America #14 par François Busnel et bien d’autres

AMERICA 14 IG

Avant les départs en vacances, n’oubliez pas d’embarquer dans votre valise notre numéro spécial « Sex in the USA » qui explore à nouveau les coulisses des Etats-Unis, cette fois au cœur de l’intimité des Américains.
Au sommaire :
Un grand entretien avec la romancière Siri Hustvedt. Intarissable et passionnante.
Un dossier consacré à l’Amérique face au Covid. À travers le reportage de Philippe Coste qui retrace les étapes de cette catastrophe nationale, les témoignages de plusieurs écrivains (Gary Shteyngart, Jennifer Egan, Rick Moody…).
Un texte coup de poing de Zadie Smith sur les rapports de l’Amérique à la mort, mystifiés par Trump en ces temps de pandémie.
Un dossier spécial qui explore les paradoxes et les mutations de la sexualité américaine.
Une nouvelle inédite du dramaturge Tennessee Williams
Sans oublier les chroniques d’Augustin Trapenard, d’Olivia de Lamberterie, de Julien Bisson et du poisson rouge de la Maison Blanche !
Julien Bisson, Candace Bushnell, Zadie Smith, Siri Hustvedt, Gary Shteyngart, Tennessee Williams, Douglas Kennedy, Daniel Mendelsohn.

Ma lecture

Un numéro un peu particulier qui laisse une large place à l’épidémie aux Etats-Unis (comme dans le monde) du Covid 19 et ses implications sous l’ère Trump.

Il s’ouvre sur le billet de François Busnel qui n’aurait jamais imaginé, comme nous tous, qu’un jour il énoncerait tous ces faits à peine croyables et sur une chronique de Zadie Smith axée sur Trump, l’Amérique et le Covid suivi de la Chronique du Bocal où comment on gère une crise sanitaire majeure et économique quand la Maison Blanche est occupée par un incapable……. Terrifiant.

Le grand entretien est consacré à Siri Hustvedt (entretien fait par Skype) qui revient sur la polituque de T., les futures élections, les femmes et leurs obstacles pour être au pouvoir, le féminisme actuel, sur son travail d’écrivaine et ses modèles ou sources d’inspiration.

Ensuite plusieurs auteurs reviennent sur la gestion de l’épidémie et la façon dont eux-mêmes l’ont vécue : Philippe Coste, Gary Shteyngart, Rick Moody, Leslie Jamison, Jennifer Egan (elle-même malade) et Edwige Danticat.

Viennent ensuite les articles concernés par le thème de cet opus 14 : Sex in USA. Passionnant article de Seth Greenland sur les dessous de la Maison Blanche (et l’on remonte le temps pour découvrir toutes les « aventures » des présidents et leurs répercussions parfois. Ensuite comment Le puritanisme et le sexe cohabitent dans ce grand pays grâce à l’article de Bertrand Van Ruymbeke, La longue marche des homosexuels pour trouver leur place avec l’expérience personnelle de Daniel Mendelshon.

Candace Bushnell, auteure de Sex and the City, chroniques puis livre puis série télévisée sans oublier une adaptation au cinéma parle dans un entretien des bouleversements opérés dans la société féminine américaine avec entre autre le mouvement #MeToo.

Comme toujours la rubrique qui regroupe les 10 Oeuvres qui ont ébranlé l’Amérique concernant des amours « inconvenants » que ce soit au cinéma ou dans la littérature. Qui dit sexe dit prostitution avec Gabino Iglesias, pornographie avec Laureen Ortiz et le reportage photos est consacré à Hawaï.

La nouvelle ce trimestre est rédigée par Tennessee Williams « Crazy Night » qui revient sur une Folle soirée lors de ses années universitaires, pleine d’humour.

Douglas Kennedy revient sur The last detail de Hal Ashby avec Jack Nicholson, un film qui a fait pleurer son père et que j’aimerai bien voir.

America pour ce numéro a dû revoir son contenu pour y introduire l’épidémie qui touche le monde et dans le cas présent les Etats-Unis, se voulant au plus près des événements mais qui m’a un peu moins plu que les autres numéros, peut-être parce que nous les vivons en direct et par les actualités et que le thème du Sex in the USA s’est trouvé peut-être tronqué et un peu moins complet que ceux traités auparavant.

