America #13/16 par François Busnel et bien d’autres

AMERICA 13 IG

Déjà le 13ème sur 16 et apparemment sans suite, même si T. est réélu et pourtant que de découvertes, que d’explications et éclaircissements à chaque lecture.

A quoi rêvent les jeunes aux Etats-Unis ? Et bien je ressors de cette lecture à la fois enthousiaste par la qualité des articles, des photos, des analyses mais aussi à la fois nostalgique et inquiète pour le futur pour la jeunesse américaine.

Je vais parler des articles pour moi les plus marquants dans ce numéro.

Ma bohême perdue de Jay McInerney (article français/anglais) qui revient sur les quartiers habités et fréquentés par l’auteur dans les années 70/80, fréquentés par bon nombre d’artistes et qui ne seront plus jamais ce qu’ils ont été.

Richard Powers – Le grand entretien par François Powers qui évoque la nature, des arbres, des forêts primaires, des ravages faites par les hommes (passionnant)

Nous vivons dans le monde des arbres. Si nous voulons demeurer plus longtemps sur cette plante, nous devons accepter cette réalité : nous appartenons à une communauté que nous ne pouvons détruire sans nous détruire avec elle. (p38)

Au pays des mégafermes par Philippe Coste qui est parti à la découverte de ces immenses fermes de culture ou d’élevage.

Le dossier A quoi rêvent les jeunes : avec leur vote, les ravages des opioïdes (terrifiant) et surtout les voix des jeunes auteur(e)s américain(e)s et leur positionnement dans cette jeunesse américaine avec en autres Gabriel Tallent, Yaa Gyasi.

Un texte de Douglas Kennedy, The saturday detention sur les difficultés qu’il rencontra dans une école, les pressions, le harcèlement et pourquoi depuis son passage dans ce collège il ne peut plus manger de betteraves….

Le reportage photos Détox digitale par Natan Dvir sur un lieu où les gens réapprennent à vivre en étant uniquement connectés à la nature, aux autres et sans téléphone, ordinateur etc….. La vraie vie quoi…..

J’ai accompagné Bérangère Cournut A travers l’Alaska avec des températures extrêmes (-35°) et découvert un pays sous la glace où les traditions autochtones tentent de garder leurs traditions et leur vision du monde.

Douglas Kennedy revient sur Les sentiers de la gloire le film de Stanley Kubrick avec Kirk Douglas évoquant l’absurdité de la guerre, de ses militaires (un film fort, dur que je vous recommande) et je termine avec le plaisir de retrouver Harper Lee pour l’évocation de Ne tuez pas l’oiseau moqueur, un roman inoubliable (comme sa suite d’ailleurs Va et poste une sentinelle).

Je suis comme le poisson rouge du bureau de T….. je m’agace, je m’insurge mais je ne ferme pas les yeux et grâce à America je comprends mieux, je m’informe et surtout je découvre bien souvent une plume, des idées. Comme le dit Richard Powers : la nature est notre avenir, les jeunes le sont aussi. Et pourtant : de quel monde vont-ils hériter ?

Oh America ! Ton pays est un miroir aux alouettes et quand on gratte un peu le vernis on découvre un autre visage et l’avenir me paraît bien sombre, bien triste. Mais heureusement nous avons les auteur(e)s, la littérature pour nous ouvrir les yeux et ils (elles) nous chuchotent des messages et nous ne pourrons plus dire : je ne savais pas.

Editions America – Avril 2020 – 194 pages

Cao

Les mandarins – Tome 2 – Simone de Beauvoir

LES MANDARINS TOME 2Je n’ai pas attendu longtemps pour entamer le deuxième tome des Mandarins, ayant tellement apprécié le premier, ayant bien en tête tous les protagonistes en tête, les situations dans lesquelles ils se débattaient. Je rejoins Henri, Robert, Paule, Anne et tous les autres dans le Paris de l’après-guerre où chacun(e) tente de redonner un sens à sa vie, essaie de garder un idéal, après une guerre qui a laissé en chacun des blessures, des absents.

