages pour chacune, donne une courte biographie, la restituant dans son époque, insère des extraits de leurs œuvres, leurs relations dans le monde littéraire et les raisons pour certains de leur anonymat

Une femme intelligente a des millions d’ennemis naturels : les hommes bêtes.

Marie Von Ebner-Eschenbach (p115)

On découvre que certaines, dont le nom est totalement inconnu, comme Olive Schreiner (1855-1920) ont été saluées par des plumes primées comme Doris Lessing, Prix Nobel de littérature, et lui ont reconnu une œuvre comparable aux Hauts de Hurlevent, Moby Dick ou Jude l’Obscur, rien de moins. D’autre comme Madame Dupin, mais si vous avez déjà entendu ce nom, c’était l’arrière grand-mère par alliance de George Sand, qui tenait salon au siècle des Lumières et a écrit un manuscrit de 1200 pages sur  « L’égalité des hommes et des femmes (annoté par Jean-Jacques Rousseau) alors qu’elle se devait de rester dans l’ombre de son époux et souffrait des remarques sexistes :

Se méfiant de ce qu’elle nomme l’esprit savant – puisque les femmes qui prétendent rivaliser avec les savants trouvent l’occasion de se ridiculiser ; et les quolibets volent vite à l’époque du bel esprit -, Louise Dupin ne publie aucun de ses écrits.(p59)

Certaines ont laissé des romans connus mais dont le nom a été complètement occulté comme Johanna Spyri à qui l’on doit Heidi (vous voyez la petite dans la montagne avec son grand-père),  Marguerite Audoux dont l’un des livres a donné son nom au magazine Marie-Claire sans parler de Myriam Harry dont le récit  Conquête de Jérusalem  obtient en 1904 le premier prix Fémina (créée à cette occasion car le jury du prix Goncourt refuse de lui accorder un prix malgré son élection…). Il y a également Daisy Ashford qui rédigea son premier manuscrit à 9 ans et cessera d’écrire à 14 ans…..

Toutes ces femmes, grâce au travail d’Eric Dussert, retrouvent une mise en lumière et ce n’est que justice. Certaines, comme le précise l’auteur, ne sont plus éditées mais le mériteraient, ont été ou seront prochainement rééditées. Pour d’autres l’auteur précise des sites comme Gallica sur lequel certains textes sont disponibles.

J’utiliserai régulièrement l’index qui se trouve en fin d’ouvrage afin de retrouver toutes ces femmes de lettres mais en y faisant figurer également tous les figures célèbres associés à ces écrivaines inconnues.

C’est un ouvrage à ne pas mettre à l’ombre sur nos étagères, mais s’y plonger de temps en temps pour se documenter mais aussi lorsque l’on voit un nom d’auteure inconnue sur un livre, vérifier qu’il ne s’agit pas d’une de ces femmes et vous avez peut-être une pépite entre les mains.

Merci aux Editions de la Table Ronde pour cette lecture

Mon avis  📕📕📕/📕

Editions de la Table Ronde – Octobre 2018 – 537 pages +Index

Ciao

Bella-Vista de Colette

BELLA VISTA

« C’est folie de croire que les périodes vides d’amour sont les « blancs » d’une existence de femme. Bien au contraire. Que demeure-t-il, à le raconter, d’un attachement passionné ? L’amour parfait se raconte en trois lignes : Il m’aima, je L’aimai, Sa présence supprima toutes les autres présences ; nous fûmes heureux, puis Il cessa de m’aimer et je souffris… […]

Ces « blancs » qui se chargèrent de me fournir l’anecdote, les personnages émus, égarés, illisibles ou simples qui me saisissaient par la manche, me prenaient à témoin puis me laissaient aller, je ne savais pas, autrefois, que j’aurais dû justement les compter pour intermèdes plus romanesques que le drame intime.

Je ne finirai pas ma tâche d’écrivain sans essayer, comme je veux le faire ici, de les tirer d’une ombre où les relégua l’impudique devoir de parler de l’amour en mon nom personnel. »

Bella-Vista regroupe quatre nouvelles. Suivant une sorte d’itinéraire personnel dans l’espace et le temps, Colette y dépeint des lieux familiers : le Midi de la France dans « Bella-Vista » ; l’univers du music-hall parisien – auquel elle appartint de 1906 à 1912 – avec « Gribiche » ; l’Afrique du Nord, où elle fit de nombreux séjours, dans « Le rendez-vous » ; enfin, sa Bourgogne natale dans « Le sieur Binard ».