Encore deux numéros et ce magazine va disparaître mais je les garde précieusement car ils sont une mine d’informations et de découvertes.

Edition America – Juillet 2020 – 194 pages 

Ciao

America #13/16 par François Busnel et bien d’autres

AMERICA 13 IG

Déjà le 13ème sur 16 et apparemment sans suite, même si T. est réélu et pourtant que de découvertes, que d’explications et éclaircissements à chaque lecture.

A quoi rêvent les jeunes aux Etats-Unis ? Et bien je ressors de cette lecture à la fois enthousiaste par la qualité des articles, des photos, des analyses mais aussi à la fois nostalgique et inquiète pour le futur pour la jeunesse américaine.

Je vais parler des articles pour moi les plus marquants dans ce numéro.

Ma bohême perdue de Jay McInerney (article français/anglais) qui revient sur les quartiers habités et fréquentés par l’auteur dans les années 70/80, fréquentés par bon nombre d’artistes et qui ne seront plus jamais ce qu’ils ont été.

Richard Powers – Le grand entretien par François Powers qui évoque la nature, des arbres, des forêts primaires, des ravages faites par les hommes (passionnant)

Nous vivons dans le monde des arbres. Si nous voulons demeurer plus longtemps sur cette plante, nous devons accepter cette réalité : nous appartenons à une communauté que nous ne pouvons détruire sans nous détruire avec elle. (p38)

Au pays des mégafermes par Philippe Coste qui est parti à la découverte de ces immenses fermes de culture ou d’élevage.

Le dossier A quoi rêvent les jeunes : avec leur vote, les ravages des opioïdes (terrifiant) et surtout les voix des jeunes auteur(e)s américain(e)s et leur positionnement dans cette jeunesse américaine avec en autres Gabriel Tallent, Yaa Gyasi.

Un texte de Douglas Kennedy, The saturday detention sur les difficultés qu’il rencontra dans une école, les pressions, le harcèlement et pourquoi depuis son passage dans ce collège il ne peut plus manger de betteraves….

Le reportage photos Détox digitale par Natan Dvir sur un lieu où les gens réapprennent à vivre en étant uniquement connectés à la nature, aux autres et sans téléphone, ordinateur etc….. La vraie vie quoi…..

J’ai accompagné Bérangère Cournut A travers l’Alaska avec des températures extrêmes (-35°) et découvert un pays sous la glace où les traditions autochtones tentent de garder leurs traditions et leur vision du monde.

Douglas Kennedy revient sur Les sentiers de la gloire le film de Stanley Kubrick avec Kirk Douglas évoquant l’absurdité de la guerre, de ses militaires (un film fort, dur que je vous recommande) et je termine avec le plaisir de retrouver Harper Lee pour l’évocation de Ne tuez pas l’oiseau moqueur, un roman inoubliable (comme sa suite d’ailleurs Va et poste une sentinelle).

Je suis comme le poisson rouge du bureau de T….. je m’agace, je m’insurge mais je ne ferme pas les yeux et grâce à America je comprends mieux, je m’informe et surtout je découvre bien souvent une plume, des idées. Comme le dit Richard Powers : la nature est notre avenir, les jeunes le sont aussi. Et pourtant : de quel monde vont-ils hériter ?

Oh America ! Ton pays est un miroir aux alouettes et quand on gratte un peu le vernis on découvre un autre visage et l’avenir me paraît bien sombre, bien triste. Mais heureusement nous avons les auteur(e)s, la littérature pour nous ouvrir les yeux et ils (elles) nous chuchotent des messages et nous ne pourrons plus dire : je ne savais pas.