Dans ce deuxième opus, on retrouve Anne qui, lors d’un séjour aux Etats-Unis va prendre contact à Chicago avec Lewis Brogan, croisé chez des amis communs. Le coup de foudre est immédiat

Moi qui m’interroge toujours avec soupçon sur les sentiments que j’inspire, je ne me demandai jamais qui Lewis aimait en moi : j’étais sûre que c’était moi. Il ne connaissait ni mon pays, ni mon langage, ni mes amis, ni mes soucis : rien que ma voix, mes yeux, ma peau : mais je n’avais pas d’autre vérité que cette peau, cette voix, ces yeux (p54).

Ils se retrouveront tous les étés, mais au fil du temps l’amour va s’émousser en particulier celui de Lewis, très axé sur lui-même, hésitant à s’engager dans une relation.

Entre Henri et Robert les relations se sont tendues suite à la prise de position du premier concernant la mise à jour des camps en URSS, ne pouvant accepter de se voiler la face, de soutenir ce qu’il a toujours combattu, Robert, lui, acceptant des compromissions au nom de la cause.

Il faut tout un travail pour se résigner à l’impuissance. (p342)

Dans cette deuxième partie certain(e) révèle un nouveau visage : Anne qui ne vit que dans l’attente de ses retrouvailles avec Lewis se transforme en femme amoureuse, doutant, analysant chaque mot, chaque attitude, perdant même tout intérêt dans sa vie française. Henri lui s’investit dans son travail d’écrivain, prend de la distance par rapport à la politique et le pouvoir mais se trouvera mêler malgré lui à de sombres affaires.

L’amitié résistera-t-elle aux prises de position, l’amour peut-il exister lorsqu’un océan vous sépare, que faire quand la folie remplace l’amour, comment accepter les compromissions quand il s’agit de sauver ceux que vous aimez ?

Simone de Beauvoir aborde tous ces thèmes avec une écriture toujours aussi agréable, elle met à nu ses personnages, les poussant parfois dans leurs retranchements, les obligeant à prendre position, à rompre les liens qui parfois les unissaient, à accepter certains petits « arrangements  » avec leur conscience. Rien ni personne n’est épargné ni le journaliste, ni l’écrivain, ni le politique.

Quelle écriture, quelle maîtrise des personnages et des idées qu’elle aborde. On évolue à ses côtés dans ce Paris des intellectuels et politiques avec son regard sans complaisance, analysant avec justesse les prises de position et attitudes de chacun, pesant le pour et le contre, glissant ici ou là des événements de sa propre vie, le tout dans une écriture limpide, fluide, cela se lit comme une fresque et je dois avouer que je ne m’y attendais pas du tout.

J’ai beaucoup découvert, grâce à elle, sur ce milieu, sur les sentiments des uns et des autres, sur l’évolution de ceux-ci, sur les luttes d’influence et de pouvoir dans ce microcosme politoco-culturello-littéraire, où les amitiés comme les amours se lient et se délient, où l’on voit apparaître également les questionnements de l’auteure sur la femme, la condition féminine, sur le temps qui passe et qui laisse sa trace :

Ce petit coup de jeunesse qui m’avait étourdie, un instant, il s’était bien vite dissipé. les miroirs de verre sont trop indulgents : c’était ça le vrai miroir, le visage de ces femmes de mon âge, cette peau molle, ces traits brouillés, cette bouche qui s’effondre, ces corps qu’on devine curieusement bosselés sous leurs sangles. Ce sont de vieilles peaux, pensais-je et j’ai leur âge. (p376)

Comme on le sait, elle s’est inspirée d’Albert Camus (Henri) JP Sartre (Robert) et d’elle-même (Anne), de leurs vies, de leurs querelles, des liens qui les unissaient pour écrire ce roman mais aussi d’un monde qui se reconstruit sur les ruines d’après- guerre, où après avoir lutté avec des idéaux, on déchante en découvrant que rien n’est parfait, ni la politique, ni l’amour, ni le pouvoir.