Ma lecture

Lecture faite dans le cadre du Club de Lecture sur le thème de Colette

Colette est le thème du prochain club de lecture avec libre choix du livre. Un petit passage sur mes étagères me fait découvrir ce recueil de 5 nouvelles : Belle-Vista….. je ne me souviens pas les avoir lues. J’ai également l’Ingénue Libertine que je lirai également.

La première nouvelle, qui donne son titre à l’ouvrage, nous parle d’un séjour que Colette (les nouvelles étant  largement autobiographiques) fit dans le sud de la France suite à l’achat d’une maison demandant des travaux. On lui avait conseillé de séjourner à proximité pendant ceux-ci afin de « surveiller » et « encourager » les ouvriers.

Dans cette nouvelle elle évoque sa rencontre avec les propriétaires de la pension où elle séjourna, deux femmes Rudy américaine et Suzanne, qui semblent très liées ainsi que les différents pensionnaires de la maison. Sur un ton très léger mais précis, fouillé, Colette  aborde, ne pouvant éviter d’y mêler la nature et la faune environnantes (on connaît son amour des bêtes et en particulier des chats), ce qui l’entoure : les personnes, le quotidien de la pension etc…. C’est un séjour dont elle se souviendra longtemps car il se termina par une révélation surprenante.

Dans Gribiche il est question d’une troupe de danseuses dans un music-hall parisien : l’Eden Concert et de leurs relations. Solidarité, entraide mais aussi condition féminine au début du 20ème siècle (je rappelle que Colette a pendant 5 ans travaillé dans un music hall). Dans cette nouvelle, on ressent toute la tendresse de l’auteure vers ce milieu qu’elle a connu, mais surtout vers ces femmes, de petite condition. Les loges, les costumes, on entre dans le monde du spectacle mais aussi dans ses coulisses avec la réalité de la vie qui s’oppose au monde des paillettes.

Avec Le Rendez-vous nous partons pour Tanger,  pour un séjour en compagnie de 4 personnages : un couple : Cyril, architecte et Odette sa femme ainsi que Bernard et Rose, jeune veuve et belle-sœur de Cyril.  Ce dernier rêve de mettre cette dernière dans son lit et c’est l’occasion pour Colette de se moquer (gentiment mais sûrement) du comportement des touristes fortunés, critiques et indifférents à la population qui les entoure mais qui va être pour Bernard une prise de conscience lors d’un événement dramatique de la futilité de sa vie jusqu’alors.

C’est curieux qu’il a fallu que je vienne jusqu’à Tanger pour rencontrer mon semblable, le seul qui puisse me rendre fier de lui, et fier de moi (p174)

Dans le Sieur Binard, une très courte nouvelle, c’est un éloge à son demi-frère Achille, médecin de campagne qui va être confronté à une naissance peu banale où même Sido, sa mère, voudra expliquer à Colette ce qui arrive dans les campagnes, la réalité de certaines familles mais celle-ci n’a que 15 ans…..

Dans la dernière Trois, Six, neuf (durées d’un bail) Colette s’amuse à nous décrire ses péripéties de ses déménagements et des différents lieux (15) où elle a vécu à Paris, les joies et les tracas qu’offrent ses changements d’adresse, les charmes de chacun des lieux, laids ou beaux, riches ou misérables, simples ou majestueux.

Colette a le don de mettre en valeur,  en y associant souvent un environnement végétal et animal, des chroniques de la vie, de voyage, de l’enfance qui lui permettent également d’aborder des sujets plus graves tels que l’avortement, les grossesses non désirées, les classes sociales, la vie en campagne, le de vie et l’impact de celui-ci sur son travail d’écrivaine.

Elle possède une plume légère et ironique mais possédant du fond et j’ai particulièrement aimé la nouvelle Le Rendez-vous tellement chargée d’humanité, Gribiche qui parle tellement bien de la solidarité féminine sans oublier l’évocation de son frère Achille et de son travail de médecin de campagne dans Le Sieur Binard.

Oui c’est attachant, frais et léger mais avec l’idée malgré tout de témoigner de sujets graves comme la maternité, l’avortement, le rapport à l’autre avec la faculté de s’adresser au lecteur d’une façon directe, partageant avec lui ses pensées et son regard sur des événements anodins ou pas.

Mon avis : 📕📕📕/📕

Editions le Livre de Poche – Mars 2004 (1ère édition 1937) – 249 pages

Ciao