Pékin Pirate de Xu Zechen

PEKIN PIRATE

Résumé

Après trois mois de prison pour faux, DunHuang retourne à Pékin. Mais comment faire avec rien en poche, nulle part où dormir et aucune perspective de travail ? La rencontre avec une vendeuse de DVD pirates va lui donner un début de réponse. De minuscules studios en chambres insalubres, d’un coin de rue à une boutique miteuse, Xu Zechen piste cinq jeunes venus tenter leur chance à la capitale, loin de leurs familles : DunHuang partagé entre l’envie de préparer l’avenir et celle de vivre chaque jour, Kuang le pragmatique, « Grande Soeur » Xia qui rêve d’une vie rangée au pays, QiBao la mystérieuse aventurière, BaoDing le faussaire enfermé dans sa cellule. Souvent avec malice, l’auteur raconte ces héros malchanceux, leurs faits et gestes, leurs espoirs, leurs arrangements avec les valeurs troubles d’une société galopante et nous ouvre les portes d’un monde souterrain peuplé de petits voleurs, de prostituées à mi-temps, de vrais et faux policiers, naviguant entre corruption généralisée et alcool en quantité. DunHuang et ses amis seront-ils écroués ou juste contraints de rentrer tête basse au bercail provincial. Ce qu’on nomme en France précarité, Xu Zechen le montre là-bas au jour le jour : vaillant, amoureux, téméraire et solidaire, parfois déconfit mais jamais vaincu.

Ma lecture
Le récit se veut, je pense, une sorte de chronique de la petite délinquance chinoise à Pékin : trafics en tout genre, prostitution, comment survivre lorsque l’on est sans ressource, sans étude, perdu dans cette ville qui baigne dans le loess (poussière jaune) qui envahit l’atmosphère comme le livre qui baigne dans un climat poisseux et assez pessimiste.
Pourtant DunHuang, 25 ans, malgré son passé de vendeur de faux papiers a un côté sympathique : loyal en amitié, redevable envers son complice BaoDing qui est condamné à une plus grosse peine, il n’a qu’une idée en tête : trouver l’argent nécessaire à sa sortie ainsi que sa petite amie QiBao. Il fera des rencontres plus ou moins heureuses, aura des rêves ou des cauchemars, des envies de vie stable. Il a plein d’idées pour développer son « petit commerce », il observe, il s’adapte, il est tenace.
J’ai eu beaucoup de mal à m’attacher au personnage, à l’histoire : je l’ai lu comme on un récit sur la vie chinoise dans sa capitale pour ceux que la vie a laissé sur le bord du chemin, qui vivent dans la misère et la débrouille.
L’écriture : je ne sais pas si cela vient de la traduction ou si c’est le style de l’auteur mais les phrases sont courtes, un texte haché (c’est comme cela que je l’ai ressenti), qui file, vite. Peu de réelles émotions, c’est un peu journalistique, assez froid et distant. Par instant je pensais que le récit allait prendre un peu d’épaisseur, que l’on allait nous embarquer un peu plus, mais cela reste assez superficiel.
On découvre la vie chinoise : la cuisine, les rues, les quartiers, la débrouille et les petits arrangements, c’est un voyage pessimiste, sûrement réaliste mais dans lequel je n’ai pas été embarquée.
Pour moi un roman qui tient plus du documentaire romancé, sans volonté de donner corps aux protagonistes, ils sont là, font leurs « petites affaires » puis s’en vont et on ne cherche d’ailleurs pas à s’attacher à eux, même les relations  dans les couples sont assez distantes, froides,  peu de vrais sentiments à part peut-être l’amitié entre DunHuang et BaoDing. Mais peut-être en est-il réellement ainsi dans cette partie de la société chinoise et si c’est le cas c’est bien rendu mais cela n’en fait pas pour moi un roman attachant.
LIVRE LU DANS LE CADRE DU PRIX DU MEILLEUR ROMAN POINTS 2018
Mon avis : ♥♥
Ciao

Le chat qui m’aimait de Kwong Kuen-Shan

LE CHAT QUI M'AIMAIT

Merci aux Editions de l’Archipel et Babelio de m’avoir donné l’opportunité de découvrir ce roman qui m’a procuré beaucoup d’émotions et a résonné en moi profondément car je partage, moi aussi, ma vie avec une chatte qui est devenue au fil du temps un élément important de mon équilibre et de ma vie.