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Editions Le livre de poche – 

Ciao

Les mandarins de Simone de Beauvoir – Tome 1

LES MANDARINS TOME 1

Je crois que c’est, mais oui, mon premier Simone de Beauvoir, et quelle lecture ! C’est une tranche d’histoire que nous propose l’auteure, dans le milieu intello-politico de l’après-guerre. Je me suis plongée dedans avec un peu de réticence, voyant la taille des deux tomes, pensant y trouver un récit long et ennuyeux. Et bien pas du tout !

Le roman débute dans le juste après guerre, Noël 1944, Paris est libéré et panse ses plaies. Nous suivons principalement à travers Henri Perron, homme séduisant, patron de presse et écrivain à ses heures, la ville qui reprend quelques couleurs, qui retrouve ses animations d’autrefois même si les restrictions et pénuries sont encore présentes, les journaux peuvent à nouveaux paraître et les différents courants politiques  s’exprimer. C’est le cas pour l’Espoir, que dirige Henri, journal indépendant mais orienté à gauche, auquel le nouveau parti, le S.R.L., d’obédience socialiste, créé par son ami Robert Dubreuilh, écrivain très engagé en politique, voudrait obtenir le soutien.

Nous suivons les luttes d’influence politique, amicale et amoureuse sur les différents personnages. La narration est principalement faite par Henri et c’est à travers lui que nous évoluons dans ce monde fortement marqué par les quatre années de guerre, ses restrictions, chacun tentant de panser ses plaies, de garder le souvenir de ceux qui ne sont pas revenus, des atrocités des camps, de ceux qui ont trahi et puis certains règlent les comptes, dans l’ombre.

Anne prend également parfois la parole, femme de Robert Dubreuilh. Femme engagée, elle est un soutien inconditionnel pour son mari, même s’il lui arrive parfois de le tromper. C’est une femme libre, psychologue de métier, elle écoute et tente d’aider ceux qui se confient à elle dans son cabinet, elle est en première ligne pour constater les traumatismes des humains après la guerre.

J’ai craint, à plusieurs reprises, n’étant pas versée dans la politique et n’en connaissant pas tous les rouages, d’être un peu « larguée » mais j’ai découvert un récit clair dans ce domaine et elle alterne en permanence les différents domaines : politique, sentimental, amical, professionnel. Il y a un chassé-croisé entre ceux-ci et souvent une mise en parallèle.

J’ai aimé découvrir les prises de position de chacun,à la fin de la guerre entre les directives du P.C. l’affrontement avec les idées de gauche socialiste vers lesquelles penche le S.R.L., les doutes qui pèsent sur le P.C. en URSS, ses manières d’agir parfois similaires à ce que le nazisme appliquait.

A la fin de ce premier tome, j’ai cherché à savoir si pour ses personnages, Simone de Beauvoir s’était inspirée de son entourage. Et effectivement il semble qu’Albert Camus a servi de modèle pour Henri, Jean-Paul Sartre pour Robert et Anne étant sa propre transposition.

– Nous avons toujours pensé qu’on n’écrit pas pour écrire. A certains moments d’autres formes d’action sont plus urgentes

– Pas pour vous, dis-je. Vous êtes d’abord un écrivain.

– Tu sais bien que non, ce qui compte d’abord pour moi, c’est la révolution.

