Les lettres d’Esther de Cécile Pivot

LES LETTRES D'ESTHER IGÀ la mort de son père, Esther, libraire du nord de la France, décide d’ouvrir un atelier d’écriture épistolaire, en souvenir de la correspondance qu’ils entretenaient tous les deux. Cinq personnes répondent à son annonce : Jeanne, 70 ans, dont la colère contre les dérives de la société actuelle reste toujours aussi vive ; Juliette et Nicolas, un couple démuni et désuni face à une sévère dépression post-partum ; Jean, un business man cynique qui ne trouve plus de sens à sa vie ; Samuel, un adolescent rongé par la culpabilité qui ne parvient pas à faire le deuil de son frère, mort d’un cancer. ​

Tous aspirent à bien autre chose qu’à apprendre à écrire, et au fil des lettres, des solitudes sont rompues, des liens se renouent, des cœurs s’ouvrent, des reprochent s’estompent, des mots/maux trop longtemps tus sont enfin écrits, des peurs et des chagrins sont exorcisés. ​

Ces correspondances croisées seront une véritable leçon de vie dont chaque participant ressortira profondément transformé, prêt à s’ouvrir au bonheur et à la réconciliation, qu’ils se trouvent dans une cabine téléphonique au fin fond du Japon, dans la douceur d’une brioche ou dans les yeux d’un bébé.​
Un roman épistolaire pétri d’humanité et d’amour de la vie​.

Ma lecture (ma lettre….)

Cher lecteur,

J’ai découvert Cécile Pivot avec son précédent roman, Battements de cœur, une histoire d’amour (sujet que je n’apprécie guère en général) mais qu’elle avait traitée avec justesse que ce soit le début ou de la fin d’un amour….

Son nouveau roman est presque un roman épistolaire si on ne tient pas compte de ses quelques interventions entre certains échanges de lettres pour mettre son grain de sel sur les contextes ou ce qui n’était pas exprimé dans les courriers.

Elle a choisi six personnes, si l’on compte Esther, l’instigatrice de cet atelier d’écriture un peu particulier car il s’agit de correspondances mais surtout d’écoute dans les mots, d’attention à ce qui transparait entre les lignes. Il y a des douleurs, des solitudes, des combats, des prises de conscience qui ne peuvent qu’être écrits car trop difficiles à dire ou tus parce que difficilement exprimables.

Le bienfait de l’écriture, de la correspondance écrite sur du papier choisi ou sur une nappe, l’effort que demande celle-ci pour trouver le bon mot reflet de la pensée et du sentiment car les mots restent et se transmettent, c’est tout cela qu’il y a dans ce recueil de lettres. Peu à peu les plumes se délient, s’apprécient et même sympathisent, quel que soit l’âge où la situation.

Certes, allez-vous me dire, cela ressemble à une correspondance feel-good, qui n’a pas éviter l’écueil d’une fin pour moi peu crédible ou finalement trop facile, mais j’ai aimé jouer l’indiscrète et suivre leurs correspondances, les générations se confronter ou se conseiller, suivre l’évolution de leurs confidences.

Ce sont des lettres qui vous font passer un bon moment mais dans lesquelles je n’ai pas eu le même plaisir que dans son précédent roman qui était plus fouillé, moins conventionnel dans la psychologie de ses personnages mais aussi dans l’évolution de chacun, correspondant moins aux stéréotypes du genre.

Un bon moment de lecture, des personnages sympathiques, attachants mais dont on se doute très vite du devenir de chacun mais on a également besoin de ce genre de littérature et j’ai trouvé l’ensemble très plaisant.

Et vous n’avez-vous pas envie d’écrire une lettre ou d’en recevoir une…….

Bien à vous,

Murielle

P.S : Le téléphone du vent dans sa cabine au Japon existe réellement et je mets ici le lien si tu veux découvrir ce lieu magique pour faire son deuil (j’avais déjà découvert dans un autre roman ce genre de lieu ou vivants et morts pouvaient se laisser des messages).