Si vous avez un animal domestique et plus particulièrement un chat, vous devez lire ce joli petit livre. Vous vous y retrouverez, vous comprendrez mieux votre compagnon et oui le chat est un philosophe.

En premier je veux attirer l’attention sur la qualité du livre. Une couverture toute douce à l’image du récit et de la fourrure du chat. Des illustrations réalisées par l’auteure toute en finesse, en douceur et un texte délicat, tendre et poétique. Des chapîtres courts, s’ouvrant souvent avec une jolie citation ou proverbe.

Un livre c’est une histoire, des mots, une écriture mais quand il s’accompagne également d’une présentation de qualité il faut le dire et celle-ci est je pense à l’image du travail de Kwong Kuen-Shan.

L’auteure, phobique des chats, vivant au Pays de Galles avec son mari Chris, médecin, s’installe dans la campagne et voit arriver un beau jour Healey, pas un inconnu, car ce chat appartenait à des voisins qui avaient déménagé mais lui, le chat avait décidé de revenir par 4 fois sur son territoire natal et fut donc adopté par ce couple.

Quand vous aimez quelqu’un, méfiez-vous de ses faiblesses

Quand vous n’aimez pas quelqu’un, méfiez-vous de ses forces

Confucius

Elle nous raconte sa vie auprès de ce chat avec lequel elle noue une complicité qui prendra du temps mais deviendra profonde, faite de respect, de distance mais aussi de domestication (peut être plus de l’humain par le chat que l’inverse d’ailleurs). Petit à petit ils vont se connaître, se trouver et s’aimer.

Ne jugez pas les gens d’après leur apparence. Jugez-les à leurs actes.

Proverbe chinois

Jour après jour, avec infiniment de philosophie, d’humour aussi chacun va observer l’autre : connaître ses limites, ne pas les franchir pour certaines, aller au-delà pour d’autres. En regardant vivre Healey elle va souvent faire le lien avec sa propre vie, ses souvenirs d’enfant, ses douleurs.

Un parleur de qualité est avare de mots

Mencius

Oui Healey révélera un art de vivre, de comportement même à l’arrivée de Rocco et Joseph deux chats compagnons de jeux. Une maison où règne le bonheur mais où les souvenirs de l’enfance remonteront parfois de façon douloureuse, entourée par la nature où les chats rythment leurs vies, jouent, chassent.

Il est difficile de parler du lien qui peut nous unir à un animal : souvent cela passe par un regard, un frottement, une caresse, une présence. J’ai été bouleversée par certains passages car, plus que l’autobiographie d’une vie avec un chat,c’est une analyse, une observation des rites, des comportements jusqu’à une philosophie que le chat apporte à l’homme.

Je ne cours pas après ce que je n’ai pas (p108)

J’aime et j’apprécie tout ce que j’ai en temps réel (p108)

Moins on en sait, plus on est sûr de soi (p87)

Confucius

J’y ai retrouvé certaines scènes de ma vie (et je me suis sentie beaucoup moins incomprise). Oui un chat vous choisit et votre vie change. Je parle d’une relation profonde, tendre mais respectueuse : un chat règne dans la maison, c’est sa maison et l’on devient bientôt presque sa « chose » mais il n’y a pas de problème car c’est librement consenti : chacun signe le contrat.

Le sage s’adapte prudemment à l’inévitable

Tandis que le fou résiste et se bat aveuglément

Proverbe chinois

Comme un chat vient à votre rencontre, ce livre est venu dans ma maison et je pense que je le feuillèterais de temps en temps, afin d’y trouver peut être une réponse à un attitude mais aussi des réflexions sur la vie, la mort, sur la cohabitation et surtout sur les comportements félins.

J’ai été très touchée et émue par certains passages, finement relatés, tellement vrais (mais je ne veux rien dévoiler) et j’ai même versé quelques larmes.

J’y pense maintenant ……. Je devrais peut être le lire à Caline pour lui raconter ette belle histoire de chat et d’humain, une belle histoire d’amour comme celle que je vis avec elle.

Ma note : ♥♥♥♥

Ciao