– Oui, dis-je, mais le meilleur moyen que vous ayez de servir la révolution, c’est d’écrire vos livres. (p63)

Il est évoqué également à travers Robert et Henri, le travail de l’écrivain mais aussi celui de patron de presse, ses choix, ses prises de position, son indépendance :

On restait indépendant, c’était une chose acquise, encore fallait-il savoir qu’en faire, de cette indépendance. (…)Henri ne voulait pas perdre ce public d’intellectuels qui aimaient l’Espoir pour son impartialité ; il ne voulait pas non plus indisposer ses lecteurs communistes ; cependant, en ménageant tout le monde, il se condamnait à l’insignifiance, et par là il contribuait à endormir les gens.(p219)

C’est une lecture enrichissante par l’évocation du climat de l’époque, par les thèmes abordés comme ceux des armes de guerre (bombe atomique à Hiroshima), les trahisons et luttes d’influence, les alliances parfois nécessaires avec ceux qui détiennent le nerf de la guerre, l’argent, les questionnements politiques et tout cela entrecoupé des rencontres et des ruptures amoureuses, dans ce Paris intellectuel et artistique de l’après-guerre.

J’ai trouvé l’écriture de Simone de Beauvoir très agréable, vivante, abordant nombres de sujets de réflexion, parfois encore très actuels, mais sans lourdeur, grâce à l’attention qu’elle porte à chacun de ses personnages, à le faire vivre sous nos yeux.

Je suis un intellectuel. Ça m’agace qu’au fasse de ce mot une insulte ; les gens ont l’air de croire que le vide de leur cerveau leur meuble les couilles. (p223)

Je lirai le tome 2 très prochainement afin de retrouver ces « mandarins », ceux qui régnaient sur la pensée, l’information, le pouvoir et parfois l’amour, découvrir le sort que leur réserve l’auteure. C’est une belle découverte d’une auteure qui m’effrayait un peu, pensant à tort, à une « intellectuelle », certes engagée, mais inaccessible.

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Livre lu dans le cadre du club de lecture

Editions Le livre de poche – 1968 – 514 pages

Quatrième de couverture

Paris est libéré, la seconde guerre mondiale va s’achever. A la fin de 1944, espérer redevient possible après quatre ans de lutte clandestine Rédacteur en chef du journal L’Espoir, Henri Perron prépare avec allégresse une tournée de conférences au Portugal : c’est une occasion de « s’aérer » mais aussi de rompre en douceur avec son amie Paule dont la passion lui pèse. Il se laisse convaincre d’emmener Nadine, la fille de ses amis Robert et Anne Dubreuilh.

Mais Paule refuse de comprendre la signification de ce départ – et aux difficultés de leur rupture s’ajoutent les pressions exercées pour politiser son journal qu’il refuse d’inféoder à un parti.

Vivre un peu pour soi-même, Henri l’a voulu. Anne Dubreuilh y est entraînée au hasard d’un voyage en Amérique. Sa liaison avec Lewis Brogan se brise sur l’écueil de leurs personnalités : Anne est trop intensément soudée à son passé d’intellectuelle de gauche et à ses racines françaises pour que cet amour ait une chance de survivre. Come Robert, Henri et leurs camarades, elle est un de ces « mandarins » qui tentent de remodeler le monde à l’image de leur idéal dans la France en effervescence de l’immédiat après-guerre.

Ciao

América N° 7 de François Busnel et bien d’autres

AMERICA 7

Ma lecture

Il était une foi en Amérique ….. tel est le thème central de ce numéro 7 et nous avons tous remarqué que la religion, dans beaucoup de pays et particulièrement là-bas tenait une place importante, comprendre comment celle-ci influence la société et la politique américaine, voilà qui est intéressant. Mais comme toujours, il y a bien plus que cela dans ce magazine à la couverture orange, orange comme le teint du N° 45, orange comme la couleur de l’automne…..

La lecture de ce genre d’ouvrage a de nombreux intérêts : elle nous éclaire sur certains aspects que nous connaissons peu ou mal, mais elle nous révèle également des personnes sous un autre jour. Et ce fut le cas pour moi pour le grand entretien (peut-être une de mes rubriques préférées) de Patti Smith. Quelle belle interview, abordant toutes les facettes de son univers : artistique, politique, sociétal, qui m’a permis de chasser l’image « border line » (ne me demandez pas pourquoi) que j’avais d’elle et la découvrir sous une face sensible, avec un regard sur sa jeunesse, sur toute une génération, sur son travail, ses rencontres et l’Amérique d’aujourd’hui.