Merci à NetGalleyFrance et aux Editions Calmann-Lévy pour cette lecture

Editions Calmann-Lévy – Août 2020 – 188 pages

Ciao

Tout ce que je vous dois. Lettres à mes amies de Virginia Woolf

WOOLF TOUT CE QUE JE VOUS DOIS 1
«Et si je ne suis pas sûre de la puissance de mon cerveau, je suis tout à fait certaine de celle de mon cœur.»
Virginia Woolf
Les lettres les plus aériennes et audacieuses d’une icône de liberté et d’indépendance. Auteure incomparable, Virginia Woolf se révèle aussi une amie sans égale : directe et empathique, curieuse et attentive. L’écrivaine s’ouvre ici à ses amies d’une vie, celles qui, plus que toutes autres, ont pénétré son univers secret de passions et de pensée.
Ma lecture
Chère lectrice, cher lecteur,
Quoi de mieux qu’une lettre pour parler de ce recueil de correspondances de Virginia Woolf paru dans la même collections que Austen, pas de femmes parfaites s’il vous plait dont je vous ai parlé il y a quelques jours. Je n’ai pas la prétention d’avoir le talent de Virginia, mais cela me donne envie de le faire de cette manière, retrouver l’art d’écrire pour parler de soi, des autres, de la vie, de ce que l’on aime…..
Si je dois recommander des voix représentatives de la littérature anglaise, je ne peux manquer d’évoquer Jane Austen et Virginia Woolf, deux écrivaines qui savaient manier la plume, deux femmes j’oserai dire « modernes », pleines d’esprit, de sens critique et d’ironie.
Pour Virginia Woolf, les lettres du recueil sont celles adressées aux « femmes de sa vie » : Vanessa, sa sœur bien sûr, sa complice-confidente mais aussi Violet Dickinson, Vita Sackville-West, Ethel Smyth entre autres, certaines amies, amantes mais qu’importe ce sont toujours des lettres empreintes de tendresse, d’ambivalence, d’humour, de déclarations enflammées mais aussi de doutes et de certitudes.
J’ai eu l’idée de lire certaines d’entre elles à voix haute et je dois avouer qu’elles ont pris alors une résonnance toute particulière car je me suis rend encore plus compte du ton de celles-ci, de leur douceur ou de leur fermeté de l’omniprésence de la nature et de son exigeant travail d’écrivain
Lettre à Vita Sackeville-West
Je suis très heureuse et pas très heureuse. Aimes-tu que, dans les lettres, ces états d’esprit aient la préséance sur toute autre chose ? (…) Je lis Proust, Henry James, Dostoïevski ; mon bonheur est comme coincé (mais j’utilise trop de métaphores) entre ces blocs de granit (étant désormais des blocs de granit, je peux comparer mon bonheur à de la salicorne, une petite plante rose que je cueillais enfant en Cornouailles). (p44-45)
Je te dirai que ce que j’ai trouvé particulièrement réussi dans cette collection : c’est d’avoir sélectionné les lettres les plus représentatives du caractère et de la sensibilité de ces deux écrivaines. Qui peut encore dire que Virginia Woolf était une personne froide, sans charme après avoir lu sa correspondance ? Certes je ne peux écarter le fait qu’elle a dû traverser des périodes sombres mais moi je n’ai en tête que la richesse de son écriture, de la recherche de la justesse de ses mots et de ses réflexions sur la société qui l’entoure. Une femme libre !
A qui a peur de Virginia Woolf…. j’enverrai ce petit livre dans son enveloppe-couverture prévue à cet effet afin de lui démontrer que la peur n’évite pas le danger et que le seul danger c’est d’avoir entre ses mains une correspondance pleine de charme.
WOOLF TOUT CE QUE JE VOUS DOIS IG
Alors, cher lecteur, chère lectrice, t’ai-je convaincu ? Que restera-t-il de nos mails, sms, post etc…. dans quelques années ? Nous avons la chance que les écrivain(e)s d’autrefois n’aient pas connu ce mode de communication et que leurs lettres nous parviennent grâce à de telles publications.
J’espère que tu auras autant de plaisir que moi à la lire, la relire, à écouter cette femme dont l’esprit était toujours en éveil et que tu auras envie d’en parler autour de toi, comme je le fais, pour donner envie de la lire, de la découvrir et de l’aimer.
Bien à toi,
Murielle
Traduction de Louise Boudonnat et Delphine Ménage
Editions L’Orma – Mars 2020 – 62 pages
Ciao