Editions America – Avril 2020 – 194 pages

Cao

America #12 – L’Amérique aime-t-elle la guerre de François Busnel et bien d’autres

AMERICA 12Cet hiver, America se pose une question brûlante d’actualité : l’Amérique aime-t-elle la guerre ? Dans ce 12e numéro, retrouvez les témoignages de trois vétérans devenus écrivains – Tim O’Brien, Kevin Powers, Elliot Ackerman – tandis que James Ellroy revient sur le rapport singulier de son pays avec la guerre et que Don Winslow décrypte la guerre contre la drogue, cet autre conflit livré par les États-Unis sur leur propre territoire. Autre temps fort de ce nouvel opus : un entretien de 22 pages avec Margaret Atwood. Pionnière de la littérature dystopique, l’auteure de de La Servante Écarlate aborde les thèmes qui traversent toute son œuvre : le féminisme, la crise de l’environnement, l’échec des démocraties, le monde qui nous attend… En prime, America publie une enquête sur la politique pénale américaine par Philippe Coste, un parti-pris d’Art Spiegelman sur l’âge d’or de l’univers Marvel, un focus sur Ernest Hemingway et Pour qui sonne le glas et un reportage à Seattle par Lola Lafon.

Ma lecture

Rendez-vous trimestriel avec la revue America pour découvrir un nouveau thème et cette fois-ci un sujet brûlant : La Guerre sous ses différents aspects…..  Et des guerres l’Amérique connait et en a mené de nombreuses et en mène encore. Conflits extérieurs mais aussi guerres intérieures. Ce numéro fait prendre conscience que depuis sa création, l’Amérique vit les armes à la main….. Et ce n’est pas peu dire.

Revenir sur les guerres du passé, les guerres actuelles, les témoignages de ceux qui y participèrent comme Elliot Ackerman,Tim O’Brien, ce qu’elles ont changé en eux, comment ils en sont revenus. 

Très bel article de Jennifer Haigy qui revient sur ces femmes pionnières dans l’armée, la difficulté à trouver sa place, à être reconnu uniquement sur leurs capacités, à se protéger non seulement de l’ennemi extérieur mais aussi des agressions au sein de l’armée sans compter le retour à la vie civile encore plus compliquée que pour un homme :

Comparées aux civiles, les vétéranes ont trois ou quatre fois plus de risques de devenir sans-abri. (p107)

Il y a également les guerres du futur, que l’on  croyait du futur, les dystopies et on se rend compte à la lecture de l’interview de Margaret Atwood, qu’elles sont de plus en plus malheureusement d’actualité concernant la maternité, les femmes. Mais il y a également la guerre contre la drogue dont nous parle Don Winslow :

Nous nous sommes attaqués aux symptômes d’une maladie, pas à ses causes. Et nous avons éludé les questions difficiles que nous devrions nous poser :

-Pourquoi une des nations les plus riches au monde est-elle celle qui consomme le plus de drogue ?  (p115)

Philippe Coste aborde le milieu carcéral américain, ce pays où « 70% des condamnations se soldent pas un séjour en prison, où un homme de moins de 35 ans sur huit a fait de la prison », on sanctionne mais on ne soigne pas….

Bruno Cabanes revient sur le Memorial day…. Célébration des vivants et des morts de l’histoire militaire américaine

Né d’une guerre, le pays a connu moins de vingt années de paix dans toute son histoire. Même pour une nation relativement récente, cela semble peu. (p67)

de la guerre d’indépendance à la guerre en Irak. Edifiant.

James Ellroy évoque la part d’ombre de l’Amérique, Lola Lafon livre son carnet de route de Seattle, Douglas Kennedy évoque le film French Connection,  Kurt Vonnegut relate une guerre des nerfs lors d’une partie d’échec un peu particulière.

Et puis un très bel article sur Ernest Hemingway, l’écrivain des guerres avec l’évocation d’un de ses plus grands romans Pour qui sonne le glas.

Petit clin d’œil contrasté avec le reportage photo Sun City de Kendrick Brinson, village modèle de retraités qui ont choisi une autre façon de vieillir sous le soleil d’Arizona.

En premier lieu le thème ne me ravissait pas mais j’ai finalement pris beaucoup d’intérêt à découvrir une facette des Etats-Unis dont je n’avais pas totalement conscience en particulier sur le fait que c’est un pays qui ne connaît que la guerre, le pouvoir des armes , qui n’en est pas toujours sorti de façon glorieuse, et ce fut donc une lecture instructive et passionnante et surtout, et comme toujours, permet de confronter les différents points de vue des grandes plumes de la littérature américaine en particulier, d’en découvrir certains.