Orange je disais plus haut, et oui « Orange is the new black » par Richard Powers, qui alerte régulièrement sur la mort progressive de la nature et donc de notre monde et s’indigne de l’attitude de sa présidence :

L’Amérique peut avoir une grandeur de la couleur de son choix, tan qu’elle est dominatrice, unilatérale, incontrôlée et blanche. (p16)

Ensuite une longue plongée dans le vif du sujet : Il était une foi en Amérique avec les différents courants religieux et pour ma part j’ai particulièrement aimé les articles de Philippe Claudel : « Amish, le temps suspendu », communauté qui m’a toujours intéressée et intriguée et j’ai trouvé les reproductions de tableaux particulièrement appropriées sur l’ambiance que dégage ces communautés. (photographies tirées de la série Detachment de Nicolas Dbervillers).

Vous avez remarqué, les Américains ils sont toujours là à sourire, partout, à tout, à tout le monde, tout le temps. Mais derrière le sourire, pas de sincérité. Pas de plaisir. Pas d’émotions. Rien. Le sourire, c’est le vernis social. La convention. Derrière, on cache tout. Le vrai, la douleur. Les questions. les révoltes. Les rancœurs. Les problèmes. Les haines. 

Dans leur bouffe, c’est pareil avec le ketchup. Tout est planqué derrière : les goûts, les saveurs, les subtilités, les amertumes. On ne sent plus rien. (p80)

Article de Tara Westover : « Une enfance chez les mormons » élevée dans cette religion et qui revient sur son éducation et comment elle s’en est émancipée.

Il ne pouvait me dire qui j’étais, ou ce que j’étais. A la fin, c’est en moi que résiderait le pouvoir terrible, merveilleux, immuable de façonner la forme de ma vie. (p99)

Comme dans chaque numéro rendez-vous avec la chronique du bocal (savoureuse comme à chaque fois) et le reportage photo ce trimestre sur l’Amérique immobile de Nadav Kander qui capturent le passage des hommes dans des immensités.

Une nouvelle inédite de JD Salinger et en fin de magazine, comme à chaque fois une plongée dans une des grandes villes américaines : San Francisco par un écrivain et c’est François-Henri Désérable qui nous balade dans ses rues, dans son passé et son présent, parfois bien loin de l’image que l’on s’en fait.

Ce qu’il faut retenir de tout ça, c’est qu’avant, pour faire fortune à San Francisco, on arrivait des quatre coins du monde avec son tamis, ses pelles et ses pioches, on allait se pencher sur la rivière, et au boulot. Aujourd’hui, on arrive des quatre coins du monde avec son Mac, on s’enferme dans un sous-sol, et on passe ses journées à pondre des algorithmes. (p154)

Rubrique cinéma et série et en final, comme toujours revenir sur un écrivain et un de ses plus romans et John Steinbeck est à l’honneur dans celui-ci…. Un de mes auteurs cultes avec Les raisins de la colère….. Coïncidence avec l’actualité en pleine période de révoltes, de crise….. Toujours terriblement d’actualité.

Je referme le magazine avec toujours le sentiment de comprendre un peu mieux à travers les plumes d’auteurs, l’œil de photographes, l’histoire, les romans et le cinéma ce qu’est l’Amérique.

Un magazine utile et je dirai presque nécessaire car nous avons tous des clichés sur ce grand pays et pouvoir entendre différentes voix, courants, mieux connaître ce qui a été, ce qui est, pour pouvoir la regarder, l’écouter et ne plus fermer les yeux.

J’attends le prochain numéro…..

Mon avis : 📕📕📕📕

Les Editions America – Octobre 2018 – 194 Pages

Ciao