Editions America – Janvier 2020 – 194 pages

Ciao

America #11 de François Busnel et les autres

AMERICA 11
Ma lecture

L’Amérique des Marges

Vaste thème et tellement, malheureusement de plus en plus d’actualités. Il s’agit d’évoquer toutes les marges : raciale, sexiste, sociétale  identitaire etc….. des Etats-Unis. L’Amérique fait (faisait) rêver mais soulevons le voile des apparences et regardons de plus près la réalité. Voilà ce que propose le nouveau numéro d’America, regarder les USA au microscope et d’ailleurs il n’est pas nécessaire tellement les marges sont criantes, s’élargissent…..

Il faut voir le monde avec un œil neuf et sentir qu’on peut le réinventer. 

Wallace Stevens

(3ème de couverture)

Je me suis délectée de l’entretien avec Joyce Carol Oates qui revient sur la politique de Trump mais surtout sur son travail d’écrivain. J’aime cette auteure, si discrète mais aux romans si riches de l’histoire des Etats-Unis, de ses habitants et dans lesquels elle dénonce toutes ses dérives.

C’est un numéro particulièrement réussi, évoquant avec des auteur(e)s concernés ou impliqués tels que Alex Marzano-Lesnevich et sa quête identitaire, Marie Darrieussecq et un autre Bayonne que celui où elle est née, William Wollmann pour les sans-abris qu’il côtoie, Philippe Coste et un passionnant article sur les marginaux du système de santé américain : terrifiant et impossible de ne pas faire le parallèle avec notre pays, encore privilégié de ce côté là mais pour combien de temps ! Et si nous parlons temps, lisez ce qu’en dit Jonathan Safran Foer sur le changement climatique et les choix que nous devons faire.

Découvrir une nouvelle inédite de Toni Morrison sur deux femmes, l’une noire, l’autre blanche, différentes et pourtant si semblables, la petite histoire d’un livre est consacrée ce trimestre à Demande à la poussière de John Fante, un auteur que je connais peu et les rubriques habituelles du poisson rouge, d’un film Macadam Cowboy (que du coup j’ai très envie de revoir). Découvrir Las Vegas, ville de lumières et du jeu, avec Alice Zeniter, mais ville artificielle et Lee Stringer qui revient sur son passé de marginal et d’une main tendue qui l’en a sorti.

Chaque trimestre, quand sort un numéro de ce magazine, je pars en voyage : voyage dans un pays qui me faisait rêver mais peu à peu je me rends compte que la réalité est loin du rêve, que c’est un pays miroir aux alouettes, où la détresse, les inégalités sont de plus en plus criantes, où les grands espaces sont en danger. Mais c’est surtout, pour moi un voyage dans la littérature américaine, j’y découvre des auteur(e)s que je n’aurai connu et nombreux sont ceux qui ont enrichi ma PAL……

Voilà ce que je demande à la littérature : qu’elle me fasse rêver, voyager et si en plus elle me permet d’apprendre à travers la plume d’auteur(e)s qui se font grands reporters pour témoigner de ce qu’ils voient, vivent, comprennent, le voyage n’en est que plus beau.

Et je ne résiste pas à retranscrire le poème de Charles Bukowski  qui figure en page 4 et que je trouve particulièrement beau, juste :

« Ta vie est ta vie
Ne te laisse pas abattre par une soumission moite
Sois à l’affût
Il y a des issues
Il y a de la lumière quelque part
Il y en a peut-être peu
Mais elle bat les ténèbres
Sois à l’affût
Les dieux t’offriront des chances
Reconnais-les
Saisis-les
Tu ne peux battre la mort
Mais tu peux l’abattre dans la vie
Et le plus souvent tu sauras le faire
Le plus il y aura de lumière.
Ta vie, c’est ta vie.
Sache-le tant qu’il est temps
Tu es merveilleux
Les dieux attendent cette lumière en toi. »

Les Editions América – Octobre 2019 – 194 pages

Ciao